Les Hongrois appelés aux urnes le 12 avril pour élire leur nouvelle assemblée
Le Premier ministre nationaliste Viktor Orbán, au pouvoir depuis 2010, pourrait perdre ces élections
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Les Hongrois sont appelés aux urnes le 12 avril pour élire leur nouvelle assemblée, et une défaite du Premier ministre nationaliste Viktor Orbán, au pouvoir depuis 2010, est possible.
À la tête du pays depuis près de 16 ans, Orbán est à la traîne dans les sondages indépendants depuis des mois, dans un contexte de stagnation économique, de mécontentement croissant à l’égard des services publics et de scandales liés à la protection de l’enfance.
Son parti, le Fidesz, est devancé par la formation Tisza de Peter Magyar, un ancien membre du gouvernement devenu un critique virulent de Orbán. En l’espace d’un an et demi, il est parvenu à fédérer le vote de l’opposition.
« Depuis le printemps dernier, les enquêtes indépendantes montrent une avance stable à deux chiffres pour Tisza, autour de 50 %, tandis que Fidesz tourne autour de 35 % », a déclaré à l’AFP Szabolcs Pek, analyste au sein du groupe de réflexion hongrois Iranytu Institute. Il invite toutefois à la prudence, car « il reste quelque 90 jours » avant le scrutin.
Lors des quatre dernières élections législatives, la coalition au pouvoir Fidesz-KDNP avait remporté une « supermajorité » des deux tiers, permettant à Orbán de faire adopter des lois et des changements constitutionnels qui renforcent son contrôle sur ce pays d’Europe centrale de 9,5 millions d’habitants.
« […] J’ai fixé la date des élections législatives de 2026. Le scrutin se tiendra le dimanche 12 avril 2026 », a annoncé mardi le président hongrois, Tamas Sulyok, sur Facebook, officialisant enfin une date qui circulait depuis un moment.
La campagne est cependant lancée depuis des mois déjà, Magyar parcourant le pays en long et en large, tandis que Orbán se rendait à Washington et à Moscou, multipliant les promesses.
Îles Tisza
Proche allié des présidents américain Donald Trump et russe Vladimir Poutine, ainsi que de la Chine, Orbán entretient en revanche des relations tumultueuses avec Bruxelles, qu’il accuse d’encourager la guerre en Ukraine. Il se présente comme un « choix sûr » dans un monde instable.
Il a également récemment introduit une série de mesures sociales.
Magyar s’est engagé à sévir contre la « corruption généralisée » et à débloquer les milliards d’euros de fonds gelés par l’UE en raison des atteintes à l’État de droit.
Champion de ce qu’il qualifie de « démocratie illibérale », Orbán, 62 ans, a reçu le soutien de dirigeants étrangers de droite, dont l’Italienne Giorgia Meloni et l’Israélien Benjamin Netanyahu, qui ont envoyé des messages diffusés lors du congrès de son parti, samedi.
Avocat de formation et ancien diplomate à Bruxelles, Magyar, 44 ans, a longtemps gravité dans l’orbite d’Orbán.
Il a fait irruption sur la scène politique hongroise début 2024, dénonçant la corruption et le clientélisme du gouvernement, à la suite d’un scandale lié à la grâce présidentielle accordée au complice d’un pédocriminel condamné.
Malgré des campagnes de dénigrement, sa popularité n’a cessé de progresser depuis, grâce au travail de terrain de petites structures implantées un peu partout dans le pays et baptisées les « îles Tisza ».
Affichant des positions anti-immigration encore plus strictes qu’Orbán, il a esquissé une politique étrangère pro-occidentale, affirmant qu’il s’efforcerait de faire de la Hongrie un allié fiable de l’OTAN et de l’UE, et exprimant des critiques envers la Chine et la Russie.
Selon des sondages récents, outre le Fidesz et le Tisza, le parti d’extrême droite Notre Patrie a des chances d’entrer au Parlement, tandis que toutes les autres formations, dont la Coalition démocratique de gauche, sont en deçà du seuil nécessaire de 5 % des voix.
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