Les États-Unis frappent des sites iraniens près d’Ormuz ; riposte du CGRI en Jordanie
Trump avance plusieurs explications aux frappes, dont l’une aurait fait quatre morts à un mariage ; Amman dit avoir intercepté 10 des 13 missiles lancés par Téhéran
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

WASHINGTON – L’armée américaine a frappé mardi des cibles en Iran, et Téhéran a riposté par des tirs de missiles et de drones, relançant les hostilités dans un conflit intermittent qui dure depuis plus de six mois.
Le Croissant-Rouge iranien a indiqué que quatre personnes, dont un enfant, avaient été tuées et plus de 50 autres blessées lorsqu’une frappe américaine a touché une maison où se déroulait un mariage à Kuhestak, dans le sud du pays.
Ces frappes américaines ont fait suite à celles menées dimanche, qui ont brusquement mis fin à un mois sans action militaire et qui menacent de raviver pleinement un conflit qui a fait grimper les cours mondiaux du pétrole et placé les républicains dans une situation politique délicate à l’approche des élections de mi-mandat de novembre.
La reprise des combats intervient alors que le président américain Donald Trump semblait s’être tourné vers une stratégie visant à contraindre la République islamique à céder sous la pression des sanctions économiques.
« Si l’Iran, cet état failli, riposte à cette attaque tout à fait justifiée, il sera de nouveau frappé, bien plus durement et à un niveau bien supérieur. Mais ce ne sera pas la plus grande attaque de toutes : celle-ci est encore à venir », a averti Trump sur les réseaux sociaux.
Le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) a indiqué que les dernières frappes répondaient aux tentatives de Téhéran d’attaquer des navires commerciaux et les forces américaines au Moyen-Orient. Trump a toutefois avancé d’autres explications, écrivant d’abord sur Truth Social que les frappes américaines ripostaient à la « tentative ratée » de Téhéran de poser des mines dans le détroit d’Ormuz.
Il a ensuite déclaré à Fox News que les frappes américaines répondaient en réalité aux efforts du régime iranien pour reconstruire son radar.
« Ils ont essayé de reconstruire leur radar parce qu’ils ne voient rien », a déclaré Trump à Fox News. « Nous avons attendu qu’il soit presque terminé, puis nous l’avons frappé. »
The United States is, as we speak, striking Iranian Targets near the Strait of Hormuz. The strikes are large and powerful, and in retaliation for the Iranians’ failed attempt at adding sea mines to the Strait, which currently has no mines (They have been completely removed or… pic.twitter.com/64FZNNnIMi
— Commentary Donald J. Trump Truth Social Posts On X (@TrumpTruthOnX) September 1, 2026
La veille, Trump s’était engagé à riposter aux attaques menées dimanche par Téhéran contre les forces américaines en Jordanie, avançant ainsi une autre explication possible aux frappes de mardi dans la région du détroit d’Ormuz.
Le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) a affirmé avoir riposté mardi en tirant de nouveau des missiles balistiques contre une base américaine située en Jordanie, sur la côte du golfe d’Aqaba, selon la télévision d’État iranienne. Des explosions, qui semblaient provenir de l’interception de projectiles, ont été observées au-dessus d’Aqaba, dans le sud de la Jordanie.
Le CGRI a affirmé avoir tué un grand nombre de soldats américains, mais deux responsables américains ont indiqué à Reuters qu’aucune victime n’avait été signalée.
L’armée jordanienne a indiqué avoir intercepté 10 des 13 missiles tirés par le régime iranien. Les trois autres, dont la trajectoire les conduisait vers des zones reculées, n’ont pas été interceptés.
Les habitants d’Eilat, dans le sud d’Israël, ont entendu des déflagrations, vraisemblablement provoquées par des impacts ou des interceptions liés à cette attaque.
L’armée iranienne menace de « coups dévastateurs » ; Téhéran fait état d’une frappe sur un aéroport
L’état-major des forces armées iraniennes et le commandement militaire interarmées ont déclaré que les forces armées infligeraient des « coups écrasants et dévastateurs » aux États-Unis. Selon l’agence de presse officielle IRNA, le CGRI a averti que les attaques américaines n’avaient fait que renforcer la détermination de la République islamique et le blocus de fait imposé par l’Iran au détroit d’Ormuz, par lequel transite habituellement 20 % du pétrole mondial.
Des explosions ont été signalées dans plusieurs zones côtières du sud de l’Iran, notamment à Bandar Abbas, ville portuaire qui abrite des installations de la marine et de l’armée de l’air, ainsi que sur l’île de Qeshm, dans le détroit d’Ormuz. Des témoins à Bandar Abbas ont déclaré que les explosions avaient été plus puissantes que celles de dimanche et qu’ils avaient vu de la fumée s’élever dans l’est de la ville, au bord du détroit.
Footage what appears to be a direct impact in Aqaba, Jordan pic.twitter.com/hd07bgVMaY
— Open Source Intel (@Osint613) September 1, 2026
La télévision d’État iranienne a indiqué que les frappes américaines avaient touché une usine de farine de poisson sur l’île de Qeshm ainsi que plusieurs sites civils dans la province d’Hormozgan. Parmi les sites touchés figuraient un quai de pêche et une tour de l’Organisation des ports et des affaires maritimes à Sirik.
