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Les États-Unis attaquent des sites de missiles en Iran malgré le cessez-le-feu, officiellement pour défendre leurs soldats

Khamenei a dit que les États-Unis ne pourraient plus utiliser les États du Golfe comme refuge ; Rubio assure qu'un accord est toujours possible et qu'il reste « quelques jours » ; Trump : Téhéran doit remettre l'uranium enrichi ou le détruire

Un avion F-15E Strike Eagle de l'armée de l'air américaine décollant pour une mission dans le cadre de l'Opération « Fureur épique », le 9 mars 2026. (Crédit : Armée de l'air américaine)
Un avion F-15E Strike Eagle de l'armée de l'air américaine décollant pour une mission dans le cadre de l'Opération « Fureur épique », le 9 mars 2026. (Crédit : Armée de l'air américaine)

Lundi, les forces américaines ont attaqué des sites de missiles dans le sud de l’Iran ainsi que des embarcations qui tentaient de poser des mines, a déclaré le Commandement central des États-Unis (CENTCOM), alors que les négociateurs iraniens arrivaient à Doha pour des pourparlers visant à mettre fin à la guerre.

Suite à ces frappes, le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a proféré une menace à peine voilée, avertissant que les États-Unis ne disposeraient plus d’aucun refuge dans la région.

« Les forces américaines ont mené aujourd’hui des frappes de légitime défense dans le sud de l’Iran pour protéger nos troupes des menaces posées par les forces iraniennes », a déclaré Tim Hawkins, porte-parole du Commandement central américain, dans un communiqué, sans plus de détail sur les attaques, indiquant seulement que les cibles comptaient des pas de tir de missiles ainsi que des embarcations tentant de « poser des mines ».

Selon des informations non confirmées en provenance d’Iran, quatre membres des Gardiens de la révolution ont été tués lors des frappes américaines à Bandar Abbas, dans le sud de l’Iran.

Les médias iraniens ont rapporté que des explosions ont été entendues dans la ville portuaire et dans les zones côtières proches du détroit d’Ormuz. L’agence de presse Mehr a indiqué que la situation à Bandar Abbas était sous contrôle.

Quelques heures plus tard, le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) a déclaré avoir abattu un drone américain et tiré sur des appareils qui tentaient de pénétrer dans l’espace aérien iranien, sans préciser quand ces incidents s’étaient produits.

Dans un communiqué, le CGRI a également mis en garde « contre toute violation du cessez-le-feu par l’armée agressive des États-Unis, s’estimant en droit de riposter par légitime défense ».

Ces frappes nocturnes menacent le fragile cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril dernier, alors que les États-Unis et l’Iran s’efforcent de parvenir à un accord pour mettre fin à une guerre qui affecte l’économie mondiale en perturbant gravement les flux énergétiques.

Washington et Téhéran ont tempéré les espoirs d’un succès imminent.

Les autorités iraniennes n’ont pas immédiatement réagi à la nouvelle, mais Khamenei a publié une déclaration sur son canal Telegram avertissant que les puissances du Golfe ne serviraient plus de bouclier aux bases américaines et que Washington n’aurait plus de refuge dans la région.

Il a ajouté que les États-Unis, « en plus de ne plus avoir de refuge dans la région pour mener leurs agressions ou établir des bases militaires, s’éloignent chaque jour davantage de leur position passée ».

Plusieurs bases américaines au Moyen-Orient ont été attaquées par l’Iran lors de la récente guerre, et les États du Golfe qui accueillent des installations américaines ont été la cible de missiles et de drones.

Une femme tient un portrait du Guide suprême de l’Iran, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, lors d’une cérémonie en hommage aux forces armées et aux morts au combat contre Israël et les États-Unis à la grande mosquée Imam Khomeini à Téhéran, en Iran, le 24 mai 2026. (AP Photo/Vahid Salemi)

Khamenei n’est pas apparu publiquement depuis qu’il a été nommé guide suprême de l’Iran, le 8 mars dernier, à la suite du décès de son père et prédécesseur, Ali Khamenei. Depuis lors, il n’a publié que des déclarations écrites, alimentant les spéculations sur son état de santé après avoir été blessé lors de frappes.

Avant les tensions de la nuit dernière, le Secrétaire d’État américain Marco Rubio avait déclaré aux journalistes à New Delhi que les États-Unis donneraient toutes ses chances à la diplomatie avant d’envisager de traiter avec l’Iran « d’une autre manière ».

Il a réitéré ses propos après l’action militaire, affirmant qu’un accord avec l’Iran restait possible malgré les frappes.

« Des discussions ont eu lieu aujourd’hui au Qatar, nous verrons donc si nous pouvons avancer. Je pense qu’il y a beaucoup de discussions et d’allers et retours sur la rédaction du document initial, donc cela prendra quelques jours », a déclaré Rubio aux journalistes à Jaipur lors d’une visite officielle en Inde.

