Les familles appellent le public à se rassembler en faveur du rapatriement des 13 derniers otages assassinés
La sœur d'un soldat tombé au combat détenu à Gaza depuis 2014 a affirmé que le Hamas "joue avec nous" et qu'il sait où se trouvent les dépouilles
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Des milliers de personnes devraient se rassembler dans tout le pays, samedi dans la soirée, pour réclamer le retour des corps sans vie des 13 otages tués qui se trouvent toujours à Gaza – une restitution qui était comprise dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu conclu entre Israël et le Hamas.
« Nous sommes en train de vivre des jours décisifs, des jours critiques qui mettront à l’épreuve la promesse qui avait été faite de ramener tous nos otages à la maison », a dit le Forum des familles d’otages et de disparus, qui représente la majorité des proches des captifs.
« Nous ne laisserons personne prendre à la légère l’accord global qui a intégré l’obligation de leur rapatriement », a ajouté le Forum.
Dans une déclaration filmée distincte mais qui a, elle aussi, été rendue publique par le Forum, Ayelet Goldin, dont le frère Hadar avait été tué lors de la guerre de 2014 et dont le corps sans vie est toujours à Gaza, a accusé le Hamas de dissimuler des informations sur les otages tués, en violation de l’accord de cessez-le-feu qui a été conclu le 9 octobre entre Israël et le groupe terroriste.
« Le Hamas sait où se trouvent les otages. Le Hamas se joue de nous », a affirmé Goldin, dont le frère reste le dernier Israélien qui se trouvait déjà à Gaza avant le pogrom commis le 7 octobre 2023, une attaque sanglante qui avait déclenché la guerre.
« Je vous implore : la bataille n’est pas terminée », a-t-elle ajouté, suppliant les Israéliens de rejoindre les familles des otages lors du rassemblement du Forum prévu sur la place des Otages à Tel Aviv, samedi soir.
« Nous nous battons pour nos otages, pour nos soldats. Mon Hadar deviendra le symbole du retour de tous les otages », a-t-elle ajouté.
Les proches de deux otages tués dont les dépouilles sont encore dans la bande devraient prendre la parole sur la place des Otages : Noam Katz, la fille de Lior Rudaeff, qui avait été tué en combattant des terroristes au kibboutz Nir Yitzhak lors de l’attaque sanglante du 7 octobre, et Rotem Cooper, le fils d’Amiram Cooper, qui avait été kidnappé au kibboutz Nir Oz et qui a été tué en captivité.
Les proches de deux des 15 otages tués dont les corps sans vie ont été restitués à l’État juif, dans le cadre du cessez-le-feu actuel, s’exprimeront également à la tribune : Alon Nimrodi, le père de Tamir Nimrodi, un soldat qui avait été tué en captivité environ un mois après avoir été enlevé de sa base, à proximité de la frontière avec Gaza ; et Nira et Ofir Sharabi, respectivement épouse et fille de Yossi Sharabi, qui avait été kidnappé au kibboutz Beeri et qui a été tué alors qu’il était retenu en otage. Son frère Eli Sharabi avait recouvré la liberté dans le cadre du précédent cessez-le-feu à Gaza.
Anat Angrest, la mère de l’ancien otage Matan Angrest, ainsi que Lishsy Miran Lavi et Moshe Lavi, qui sont respectivement l’épouse et le beau-frère de l’ancien otage Omri Miran, parleront également sur la place des Otages. Ces deux captifs faisaient partie des 20 derniers otages encore en vie à Gaza, qui ont été relâchés le 13 octobre.
En plus de la place des Otages, le Forum des familles organisera des dizaines de rassemblements plus modestes à travers le pays, notamment à Jérusalem, Kiryat Gat et au carrefour Shaar HaNegev dans le sud, a-t-il indiqué.
Dans le même temps, des groupes d’opposants au gouvernement ont également annoncé leur intention d’organiser des rassemblements dans tout le pays. À Haïfa, le mouvement « protestation populaire » a annoncé qu’il défilerait dans le quartier animé de Horev et qu’il organiserait une manifestation en présence de différents intervenants, dont le général de division à la retraite Amiram Levin, ancien commandant de l’unité militaire d’élite Sayeret Matkal et directeur adjoint du Mossad.
