Rechercher

Les dirigeants arabes dénoncent le « génocide » à Gaza et appellent à créer un État palestinien – AGNU

« Le Moyen-Orient est au bord de l'implosion », dit le représentant du Caire ; Riyad fustige l'inaction de la communauté internationale au cours des 2 dernières années de guerre

Le ministre des Affaires étrangères de l'Arabie saoudite, le prince Faisal bin Farhan, s'adresse à la 80e session de l'Assemblée générale des Nations unies, le 27 septembre 2025, au siège de l'ONU. (Crédit : AP/Pamela Smith)
Le ministre des Affaires étrangères de l'Arabie saoudite, le prince Faisal bin Farhan, s'adresse à la 80e session de l'Assemblée générale des Nations unies, le 27 septembre 2025, au siège de l'ONU. (Crédit : AP/Pamela Smith)

Samedi, à New York, à l’occasion du débat général de l’Assemblée générale des Nations unies, les représentants des pays du Moyen-Orient ont fermement condamné Israël, accusant l’État juif de se livrer à des actes de « génocide » dans la bande de Gaza et appelant à la création d’un État palestinien indépendant.

Le représentant du Caire, le ministre des Affaires étrangères Badr Abdelatty,  a consacré l’essentiel de son discours à son voisin oriental, le critiquant avec virulence pour les destructions causées à Gaza ainsi que pour ses actions militaires sur des fronts plus éloignés.

Jérusalem, a-t-il déclaré, suit une « idéologie extrémiste », s’acharnant à déstabiliser la région et à contrecarrer les objectifs de l’ONU.

« Le Moyen-Orient est désormais au bord de l’implosion », a-t-il mis en garde, désignant « les actes d’agressions gratuits » d’Israël comme étant à l’origine de l’instabilité régionale.

« Nos frères et sœurs palestiniens sont les victimes des agissements les plus odieux d’Israël », a-t-il déploré. « C’est une guerre — une guerre gratuite et injustifiée menée contre des civils sans défense, pour un péché qu’ils n’ont pas commis, une guerre motivée par une idéologie radicale. »

La guerre menée par Israël à Gaza, qui entre dans sa troisième année, a été déclenchée par l’invasion du sud d’Israël par les terroristes du Hamas le 7 octobre 2023, au cours de laquelle plus de 1 200 personnes ont été tuées et 251 autres, enlevées et prises en otage.

Durant les 24 mois qui ont suivi, selon le ministère de la Santé administré par le Hamas, dont les chiffres sont invérifiables et qui ne fait pas la distinction entre civils et hommes armés, plus de 65 000 Palestiniens ont été tués à Gaza.

Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, s’adresse à l’Assemblée générale des Nations unies au siège de l’ONU à New York, le 27 septembre 2025. (Crédit : Charly Triballeau/AFP)

« L’occupation israélienne se poursuit, le génocide qui se déroule aujourd’hui dans la bande de Gaza, privant le peuple palestinien de ses droits légitimes, et notamment du droit d’établir son État indépendant (…) vide de sens tout discours sur la paix et la sécurité dans la région », a-t-il souligné.

« Israël ne pourra être en sécurité tant que les autres ne le seront pas », a ajouté le ministre égyptien des Affaires étrangères. « La région ne pourra connaître la stabilité que lorsqu’existera un État palestinien indépendant. »

Élargissant son propos à l’ensemble de la région, Abdelatty a condamné la récente frappe israélienne visant les dirigeants du Hamas au Qatar. Il a également accusé Israël de violer la souveraineté du Liban et de la Syrie avec ses frappes aériennes répétées à l’intérieur de leurs frontières.

« Le respect de l’intégrité territoriale de la Syrie et du Liban est d’une importance primordiale », a poursuivi le ministre égyptien des Affaires étrangères.

Abdelatty a brièvement évoqué le traité de paix historique conclu en 1979 entre l’Égypte et Israël, ainsi que le statut du Caire en tant que premier pays de la région à avoir signé un tel accord avec Jérusalem, déplorant par ailleurs que son pays ait « une vision pour parvenir à la paix dans la région », mais que cette vision soit « aujourd’hui menacée ».

Dans son discours, la ministre des Affaires étrangères Lana Nusseibeh, représentante des Émirats arabes unis, qui sont l’un des derniers pays en date à avoir établi des relations avec Israël dans le cadre des accords d’Abraham de 2020, a également mis l’accent sur la question d’Israël.

Mais contrairement à Abdelatty, Nusseibeh n’a pas formulé d’accusation de génocide à l’encontre d’Israël, préférant consacrer une partie de son discours à condamner la prise d’otages.

La ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, Lana Nusseibeh, s’adresse à la 80e session de l’Assemblée générale des Nations unies le 27 septembre 2025, au siège de l’ONU. (Crédit : AP/Pamela Smith)

Elle a toutefois condamné les agissements d’Israël dans la bande de Gaza, insistant sur le fait que « rien ne peut justifier de prendre pour cible des dizaines de milliers de civils, de les assiéger, de les affamer et de les déplacer de force ».

« Rien ne peut excuser la poursuite d’ambitions expansionnistes qui sont inacceptables, notamment la menace d’annexion de la Cisjordanie », a-t-elle affirmé.

