Les Israéliens rendent hommage à l’otage tué Yossi Sharabi
Ofir Engel, qui avait été kidnappé avec Sharabi le 7 octobre et détenu à ses côtés pendant des mois, s'est souvenu du surfeur du kibboutz qui partageait ses restes de nourriture et qui prenait soin de lui
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Des milliers de personnes en deuil se sont rassemblées lundi au kibboutz Beeri, aux abords de la frontière avec Gaza, pour l’inhumation de Yossi Sharabi, otage décédé, dont le corps sans vie a été rapatrié en Israël au début du mois, plus de deux ans après avoir été enlevé par des terroristes du Hamas alors qu’il se trouvait à son domicile.
Sharabi, qui avait été pris en otage à Gaza avec le petit ami de sa fille, Ofir Engel, et avec un voisin, Amit Shani — les deux jeunes gens avaient été libérés dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu d’une semaine, au mois de novembre 2023 — est mort suite à une frappe aérienne israélienne au mois de janvier 2024.
Son frère Eli Sharabi avait été kidnappé séparément et il a recouvré la liberté au mois de février 2025. L’épouse et les deux filles d’Eli avaient été assassinées lors du pogrom commis par le Hamas, comme cela avait été le cas également du neveu de Yossi du côté de son épouse, Idan Herman.
« Aujourd’hui, après plus de deux ans d’attente, d’angoisse, d’incertitude, nous avons enfin le privilège de t’enterrer ici, chez toi, dans le sol de Beeri. Ce n’est pas la fin que nous espérions, mais c’est le début d’une justice tardive », a dit Eli.
Il a rendu hommage à son frère en le décrivant comme « un pilier, un homme au grand cœur, d’une dévotion tranquille, un père de famille. Le père de trois filles qui était toujours là, avec un mot gentil, un sourire, un cœur généreux ».
« Yossi, mon cher frère, nos cœurs sont brisés, mais nous gardons la tête haute. Car tu as eu l’honneur d’être enterré ici, dans la terre que tu aimais, au cœur de ta communauté, parmi des gens qui n’ont pas oublié. Nous continuerons en ton nom, en ta mémoire, sur tes traces, et nous promettons de nous souvenir, de raconter et d’aimer, tout comme tu as aimé », a ajouté Eli.
La veuve de Yossi, Nira, s’est interrogée : « Dans quel monde des filles doivent-elles enterrer leur père si tôt ? Dans quel monde une mère doit-elle enterrer son fils ? Dans quel monde une femme doit-elle enterrer l’amour de sa vie alors qu’il restait encore tant à faire ? »
Nira s’est souvenue de sa rencontre avec Yossi : « Je me souviens que je ne comprenais pas comment quelqu’un pouvait avoir un cœur aussi bon. Au fil des ans, en apprenant à te connaître de mieux en mieux, j’ai réalisé qu’il n’y avait rien de caché chez toi – seulement de plus en plus de cette même bonté. Ce n’était pas un cliché, c’était la réalité ».
« Les projets que nous avions faits ensemble ne se réaliseront jamais », a-t-elle regretté. « Je m’endors seule. Je me réveille seule. Je cherche tes bras qui me serraient autrefois, qui nous protégeaient tous du monde… Je me demande : comment combler ce vide ? Comment me reconstruire ? »
Elle a ajouté : « Je regarde nos filles et je te vois en elles. En chacune d’elles, tu apparais d’une manière différente, et ensemble, elles te complètent, toi qui me manques tellement ».
La fille de Yossi, Yuval, s’est adressée à son père – lui disant avec fierté qu’elle avait réalisé les projets dont ils avaient parlé avant son enlèvement : elle a effectué une année de service communautaire en aidant une organisation qui utilise le surf comme outil thérapeutique ; elle va bientôt s’engager dans l’armée, dans un rôle qui, « je l’espère, aura du sens, comme nous en avions parlé ». Elle a noté qu’elle prévoyait déjà de faire un tour du monde après avoir terminé son service, sur le modèle du voyage que son père avait fait quand il avait le même âge.
Le petit ami de Yuval, Ofir Engel, qui avait été kidnappé avec Yossi le 7 octobre, a dit : « Pendant les deux mois où nous avons été enfermés ensemble dans une petite pièce, affamés et effrayés, tu as pris soin de moi. Tu as partagé le peu de nourriture que nous avions pour que j’aie moins faim ».
Nous parlions des filles avec beaucoup d’inquiétude et de peur parce que nous ne savions pas ce qui leur était arrivé. Nous parlions de l’eau, à quel point tu aimais l’eau, à quel point elle te manquait, à quel point tu voulais pouvoir revenir pour encore faire du surf. Ces conversations, au milieu de toute cette terreur, étaient pleines d’amour et pleines de l’inquiétude que tu ressentais pour tes filles », a-t-il poursuivi.
Engel a partiagé un souvenir de captivité : « Les terroristes sont venus nous voir et ils nous ont demandé d’écrire des lettres d’adieu à nos familles », affirmant qu’ils tueraient les deux otages dès le lendemain. « Je ne suis pas parvenu à voir la lettre que tu avais écrite. Je suis tellement désolé de ne pas avoir lu ces mots, de ne pas pouvoir partager avec Nira et les filles ce que tu avais écrit », a-t-il continué.
Des milliers de personnes rassemblées dans les rues pour le cortège funèbre
La dépouille de Yossi Sharabi a été rapatriée en Israël le 15 octobre, dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu conclu entre Israël et le Hamas qui a été négocié par les États-Unis.
Lundi, des milliers de personnes se sont massées le long du parcours du cortège funèbre, alors que le corps sans vie de Sharabi était transporté d’une synagogue de Rishon Lezion, où la famille s’était initialement réunie, au kibboutz Beeri pour y être inhumé.
Le président Isaac Herzog a également prononcé un éloge funèbre au cimetière, déclarant : « En tant que président d’Israël, au nom de l’État d’Israël et de toute la nation, je vous demande pardon, Yossi, je demande pardon à la famille Sharabi et à tout le kibboutz Beeri ».
« Pardonnez-nous, Yossi, de ne pas être parvenus à vous sauver et de ne pas vous avoir ramené plus tôt. Pardonnez-nous de ne pas avoir réussi à vous protéger en ce jour maudit. Pardonnez-nous de ne pas avoir été à vos côtés face à ces monstres humains. Pardonnez-nous d’avoir mis tant de temps à ramener Yossi dans son pays natal ».
Le Hamas détient toujours les corps sans vie de 13 des 251 personnes qui avaient été enlevées en Israël lors du pogrom du 7 octobre 2023.
la Communauté du Times of Israël !