Le Secrétaire d’État américain Marco Rubio s’entretient avec des journalistes à bord de son avion à l’aéroport international de Jaipur, en Inde, le 26 mai 2026. (AP Photo/Julia Demaree Nikhinson, Pool)

« Le président a exprimé son souhait de conclure [un accord]. Soit il obtient un bon accord, soit il n’y aura pas d’accord », a-t-il dit, assurant que le détroit d’Ormuz, route maritime mondiale cardinale, « serait rouvert d’une manière ou d’une autre ».

« Ce qui s’y passe est illégal, illicite, insoutenable pour le monde, totalement inacceptable », a ajouté Rubio.

« Un excellent accord pour tous, ou pas d’accord du tout »

Dans un long message publié lundi sur Truth Social, le président américain Donald Trump a déclaré que les discussions avec l’Iran se déroulaient « bien », mais il a tout de même agité la menace de nouvelles attaques en cas d’échec. Ce sera « soit un excellent accord pour tous, soit pas d’accord du tout », a-t-il écrit.

Trump a également indiqué sur les réseaux sociaux qu’il souhaitait que l’Iran remette son uranium enrichi aux États-Unis aux fins de destruction, ou qu’il soit détruit en Iran en présence d’un témoin international.

« L’uranium enrichi (la poussière nucléaire !) sera soit immédiatement remis aux États-Unis pour être rapporté chez nous et détruit, soit, de préférence, en conjonction et coordination avec la République islamique d’Iran, détruit sur place ou dans un autre lieu acceptable, la Commission de l’énergie atomique, ou son équivalent, étant témoin de ce processus », a écrit Trump sur Truth Social.

Note : La Commission de l’énergie atomique est une agence gouvernementale américaine abolie depuis 1974. L’organe de surveillance nucléaire de l’ONU s’appelle l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Trump n’a pas non plus précisé s’il s’inquiétait uniquement des 440 kilogrammes d’uranium hautement enrichi aux mains de l’Iran — très proches de la qualité militaire — ou s’il faisait référence à l’ensemble de son stock, que les autorités américaines souhaitent retirer dans le cadre de tout accord.

Une femme traverse une rue devant un portrait du défunt père de la révolution iranienne, l’ayatollah Khomeini, dans le centre-ville de Téhéran, en Iran, le 24 mai 2026. (AP Photo/Vahid Salemi)

Les autorités iraniennes ont dit à plusieurs reprises qu’elles n’étaient pas disposées à discuter de la question nucléaire tant qu’un protocole d’accord permettant un cessez-le-feu de 60 jours et la réouverture du détroit d’Ormuz n’aurait pas été conclu.

Un responsable américain informé des pourparlers de lundi à Doha a fait savoir à Reuters que les discussions s’étaient concentrées sur le détroit d’Ormuz et le stock d’uranium hautement enrichi de l’Iran, et que le gouverneur de la banque centrale iranienne était présent pour discuter de la libération potentielle de fonds iraniens gelés dans le cadre d’un accord final.

Bien que les forces américaines et iraniennes aient respecté le cessez-le-feu, l’Iran a maintenu son contrôle sur la navigation dans le Golfe via le détroit d’Ormuz et la Marine américaine a tenté de bloquer les ports iraniens, prolongeant ainsi une crise énergétique mondiale qui a débuté avec les premières frappes américano-israéliennes sur l’Iran le 28 février dernier.

Les prix du pétrole ont fluctué mardi matin mais sont restés inférieurs à 100 dollars, le West Texas Intermediate (WTI) chutant de plus de 5 % tandis que le Brent, la référence internationale, était en hausse.

L’intensification de l’offensive au Liban pourrait menacer l’accord

Sur un autre front de la guerre, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré lundi avoir donné ordre à l’armée d’intensifier son offensive au Liban afin d’« écraser » le Hezbollah, alors que le groupe terroriste continue de cibler Israël et ses forces avec des attaques de drones.

« J’ai donné l’ordre d’intensifier encore nos opérations », a déclaré Netanyahu dans une vidéo publiée sur son canal Telegram.

L’Iran insiste pour que tout accord avec les États-Unis inclue un cessez-le-feu total au Liban, où Israël et le Hezbollah soutenu par l’Iran continuent de se livrer à des hostilités malgré le cessez-le-feu entré en vigueur le 16 avril dernier, destiné à enrayer la contagion de la guerre américano-israélienne contre l’Iran.

Ces dernières semaines, Israël a pris soin de ne pas attaquer le groupe terroriste à Beyrouth et en d’autres lieux au-delà du sud du Liban, suite aux pression de Washington dans le cadre des discussions avec l’Iran.

Selon Al Jazeera, l’Iran a prévenu Washington, suite à l’annonce de Netanyahu, que toute frappe israélienne à Beyrouth compromettrait les négociations visant à mettre fin à la guerre et parvenir à un règlement régional.

Selon des sources de sécurité libanaises contactées lundi soir, les habitants ont commencé à fuir la banlieue sud de Beyrouth, bastion bien connu du Hezbollah, de crainte d’un nouvel assaut israélien sur la capitale.

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