« Rien ne peut justifier que l’on prenne des otages ou que l’on cible des civils dans un conflit », a-t-elle souligné, en référence aux 251 personnes enlevées par le Hamas et d’autres groupes terroristes de Gaza le 7 octobre 2023. Parmi ces personnes, 47 sont toujours retenues en otage. Le Hamas détient également la dépouille d’un soldat tué à Gaza en 2014.

« Nous voulons insister sur la nécessité de protéger les otages, conformément au droit international humanitaire », a martelé Nusseibeh.

La ministre a en outre fermement condamné l’attaque israélienne à Doha, qu’elle a décrit comme « déloyale et blamâble », une attaque qui, selon elle, constitue une « violation flagrante de son intégrité territoriale et de la sécurité de la région du golfe Persique ».

« Aucun acte d’agression n’apportera la stabilité dans la région », a-t-elle estimé.

Nusseibeh, à l’instar de son homologue égyptien, a appelé à la création d’un État palestinien « vivant aux côtés d’Israël dans la sécurité, la paix et la prospérité », précisant que les conditions de la création d’un tel État devraient inclure la « restriction de l’utilisation des armes ».

« Aucune place » ne devrait être laissée « aux groupes terroristes et aux groupes radicaux » dans la future solution à deux États, a-t-elle conclu.

Riyad exige une solution « juste et durable » au conflit

Le prince Faisal bin Farhan, ministre saoudien des Affaires étrangères, dont le pays n’entretient aucune relation avec Israël et qui a conditionné tout accord de normalisation à la mise en œuvre de la solution à deux États, a prononcé un discours portant très largement sur Israël, dans lequel il n’a pas mâché ses mots.

Dès l’introduction de son allocution, le prince Faisal a déploré « les souffrances du peuple palestinien, et la crise humanitaire sans précédent qui ravage Gaza ». Il a ensuite condamné « les pratiques brutales et hors de tout contrôle des forces d’occupation, notamment la famine, les déplacements forcés et les meurtres systématiques ».

Tous ces faits et pratiques, a-t-il déclaré, se déroulent « dans un mépris total des droits historiques et légaux du peuple palestinien, avec l’objectif de faire disparaître ses droits légitimes ».

Il a appelé à la création d’un État palestinien aux côtés d’Israël, soulignant les efforts et initiatives déployés à cette fin par son pays. L’Arabie saoudite et la France ont en effet récemment co-présidé une conférence consacrée à la solution à deux États, au cours de laquelle plusieurs pays occidentaux ont annoncé qu’ils reconnaissaient un État palestinien.

Le ministre des Affaires étrangères saoudien Faisal bin Farhan Al-Saud, à gauche, et le président français Emmanuel Macron, au centre, s’apprêtent à diriger une réunion de haut niveau aux Nations Unies visant à mobiliser le soutien en faveur d’une solution à deux États au conflit israélo-palestinien, le 22 septembre 2025, au siège de l’ONU. (Crédit : AP Photo/Yuki Iwamura)

« Le moment est venu de trouver une solution juste et durable à la question palestinienne », a fait savoir le ministre. « L’escalade militaire ne permettra pas d’instaurer la paix ni la sécurité. »

Faisal a par ailleurs suggéré, moins directement que ne l’avait fait l’Égyptien Abdelatty, que les actions d’Israël dans la bande de Gaza pourraient constituer un « génocide », une accusation fermement rejetée par l’État juif.

« L’incapacité de la communauté internationale à prendre des mesures fermes de nature à faire cesser l’agression et les violations commises par Israël ne fera qu’aggraver l’instabilité et l’insécurité, dans la région et dans le monde », a-t-il affirmé. « Une telle inaction aura d’importantes répercussions, conduisant à une intensification des crimes de guerre et des actes de génocide. »

Comme les autres intervenants, il a condamné l’attaque israélienne au Qatar, une attaque qui semble avoir échoué à atteindre son but – tuer certains hauts dirigeants du Hamas -, causant la mort de cinq membres subalternes du groupe terroriste ainsi que d’un membre des forces de sécurité qataries.

Appels à sanctionner Israël

S’exprimant également devant l’Assemblée générale samedi, le ministre des Affaires étrangères d’Oman, Badr al-Busaidi, a consacré une partie de son allocution à la guerre qui fait rage à Gaza, exhortant l’ONU à prendre des sanctions à l’encontre d’Israël.

« Ce conflit dure depuis bien trop longtemps. Les souffrances sont désormais insupportables. Le moment est venu de mettre un terme à l’occupation, de réparer les injustices et de rendre ses droits légitimes au peuple palestinien via la mise en œuvre de la solution à deux États », a-t-il expliqué.

Le ministre des Affaires étrangères d’Oman Badr al-Busaidi s’adresse à la 80e session de l’Assemblée générale des Nations unies le 27 septembre 2025, au siège de l’ONU. (Crédit : AP/Pamela Smith)

Saluant les pays occidentaux qui ont récemment reconnu un État palestinien indépendant, al-Busaidi les a exhortés à ne pas se contenter de cette reconnaissance.

Il a appelé la communauté internationale « à prendre des mesures limitant la capacité du gouvernement israélien à poursuivre sa politique de génocide, de destruction et d’occupation illégale des territoires palestiniens, ainsi que sa politique actuelle de famine et de blocus à l’encontre du peuple palestinien, et d’entrave à l’aide humanitaire ».

« Nous demandons l’imposition de sanctions à Israël, en réponse à ses violations flagrantes du droit international et à ses atteintes illégales à la souveraineté des États », a-t-il exigé.

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.