Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a déclaré que la Haute Cour de justice n’avait pas le pouvoir de décider de son renvoi et que l’opposition de la procureure générale, Gali Baharav-Miara, à son maintien en fonction était motivée par des raisons politiques.
Le ministre s’est exprimé dans une réponse détaillée adressée à la Cour avant l’audience de jeudi, à la suite d’un recours déposé par la procureure générale – cette dernière accuse le ministre, dirigeant de la faction Otzma Yehudit, de s’impliquer systématiquement dans le travail de la police au-delà de l’autorité de son rôle et d’abuser de ses pouvoirs.
Elle a demandé que le Premier ministre Benjamin Netanyahu soit sommé d’expliquer pourquoi il ne l’a pas licencié pour ses actions.
Ben Gvir a fait valoir qu’il y avait un conflit d’intérêts dans le recours de la procureure générale à son encontre, car il a publiquement demandé à ce qu’elle soit démise de ses fonctions depuis le début de son mandat. Il affirme qu’elle le prend pour cible parce qu’il « réussit à faire avancer des politiques [qu’elle] n’apprécie pas et [qu’elle] n’a pas pu empêcher en utilisant les outils à sa disposition ».
Il a également affirmé qu’il n’existe « aucun précédent dans l’Histoire des démocraties occidentales concernant la destitution d’un ministre en exercice par voie judiciaire » et que cette procédure « bafoue les droits politiques de plus d’un demi-million d’électeurs israéliens ».
À plusieurs reprises, Ben Gvir a présenté cette affaire comme une attaque non pas contre sa personne, mais contre la démocratie.
Il n’a cessé de nier toute malversation et il a estimé que si l’une de ses actions justifiait une enquête pénale, la procureure générale l’aurait ouverte immédiatement, mais qu’elle ne l’a pas fait car « il n’y a rien à enquêter ».
La procureure générale l’accuse d’exercer une influence indue sur la police, une force censée fonctionner de manière indépendante, et affirme qu’il a violé un accord conclu entre les deux parties l’an dernier sur cette question.
Ben Gvir affirme qu’il n’agit que conformément à la volonté des électeurs qui l’ont élu. Il a dit considérer la procureure générale comme une « criminelle ».
Dans un avis de 68 pages concernant les recours demandant le renvoi de Ben Gvir, Baharav-Miara explique que, par le biais d’un « système de pression continu (parfois bien ficelé) » exercé sur les policiers, Ben Gvir est intervenu de manière inappropriée dans les opérations de police concernant les manifestants anti-gouvernement, le statu quo sur le mont du Temple et la protection des camions d’aide humanitaire à destination de Gaza.