« Assez de mensonges, assez de peur, assez de bruit », a écrit le groupe sur Facebook. « Il est temps d’avoir un gouvernement normal qui aidera le peuple à rester uni et sain d’esprit. Un État de citoyens, pas un syndicat du crime ».
À Tel Aviv, des groupes antigouvernementaux ont prévu de se retrouver à la fois sur la place des Otages et à un bloc de maisons de là, à la porte du quartier général de l’armée israélienne, sur Begin Road.
Certains manifestants devraient défiler de la place Dizengoff, dans le centre-ville, jusqu’à la place des Otages pour exiger, après « deux ans de débâcle, d’abandon et de folie au sein du gouvernement… une commission d’enquête nationale et la fin du gouvernement du massacre du 7 octobre ».
« La vérité doit être révélée et les responsables doivent être tenus pour responsables », ont dit les organisateurs de la marche dans un communiqué.
Cet appel a été lancé après que la commission du Contrôle de l’État de la Knesset, où les membres de la coalition du Premier ministre Benjamin Netanyahu sont majoritaires, a rejeté mercredi la dernière proposition faite par l’opposition visant à former une commission d’enquête nationale sur le désastre du 7 octobre. Netanyahu, qui a évité d’assumer la responsabilité dans cet échec, refuse la mise en place d’une telle commission, affirmant qu’elle se montrera partiale à son égard.
La manifestation antigouvernementale, à la porte de Begin Road, se déroulera un peu au sud d’un rassemblement de gauche plus modeste – où un groupe s’appelant « Le silence est un crime » protestera contre la « détention illégale de Palestiniens » de Gaza et de Cisjordanie par Israël et où il exigera « de briser le silence autour de conditions de détention inhumaines », selon une annonce faite par cette organisation.
Une manifestation qui fait suite à des informations publiées par le journal britannique The Guardian et d’autres médias, qui ont laissé entendre que certains corps sans vie de détenus gazaouis qui ont été remis par Israël en échange des otages décédés présentaient des traces de torture. Selon The Guardian, Tsahal a déclaré avoir demandé au service pénitentiaire israélien d’enquêter sur ces allégations. Ce dernier n’a pas répondu à une demande de commentaires.
Les manifestants anti-gouvernement prévoient également de se rassembler samedi après-midi devant la prison de Hadarim, dans la ville d’Even Yehuda, au centre d’Israël, où six protestataires sont toujours emprisonnés plus d’un mois après avoir été arrêtés pour avoir incendié des poubelles et avoir accidentellement mis le feu à une voiture lors d’un rassemblement qui s’était déroulé devant la résidence de Netanyahu à Jérusalem en septembre.
Annonçant le rassemblement devant la prison, l’activiste anti-gouvernementale Orly Barlev a écrit samedi sur le réseau social X que les soi-disant détenus « des poubelles » étaient « le sel de la terre, des héros qui ont consacré des années à leur pays et qui ont participé aux manifestations visant à garantir la libération des otages ».
Ils ont été placés en détention – certains pendant plus de 50 jours – « pour des chefs d’accusation qui ne s’appliquent pas à d’autres groupes tels que les ultra-orthodoxes ou les extrémistes de droite », a ajouté Barlev, qui a indiqué que les prisonniers « des poubelles » étaient soumis à une « répression » croissante, avec notamment des transferts inexpliqués entre les prisons, des placements à l’isolement et des passages à tabac.
Le service pénitentiaire israélien n’a pas pu être joint à des fins de réaction pour cause de Shabbat.
Le Front de soutien juridique aux détenus protestataires, un groupe d’avocats qui représente gratuitement les personnes arrêtées lors de manifestations antigouvernementales, a déclaré samedi que 2 534 manifestants avaient été appréhendés depuis le début des manifestations de masse en janvier 2023, lorsque le gouvernement a présenté sa réforme judiciaire.
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