Les États-Unis attaquent et l’Iran riposte alors que les 2 pays se disputent le contrôle du détroit
Le CENTCOM frappe l'Iran pour la 3e nuit consécutive ; Donald Trump envisage de viser le site nucléaire du mont Kolang ; l'Iran cible Bahreïn et la Jordanie, et revendique l'attaque contre des pétroliers émiratis qui a coûté la vie à un membre d'équipage
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Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Les États-Unis ont frappé l’Iran tôt mardi matin, quelques heures après que le président Donald Trump a déclaré que Washington « rétablissait » un blocus contre l’Iran dans le détroit d’Ormuz. Il a par ailleurs laissé entendre que les États-Unis factureraient le passage en toute sécurité à d’autres navires, bouleversant ainsi des centaines d’années de politique américaine en faveur de la liberté de navigation dans le monde.
L’Iran a riposté en menant des attaques contre Bahreïn, la Jordanie et deux pétroliers liés aux Émirats arabes unis qui traversaient le détroit, faisant un mort et huit blessés. Les Émirats arabes unis ont menacé de riposter contre l’Iran, ce qui pourrait entraîner ce pays, où se trouvent Abou Dhabi et Dubaï, dans un conflit avec Téhéran.
Ces attaques surviennent alors que l’Iran et les États-Unis se disputent le contrôle du détroit, par lequel transitait autrefois, en temps de paix, un cinquième de l’ensemble du pétrole brut et des gaz fossiles échangés. Le prix du Brent, référence du marché pétrolier, a atteint mardi matin son plus haut niveau depuis un mois, dépassant les 84 dollars, un niveau encore bien inférieur aux près de 120 dollars atteints au plus fort de la guerre, mais qui menace de faire grimper les coûts partout dans le monde.
Ces attaques surviennent alors que l’Iran et les États-Unis se disputent le contrôle du détroit par lequel transitait, en temps de paix, un cinquième du pétrole brut et du gaz fossiles échangés. Mardi matin, le prix du Brent, référence du marché pétrolier, a atteint son plus haut niveau depuis un mois, dépassant les 84 dollars, un niveau encore bien inférieur aux près de 120 dollars atteints au plus fort de la guerre, mais qui menace de faire grimper les coûts partout dans le monde.
Reprise des attaques à travers le Moyen-Orient
Une base aérienne américaine en Jordanie a été prise pour cible mardi par des missiles balistiques iraniens, a déclaré le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime iranien, tout en appelant les Jordaniens à démanteler les bases américaines présentes dans le royaume.
« Vous savez très bien que nous n’avons aucune animosité envers votre pays et que nous vous aimons, vous, ce peuple noble qui comprend mieux que toute autre nation la souffrance et l’oppression du peuple palestinien », a ajouté le CGRI dans un communiqué relayé par l’agence de presse Fars.
Selon l’agence de presse officielle, les forces armées jordaniennes ont déclaré mardi avoir intercepté et abattu quatre missiles ayant pénétré dans l’espace aérien jordanien depuis le territoire iranien.
Mardi matin, le ministère émirati de la Défense a déclaré que l’Iran avait attaqué deux pétroliers dans le détroit d’Ormuz, tuant un marin et en blessant huit autres.
Le ministère émirati de la Défense a indiqué que l’Iran avait lancé deux missiles de croisière contre les pétroliers Mombasa et al-Bahiyah. Les attaques ont provoqué l’incendie des deux navires, mais les flammes ont été maîtrisées.
Le CGRI a revendiqué l’attaque contre les pétroliers, affirmant que les navires « avaient ignoré des avertissements répétés ».
« Ils ont choisi de traverser un champ de mines et ont ensuite été pris pour cible et mis hors d’état de nuire », a déclaré le CGRI.
Le ministère émirati de la Défense a indiqué que l’attaque contre les pétroliers avait fait un mort parmi les ressortissants indiens, ainsi que six blessés indiens et deux blessés ukrainiens.
