L’équipe de Trump a utilisé le site Canary Mission pour cibler des militants anti-Israël
Un responsable du département de la Sécurité intérieure témoigne dans un procès intenté par des enseignants que l'agence a utilisé un site controversé listant les déclarations anti-Israël des universitaires
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JTA – Selon des dossiers judiciaires et des témoignages récemment divulgués, de hauts responsables de l’administration Trump se sont fortement appuyés sur le site Internet controversé Canary Mission, qui cible les militants pro-palestiniens et anti-Israël, dans le cadre d’un effort secret visant à expulser des étudiants et enseignants étrangers des universités américaines.
Ces révélations ont émergé lors d’un procès fédéral en cours à Boston, intenté par l’American Association of University Professors et la Middle East Studies Association, contestant ce qu’ils qualifient de « déportations idéologiques », des actes qui, disent-ils, violent le Premier amendement de la Constitution américaine.
Cette affaire, l’une des plus regardée, représente un important défi aux efforts d’expulsion déployés par le président américain Donald Trump.
Une « équipe de tigres » du département de la Sécurité intérieure formée en 2019 a constitué des dossiers sur des milliers d’universitaires et d’étudiants non citoyens, en extrayant des noms depuis une liste publique de 5 000 personnes compilée par Canary Mission, selon des informations de Politico sur le procès.
Le site publie des profils de militants pro-palestiniens et anti-israéliens, identifie les manifestations auxquelles ils ont participé et archive souvent les publications incendiaires qu’ils ont publiées sur les réseaux sociaux. Il est désormais une ressource essentielle pour l’équipe, selon le témoignage sous serment du responsable du DHS, Peter Hatch.
Selon Politico, Hatch, directeur adjoint du bureau du renseignement des enquêtes de la Sécurité intérieure, a déclaré que plus de 75 % des ordres d’expulsion préparés par son unité se basaient sur des noms identifiés pour la première fois par Canary Mission, ajoutant que les informations avaient été vérifiées de manière indépendante avant d’être compilées dans des rapports officiels.
« Beaucoup de noms, voire même la plupart des noms provenaient de ce site, mais nous obtenions des noms et des pistes sur de nombreux autres sites », a déclaré Hatch.
« Nous recevions des informations de plusieurs sources sur les mêmes manifestants, mais Canary Mission fournissait les plus complètes. Les listes provenaient de différentes sources. »
« Canary Mission n’a rien à voir avec le gouvernement américain », a-t-il souligné. « Il ne s’agit pas d’une source considérée comme faisant autorité. Nous ne travaillons pas avec les personnes qui ont créé ce site. J’ignore qui est à l’origine de ce site. »
Les responsables de l’administration Trump ont cité le nom d’un autre groupe pro-israélien, désigné comme source clé de renseignements : Betar USA.
Ce groupe sioniste de droite a choisi de se confronter aux organisations étudiantes musulmanes et pro-palestiniennes. Au début de l’année, il a affirmé avoir fourni au gouvernement une liste de cibles à expulser.
En février, l’Anti-Defamation League a ajouté le Betar USA à sa liste de groupes extrémistes, invoquant son islamophobie manifeste et son harcèlement présumé de militants pro-palestiniens.
Canary Mission n’a pas répondu à la demande de commentaires de la Jewish Telegraphic Agency. Dans une déclaration à Politico, le site a nié collaborer avec des agences gouvernementales, insistant sur le fait que son objectif est uniquement de documenter l’antisémitisme et le sentiment anti-israélien.
« Nous cherchons à rassembler des documents sur des individus et des groupes qui promeuvent la haine des États-Unis, d’Israël et des Juifs. Nous enquêtons sur la haine à travers l’ensemble du spectre politique, incluant les militants d’extrême droite, d’extrême gauche et anti-israéliens », a fait savoir le groupe.
Pour les critiques, la structure anonyme du groupe et les tactiques de divulgation de données personnelles ont créé un climat d’inquiétude sur les campus universitaires.
Cette semaine, les témoignages au procès ont également mis en évidence le rôle du principal conseiller de Trump, Stephen Miller, dans la campagne d’expulsion. Selon des responsables, Miller, qui est Juif, participait régulièrement à des réunions interinstitutions axées sur l’expulsion d’étudiants pro-palestiniens ou anti-Israéliens.
John Armstrong, qui dirige le Bureau des affaires consulaires du département d’État, a témoigné avoir eu « au moins une dizaine » d’entretiens avec des responsables de la Maison Blanche au sujet de l’initiative d’expulsion, selon Politico.
Armstrong a confirmé que Miller participait à des conférences téléphoniques interinstitutions « au moins une fois par semaine durant une période donnée », avec des appels d’une durée comprise entre 15 minutes et une heure, incluant souvent des responsables des départements de l’État et de la Sécurité intérieure.
Dans les mois qui ont suivi l’entrée en fonction de Trump, les autorités de l’immigration ont procédé à plusieurs arrestations d’étudiants non citoyens, militants pro-palestiniens et anti-Israéliens de premier plan, et ont cherché à les expulser des États-Unis.
Aucun n’a été accusé de crime. L’administration a invoqué son pouvoir exécutif en vertu de la loi sur l’immigration pour refouler les non citoyens qu’elle considère comme une menace pour la sécurité nationale, même en l’absence de crime.
Toutes les personnes arrêtées et placées en détention ont depuis été libérées, et les juges ont déclaré que leurs arrestations pourraient être contraires à la Constitution.
la Communauté du Times of Israël !







