Le père d’un otage tué se montre pessimiste quant aux chances d’aboutir à un accord
Ruby Chen accuse le Qatar de "jouer la carte de la victime", dénonce une approche réactive des négociations et fustige une administration Trump tournée vers l’intérieur
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Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le père de l’un des otages tués à Gaza a achevé mardi plusieurs jours de réunions avec de hauts responsables de l’administration Trump et d’autres interlocuteurs à Washington, en exprimant son pessimisme quant aux chances que les États-Unis parviennent à faire avancer un accord sur les otages.
Dans un message publié sur X à l’issue de sa visite, Ruby Chen, père d’Itay Chen – qui avait la double nationalité américano-israélienne – a indiqué qu’il repartait « pessimiste quant à la possibilité de voir se concrétiser un accord mené par les États-Unis dans un avenir proche ».
Il a affirmé que le Qatar « jouait la carte de la victime » après la frappe israélienne vraisemblablement ratée à Doha, et que l’État du Golfe avait transmis aux États-Unis la responsabilité de présenter une proposition pour relancer les négociations. Chen a ajouté que le Qatar cherchait d’autres pays pour assumer le rôle de médiateur, tout en précisant qu’il le conserverait si Washington le lui demandait.
« Aux États-Unis [les gens] ne comprennent pas pourquoi Trump n’est pas plus dur publiquement avec Bibi [Netanyahu]. La conclusion évidente est que même le grand espoir des familles d’otages (Trump) ne fait pas vraiment d’efforts pour forcer les parties à mettre fin à la guerre et à libérer nos proches », a-t-il écrit.
Chen a également estimé que le ministre des Affaires stratégiques Ron Dermer, qui est aussi le principal négociateur israélien sur les otages, adoptait une posture réactive plutôt que proactive pour obtenir leur libération.
Il a par ailleurs déploré le manque d’implication concrète du gouvernement américain sur ce dossier, qui reste exclusivement suivi par l’envoyé spécial de Trump, Steve Witkoff. Celui-ci a été critiqué pour la taille très réduite de son équipe, alors même qu’il est chargé de nombreuses questions majeures de politique étrangère.
« À l’heure actuelle, l’administration se préoccupe davantage des affaires intérieures – en exploitant l’assassinat de Charlie Kirk pour faire avancer son programme politique national – que de politique étrangère », a ajouté Chen.
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