Elle a également rapporté que l’armée américaine avait frappé l’aéroport civil de Jiroft, dans la province de Kerman, au centre de l’Iran. Un projectile a touché une zone située en dehors de la piste, sans faire de victime ni endommager les infrastructures de l’aéroport.
La télévision d’État iranienne a par ailleurs rapporté que Tavanir, la société chargée de la gestion du réseau électrique iranien, avait fait état de dégâts dans plusieurs secteurs du réseau de la province d’Hormozgan. Les autorités s’efforçaient de rétablir l’alimentation électrique.
Selon la chaîne N12, les frappes américaines menées mardi en Iran étaient plus étendues que les vagues précédentes et visaient au moins plusieurs dizaines de sites.
Pour la première fois, les États-Unis ont également pris pour cible des pétroliers appartenant à la compagnie pétrolière nationale iranienne, dans le cadre d’une nouvelle politique dite « pétrolier pour pétrolier », a déclaré un haut responsable américain à la chaîne. Selon ce principe, Washington frappera un pétrolier iranien chaque fois que Téhéran s’en prendra à un pétrolier transitant par le détroit d’Ormuz.
Les dernières frappes auraient également visé des systèmes de défense aérienne, des installations radar et des lanceurs de missiles de croisière antinavires.
Selon N12, le régime iranien avait récemment commencé à acheminer des armes depuis la région de Téhéran vers le détroit d’Ormuz, ce qui a conduit l’armée américaine à avertir Trump que Téhéran reconstituait ses capacités dans la région et qu’il était temps de « tondre la pelouse ».
Outre le bombardement de la maison où se déroulait le mariage, les médias d’État iraniens ont rapporté que les États-Unis avaient bombardé des sites civils le long de la côte sud de l’Iran et touché un aéroport civil.
Washington et Téhéran cherchent tous deux à contrôler le détroit d’Ormuz. Cet étroit passage au large des côtes iraniennes constitue une voie essentielle au transport du pétrole et avait été fermé de fait par le régime iranien au début de la guerre, fin février.
Les cours du pétrole ont fortement grimpé cette semaine avec la reprise des affrontements. Le brut, qui avait déjà gagné environ 7 % depuis le début de la semaine, a poursuivi sa hausse à la suite des frappes de mardi.
Le prix du brut a bondi de plus de 50 % cette année, entraînant avec lui une hausse des prix à la pompe. Aux États-Unis, le prix du gallon d’essence ordinaire a encore légèrement augmenté dans la nuit pour atteindre 4,10 dollars, selon l’AAA. À la même période l’année dernière, il s’établissait à 3,19 dollars.
Reprise des frappes alors que Téhéran se dit favorable au rétablissement du protocole d’accord
Avant la reprise des opérations militaires, l’administration Trump estimait qu’en ciblant le bon levier économique dans le cadre d’une campagne d’isolement financier, elle finirait par pousser Téhéran jusqu’au point de rupture. Les frappes reprennent désormais alors même que les stocks américains d’intercepteurs de pointe s’amenuisent et que la guerre reste impopulaire auprès de nombreux Américains.
Une reprise ouverte des hostilités serait dangereuse pour la région, où le régime iranien s’en prend depuis le début de la guerre à des bases militaires américaines et à des infrastructures dans les pays du Golfe.
Le président iranien Masoud Pezeshkian a déclaré mardi matin, avant les dernières frappes, que la République islamique était prête à revenir à l’accord provisoire de cessez-le-feu conclu en juin avec les États-Unis, si Washington acceptait lui aussi d’y revenir.
« Si les États-Unis reviennent aux engagements pris dans le mémorandum d’entente, la République islamique d’Iran fera immédiatement de même », a déclaré Pezeshkian, selon les médias d’État iraniens, lors du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai au Kirghizistan.
L’accord provisoire conclu en juin prévoyait un cessez-le-feu immédiat et ouvrait une période de 60 jours de négociations en vue d’un accord plus large, mais il a rapidement volé en éclats.
Lors des précédentes frappes, dimanche, le CENTCOM a indiqué que ses forces avaient pris pour cible des lance-roquettes iraniens destinés à déployer des mines marines dans le détroit.
Téhéran a riposté aux attaques de dimanche en lançant des missiles contre des sites américains en Jordanie, qui ont été interceptés, tandis que les Émirats arabes unis ont déclaré avoir intercepté un drone iranien au-dessus de leurs eaux territoriales. Trump a reconnu lundi que de nouvelles frappes pourraient s’avérer nécessaires.
Ces derniers jours, l’armée américaine a présenté la reprise des combats comme limitée, même si Trump a reconnu lundi que de nouvelles frappes pourraient s’avérer nécessaires.
Le CENTCOM a déclaré lundi sur X que ses attaques de dimanche contre des cibles en Iran avaient visé un nombre restreint d’objectifs.
« Les forces américaines ont mené une action limitée et précise contre les unités du CGRI chargées de poser des mines, qui représentaient une menace imminente dans le détroit d’Ormuz », a déclaré le CENTCOM. « En substance, c’est l’Iran qui a créé la menace, et l’armée américaine l’a éliminée afin de protéger les marins civils, la navigation commerciale et la libre circulation du commerce mondial. »
Le CENTCOM a réaffirmé mardi que ses frappes répondaient aux attaques iraniennes contre des navires commerciaux et des troupes américaines dans la région.
la Communauté du Times of Israël !