« Les Émirats arabes unis se réservent pleinement le droit de riposter à cette escalade et de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger leur territoire, leurs citoyens et leurs résidents », a ajouté le ministère de la Défense.
Les Émirats avaient employé un langage similaire avant de lancer des attaques contre l’Iran pendant la guerre. Des avions de chasse ont été entendus mardi matin à Dubaï.
Bahreïn a également été la cible de nouvelles attaques mardi matin, l’Iran ripostant à la dernière série de frappes aériennes américaines. Les sirènes d’alerte aux missiles ont retenti à trois reprises à Bahreïn, exhortant la population à se mettre à l’abri. Des explosions ont été entendues à Manama, la capitale bahreïnienne. Aucune information n’a été communiquée concernant d’éventuels dégâts ou victimes.
Dans la nuit, les forces américaines ont achevé leur dernière vague de frappes contre l’Iran, lancée plus tôt dans la journée par le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) sur ordre de Trump.
Ces cinq heures de frappes américaines marquent la troisième nuit consécutive d’attaques contre l’Iran, alors que Trump a rétabli un blocus sur le transport maritime iranien et proposé d’imposer une redevance de 20 % pour assurer la sécurité du détroit d’Ormuz.
Les médias iraniens ont fait état de frappes visant plusieurs villes et ont indiqué que quatre personnes avaient été blessées et que des opérations de secours étaient en cours.
Cependant, mardi, le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a insisté sur le fait que les exportations de pétrole iranien se poursuivaient normalement.
« Ils n’ont pas respecté l’accord »
Plus tôt dans la journée, lors de l’émission « Hugh Hewitt Show », Trump avait déclaré que l’Iran serait frappé « très durement ce soir, et que nous les frapperons durement demain. Et ils ne peuvent absolument rien y faire ».
Ces nouvelles hostilités interviennent après l’annonce, ce week-end, par l’Iran de la fermeture du détroit d’Ormuz, ce qui jette un doute supplémentaire sur l’accord-cadre visant à mettre fin à la guerre et fait grimper les cours du pétrole.
Trump a déclaré lundi qu’il ordonnerait probablement bientôt de frapper le site nucléaire du mont Kolang.
Interrogé au sujet du mont Kolang, qui ne figurait pas parmi les trois installations nucléaires ciblées par les États-Unis l’an dernier, Trump a répondu que les États-Unis surveillaient ce site de près.
« Le mont Kolang est une cible potentielle pour un beau gros tir, juste à côté de la porte d’entrée », a-t-il déclaré.
« Nous ne constatons aucune activité là-bas. Leur situation nucléaire ne va pas très bien… Nous allons probablement frapper le mont Kolang d’ici peu. »
Des images satellites récemment publiées ont révélé une activité de construction et de circulation de véhicules sur ce site creusé dans une montagne, à proximité de la principale installation nucléaire de Natanz. La fonction exacte de ce site demeure inconnue et les inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) n’y ont jamais eu accès.
Selon l’Institut pour la science et la sécurité internationale, une activité persistante est observée au mont Kolang depuis le mois d’avril, date à laquelle un cessez-le-feu a été déclaré dans le conflit opposant les États-Unis et Israël à la République islamique d’Iran.
Ce groupe de réflexion a fait valoir que tout travail effectué sur le site constituait une violation du protocole d’accord signé par Washington et Téhéran.
Lors de l’interview de lundi, Trump a minimisé l’importance du mémorandum, affirmant qu’il ne s’agissait que d’un « test » sans grande portée, car les États-Unis avaient affaire à des « crapules » sans honneur qui n’en respectaient pas les termes. Il s’est également interrogé sur les raisons pour lesquelles les États-Unis avaient conclu un accord-cadre visant à instaurer un cessez-le-feu avec l’Iran plutôt que de viser d’abord un accord complet, après avoir déclaré la semaine dernière que le cessez-le-feu était « révolu ».
« Ils n’ont pas respecté ce test », a-t-il souligné.
Téhéran a porté une accusation similaire à l’encontre des États-Unis, affirmant que le mémorandum reconnaissait son contrôle du détroit d’Ormuz et légitimait ainsi son exigence que les navires traversant ce détroit respectent ses règles.
