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Le président israélien « profondément attristé » par la mort d’Harald V, roi de Norvège lors des accords d’Oslo

Le souverain s'est éteint vendredi à l'âge de 89 ans ; Il est resté jusqu'au bout une figure rassembleuse, roc de stabilité au milieu des scandales qui ont secoué sa famille au crépuscule de son règne

Le roi Harald V de Norvège quittant la cathédrale Notre-Dame après avoir assisté aux funérailles du grand-duc Jean de Luxembourg, au Luxembourg, le 4 mai 2019. (Crédit : Francisco Seco/AP)
Le roi Harald V de Norvège quittant la cathédrale Notre-Dame après avoir assisté aux funérailles du grand-duc Jean de Luxembourg, au Luxembourg, le 4 mai 2019. (Crédit : Francisco Seco/AP)

Le président israélien Isaac Herzog s’est dit vendredi « profondément attristé » par la mort du roi de Norvège, Harald V, qui avait soutenu au début de son règne la conclusion des accords d’Oslo entre dirigeants israéliens et palestiniens.

« Le roi Harald V, qui aimait son peuple et en était aimé en retour, a servi sa nation en tant que roi avec loyauté et dévouement pendant plus de 35 ans », a écrit sur les réseaux sociaux M. Herzog, qui occupe une fonction essentiellement honorifique, se disant « profondément attristé ».

Le roi Harald V est mort vendredi à 89 ans. Il est resté jusqu’au bout une figure rassembleuse en Norvège, roc de stabilité au milieu des scandales qui ont secoué sa famille au crépuscule de son règne.

Sur le trône depuis 1991, Harald, jusqu’alors doyen des souverains en Europe, voyait les problèmes de santé s’accumuler ces dernières années, mais excluait catégoriquement d’abdiquer.

Il avait de nouveau été hospitalisé le 17 août à Oslo en raison de complications liées à son traitement contre une anémie hémolytique (maladie du sang).

Avec ce roi aux fonctions essentiellement protocolaires disparaît une voix qui, dans les grandes épreuves nationales, a su trouver les mots justes.

Quand l’extrémiste de droite Anders Behring Breivik tue 77 personnes le 22 juillet 2011 dans le pire massacre que la Norvège ait connu après la Seconde Guerre mondiale, le roi, visiblement sonné, s’emploie à panser les plaies de ses concitoyens.

« La liberté est plus forte que la peur », martèle-t-il, réitérant sa foi « en une démocratie et une société norvégiennes ouvertes ».

Cette capacité à incarner une Norvège ouverte et tolérante s’affirme encore en 2016 dans un discours retentissant à l’occasion du 25e anniversaire de son règne, où il célèbre la diversité.

« Les Norvégiens, ce sont des filles qui aiment les filles, des garçons qui aiment des garçons, et des garçons et des filles qui s’aiment réciproquement », souligne-t-il. « Les Norvégiens croient en Dieu, Allah, l’univers et rien du tout ».

Pour Caroline Vagle, journaliste experte de la royauté, Harald « n’a jamais été seulement un roi » mais aussi « le grand-père de toute la nation ».

« Un grand-père chaleureux, bienveillant et plein d’humour, qu’on avait l’impression de connaître et qui veillait sur nous », a-t-elle dit à l’AFP. « Un roi qui osait montrer l’homme derrière la fonction, qui riait, se laissait gagner par l’émotion, plaisantait sur lui-même et sur les autres ».

Le prince héritier Harald de Norvège, deuxième à droite, a annoncé ses fiançailles avec Sonja Haraldsen, deuxième à gauche, au Palais royal d’Oslo, en Norvège, le 19 mars 1968. Le prince héritier et sa fiancée apparaissent sur cette photo en compagnie du roi Olav, à gauche, et de Mme Haraldsen, la mère de Sonja. (Crédit: AP)

Roi jusqu’au dernier souffle

Si nombre de contemporains en Espagne, en Belgique, aux Pays-Bas ou encore au Danemark ont quitté le trône de leur vivant, lui voulait régner jusqu’à son dernier souffle.

« J’ai prêté serment une fois devant le Parlement et il est valide jusqu’à la fin de mes jours », répétait-il.

Sportif accompli — passionné de voile, il représente la Norvège à trois reprises aux Jeux olympiques — et jamais avare d’un bon mot, il voit sa santé se dégrader avec les années.

Opéré d’un cancer de la vessie en 2003 puis du cœur deux ans plus tard, il éprouve des difficultés croissantes à marcher, se fait poser un stimulateur cardiaque et multiplie les séjours à l’hôpital en Norvège et à l’étranger.

Les dernières années de son règne sont ternies par une série de scandales qui ébranlent l’image de la monarchie.

Il y a le mariage controversé de sa fille aînée, la princesse Märtha-Louise, férue de thérapies alternatives, avec un autoproclamé chaman américain en 2024.

Puis la publication en janvier de documents mettant en lumière une correspondance soutenue entre Mette-Marit — l’épouse de son fils et successeur, Haakon — et le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein.

Le fils de cette même Mette-Marit, Marius Borg Høiby, né d’une relation antérieure à son mariage avec Haakon, est ensuite condamné à quatre ans de prison ferme, notamment pour des viols et des violences contre une ancienne compagne. Il a fait appel.

Si le jeune homme ne fait pas partie de la lignée dynastique, ses déboires avec la justice constituent sans doute le pire scandale qu’ait connu la famille royale.

Jeudi, il avait rendu visite au roi à l’hôpital.

Le prince héritier norvégien Harald est photographié dans un parc avec sa fiancée Sonja, à Oslo, en Norvège, en 1968. (Crédit: AP)

Douleur et adversité

Face à ces turbulences familiales, Harald reste publiquement très mesuré.

« Au cœur de ce que signifie être humain se trouve le fait qu’aucun d’entre nous n’est épargné par la douleur et l’adversité », dit-il dans son discours du Nouvel An 2025.

Si le souverain lui-même restait extrêmement populaire, la réputation de la famille royale s’est, elle, nettement dégradée.

Comme Haakon et Märtha-Louise, Harald, alors prince, s’était marié avec une roturière.

Avant de convoler avec Sonja Haraldsen, fille de commerçant, en 1968, il avait dû attendre neuf ans pour vaincre les réticences de son père, le roi Olav, et d’une partie de la classe politique.

Lui qui avait dû batailler près d’une décennie pour épouser la femme de son choix avait laissé ses enfants choisir librement leurs conjoints. Une liberté qui allait par la suite mettre la monarchie à rude épreuve.

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