Le plus grand syndicat d’enseignants US vote pour la rupture de ses liens avec l’ADL
La mesure non contraignante approuvée à une faible majorité demande de cesser d'utiliser les documents sur la Shoah et la haine des Juifs publiés par le groupe de veille de l'antisémitisme en raison de son soutien à Israël
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JTA — La National Education Association (NEA), le plus grand syndicat d’enseignants des États-Unis, a adopté une mesure non contraignante interdisant au syndicat d’utiliser, d’approuver ou de diffuser tout matériel provenant de l’Anti-Defamation League (ADL).
Cette proposition, soutenue par une faible majorité des délégués de la NEA présents à l’Assemblée représentative 2025 du syndicat à Portland, dans l’Oregon, ce week-end, sera automatiquement transmise à son comité exécutif, qui aura le dernier mot sur la mesure, a déclaré un porte-parole de la NEA à Axios.
La mesure demande au syndicat de cesser d’utiliser les documents de l’ADL sur la Shoah et l’antisémitisme, ainsi que ses statistiques et programmes.
Son impact pratique, s’il est finalement approuvé, n’est pas clair, car les syndicats ne décident généralement pas des programmes et des cursus scolaires. Mais le succès de cette mesure a néanmoins démontré que le mouvement #DroptheADLFromSchools, qui affirme que l’organisation promeut un parti pris pro-Israël dans ses supports destinés aux écoles scolaires, a remporté une victoire décisive.
« À l’instar des décideurs politiques et des grands médias, les écoles se fient à tort à l’ADL comme source crédible d’informations sur ce qui constitue l’antisémitisme et son ampleur aux États-Unis aujourd’hui », peut-on lire sur le site web du mouvement #DroptheADLFromSchools.
« Mais l’analyse des chercheurs et des journalistes montre clairement que l’ADL déforme systématiquement la perception qu’ont les gens de l’antisémitisme en incluant la critique d’Israël comme indicateur de haine envers les Juifs », indique le site.
« Ils déforment la prévalence de l’antisémitisme en incluant dans leurs statistiques des actions légales et non violentes de solidarité avec la Palestine comme des ‘incidents motivés par des préjugés’. »
L’ADL a condamné ce vote. « Alors que l’antisémitisme atteint des niveaux records, il est profondément troublant qu’un groupe de militants de la NEA tente effrontément d’isoler davantage leurs collègues juifs et d’imposer un programme radical et antisémite aux étudiants », a déclaré un porte-parole de l’ADL dans un communiqué adressé à Axios.
« Nous ne nous laisserons pas intimider pour avoir soutenu Israël, et nous ne nous laisserons pas dissuader de poursuivre notre travail qui consiste à toucher chaque année des millions d’étudiants grâce à des programmes pédagogiques. »
En 2024, l’ADL a fourni à 5 millions d’étudiants juifs et non juifs du matériel pédagogique et des programmes comprenant des contenus sur l’antisémitisme, la Shoah et l’identité juive, selon le site web du groupe de veille de l’antisémitisme.
L’ADL, autrefois considérée par la plupart des acteurs politiques américains comme l’arbitre de ce qui constitue l’antisémitisme aux États-Unis, est devenue ces dernières années la cible de critiques de la part des progressistes, en raison de sa défense acharnée d’Israël et de son adhésion à l’idée que l’antisionisme serait de l’antisémitisme. (Le groupe est également fréquemment dénigré par l’extrême droite). Les retombées politiques de la guerre d’Israël contre le groupe terroriste palestinien du Hamas, déclenchée suite au pogrom perpétré par ce dernier le 7 octobre 2023, ont accéléré ce changement.
En mars, une coalition de groupes juifs progressistes a manifesté lors du sommet annuel de l’ADL sur l’antisémitisme et la haine pour dénoncer ce qu’elle percevait comme un soutien de l’ADL au président américain Donald Trump et à Elon Musk. Le mois dernier, les éditeurs de Wikipédia ont voté pour déclarer que l’Anti-Defamation League était « généralement peu fiable » dans sa couverture du conflit israélo-arabe. Ces derniers jours, le PDG de l’ADL, Jonathan Greenblatt, a par ailleurs fait l’objet d’une enquête après que The Forward a rapporté qu’il aurait comparé des manifestants anti-Israël à des terroristes islamistes.
Une transcription des débats de l’assemblée de la NEA montre que plusieurs délégués juifs se sont prononcés contre l’adoption de la résolution, tandis que d’autres se sont exprimés en sa faveur. Selon Jewish Insider, le vote a dû être recompté trois fois pour obtenir un résultat clair.
« L’organisme qui soutient cette motion envoie un message aux éducateurs juifs et aux étudiants juifs, leur disant que nous ne sommes pas en sécurité dans les établissements scolaires », a déclaré un enseignant du Massachusetts, selon la transcription.
Le vote de la NEA n’est pas la première avancée du mouvement anti-ADL dans le domaine de l’éducation. Plus tôt cette année, le syndicat des enseignants de Los Angeles a écrit une lettre, obtenue par Jewish Insider, dans laquelle il demande au surintendant du district scolaire unifié de Los Angeles et au conseil scolaire du LAUSD de cesser d’utiliser le matériel de l’ADL, en raison de son « accent mis sur l’endoctrinement plutôt que sur l’éducation ». Le syndicat United Teachers Los Angeles est une section du deuxième plus grand syndicat national d’enseignants, l’American Federation of Teachers.
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