Interrogé par des journalistes israéliens sur les allégations selon lesquelles il aurait « sacrifié » le Premier ministre Benjamin Netanyahu par le biais du mémorandum, dont les termes ont suscité de vives inquiétudes en Israël, Trump a insisté sur le fait que ce n’était pas le cas, affirmant qu’il s’entendait très bien avec le chef du gouvernement israélien.
« Il m’arrive parfois d’être en désaccord avec lui, et je le lui fais savoir, et j’ai eu raison », a déclaré Trump, avant de réaffirmer que Netanyahu avait fait du bon travail en tant que « Premier ministre en temps de guerre » et qu’Israël n’existerait plus aujourd’hui s’ils n’étaient pas tous les deux au pouvoir.
À l’approche des élections législatives israéliennes, il a également été interrogé sur la possibilité que quelqu’un en Israël fasse mieux que Netanyahu. Le président américain a répondu qu’il ne connaissait pas la plupart des candidats potentiels, mais qu’il entretenait de bonnes relations avec Netanyahu.
Pressé de répondre à la question de savoir s’il devait donner son feu vert à la reprise des conflits entre Israël et les groupes terroristes du Hamas et du Hezbollah, Trump a affirmé que les États-Unis avaient fait « beaucoup de progrès » pour amener le Hamas à déposer les armes et a de nouveau salué le groupe terroriste palestinien pour avoir aidé à récupérer les corps des otages israéliens assassinés.
« Rémunérés pour leur protection »
Plus tard dans la journée de lundi, à la Maison Blanche, Trump a déclaré qu’il souhaitait que les États-Unis soient remboursés par les pays du Golfe pour leurs efforts visant à assurer la sécurité du détroit d’Ormuz face aux attaques iraniennes répétées dans cette zone. Il a ainsi fourni de nouveaux détails sur le revirement de son administration, qui envisage désormais de percevoir des droits de passage auprès des navires empruntant cette voie navigable stratégique, alors qu’elle avait auparavant écarté cette possibilité.
« Je veux être remboursé parce que nous protégeons une région très riche du monde. Nous dépensons de l’argent, donc… nous allons être remboursés pour cette protection », a expliqué Trump aux journalistes dans le Bureau ovale, citant notamment l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, Bahreïn et le Koweït comme des pays que les États-Unis ont protégés.
Bon nombre de ces pays du Golfe ont reproché en privé aux États-Unis d’avoir lancé une guerre contre la République islamique d’Iran sans les consulter et sans plan d’action en cas de fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran. Ces pays se sont depuis retrouvés à subir de plein fouet les frappes de représailles iraniennes.
Trump a évoqué le fait que les États-Unis « protègent leurs alliés… notamment Israël, l’Arabie saoudite, le Qatar et les Émirats arabes unis. Nous les protégeons tous, et nous avons fait un travail très efficace ».
Lorsqu’on lui a demandé s’il pensait qu’il serait possible de parvenir à un accord avec l’Iran, Trump a répondu : « Je ne suis jamais parvenu à cette conclusion. Mais nous les frappons très fort ce soir. »
« Ils vont se battre pendant un certain temps… et nous verrons bien ce qui se passera », a-t-il ajouté.
L’armée américaine a déclaré que ses dernières frappes visaient à « faire payer un lourd tribut aux forces iraniennes et à réduire leur capacité à attaquer des civils innocents et la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz ».
« Au cours de cette mission de cinq heures, les forces américaines ont frappé avec succès des cibles militaires à travers l’Iran, notamment à Bouchehr, Chah Bahar, Jask, Konarak, Abu Musa et Bandar Abbas, afin d’affaiblir davantage la capacité de l’Iran à attaquer la navigation commerciale », a déclaré le CENTCOM par la suite dans un communiqué.
« Les forces du CENTCOM ont utilisé des munitions de précision contre les systèmes de défense côtière, les sites de missiles et de drones, ainsi que les capacités maritimes de l’Iran. »
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.
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