Les Juifs américains dénoncent la vision américaine « hypocrite » au sujet de Jérusalem
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Les Juifs américains dénoncent la vision américaine « hypocrite » au sujet de Jérusalem

De nombreuses organisations se disent préoccupées par la décision interdisant la mention "Israël" sur le passeport des Américains nés à Jérusalem

Abraham Foxman, directeur national de l'Anti-Defamation League (Crédit photo : David Karp/via JTA)
Abraham Foxman, directeur national de l'Anti-Defamation League (Crédit photo : David Karp/via JTA)

WASHINGTON – La plupart des principales organisations juives américaines, dont beaucoup avaient soutenu devant les tribunaux [par la procédure de droit américain d’amicus curiae] l’inclusion du mot « Israël » sur les passeports des citoyens américains nés à Jérusalem, ont exprimé leur consternation suite à la décision de la Cour suprême de lundi selon laquelle les citoyens américains nés à Jérusalem doivent mentionner leur lieu de naissance « Jérusalem », et non « Jérusalem, Israël ».

La décision a également statué que c’est au président des Etats-Unis que revient le pouvoir d’accorder une reconnaissance officielle à une nation étrangère et que le Congrès ne peut pas voter une loi ordonnant au Département d’Etat la façon d’enregistrer le lieu de naissance d’un enfant né de parents américains à l’étranger.

L’affaire initiale avait été déposée par les parents de Menachem Zivotofsky, âgé maintenant de 13 ans, afin que la mention « Israël » apparaisse sur le passeport américain de leur fils né à Jérusalem.

La Conférence des présidents des principales organisations juives américaines, un groupe de coordination qui représente 51 organisations, a publié une déclaration affirmant que les dirigeants de l’organisation ont été « profondément préoccupés » par la décision.

« Nous ne croyons pas que les citoyens américains nés à Jérusalem ayant la mention « Israël » sur leurs passeports puissent affecter de futures négociations ou compromettre le rôle des États-Unis », ont affirmé les présidents Stephen Greenberg et Malcolm Hoenlein. « Des dizaines de milliers d’Américains sont touchés par cette décision. »

Hoenlein et Greenberg ont exprimé l’espoir qu’ « un chemin constitutionnellement acceptable puisse être trouvé pour assurer que soient accordés aux Américains nés à Jérusalem tous leurs droits, y compris la désignation de leur pays de naissance ».

Abraham Foxman, le directeur national de l’Anti-Defamation League, a décrit l’approche du gouvernement en ce qui concerne Jérusalem comme « hypocrite et myope. »

L’ADL avait présenté un mémoire d’amicus curiae, signé par 12 organisations juives, qui avait fait valoir que les Américains nés à Jérusalem devraient être en mesure d’identifier leur pays de naissance sur le passeport de la même façon que les autres citoyens américains nés à l’étranger peuvent le faire.

« La question de la Cour suprême dans cette affaire concernait un acte simple et ministériel – savoir si oui ou non les citoyens américains nés à Jérusalem devaient être autorisés à inscrire ‘Israël’ pour leur lieu de naissance », a écrit Foxman dans un communiqué suivant la décision.

« La réponse à cette question aurait du être un simple oui. Et le tribunal n’avait pas à rendre une décision sur le sujet généralisé du pouvoir exécutif pour arriver à cette conclusion. »

Foxman a appelé l’administration à « progresser », demandant « combien de temps le gouvernement américain va-t-il continuer à avoir cette approche hypocrite et myope ? »

« Il est triste et regrettable qu’Israël – en tant que nation souveraine – soit le seul pays au monde dont la capitale relève de cet examen et doive défendre son droit à déterminer où se trouve sa capitale », a continué Foxman.

« Il est grand temps pour le pouvoir exécutif de faire face à la réalité : Jérusalem est la capitale d’Israël », a-t-il conclu, faisant écho à des déclarations faites lundi par les dirigeants israéliens.

Des expressions similaires de déception sont venues de tout le spectre religieux juif.

Le rabbin Jonah Pesner, directeur du Centre d’action religieuse du judaïsme réformiste, a déclaré que son organisation était « déçue » par la décision qu’il a décrite comme contraire au « droit des Américains nés à Jérusalem d’identifier légalement et avec précision leur lieu de naissance comme Israël ».

Le Centre d’action religieuse était l’une des organisations qui ont signé le memoire de l’ADL, et Pesner a rappelé que « le Mouvement réformiste a depuis longtemps appelé à la reconnaissance par les États-Unis de Jérusalem comme capitale d’Israël, et que ce pays ne devait pas être désavantagée par une loi américaine qui n’est pas appliquée à d’autres nations ».

Le plus grand collectif des organisations orthodoxes en Amérique, l’Union des Congrégations juives orthodoxes d’Amérique, a également exprimé sa déception suite à la décision de la Cour suprême des États-Unis.

Nathan Diament, le directeur exécutif pour les politiques publiques de l’Union orthodoxe, a écrit dans un communiqué que, bien que l’organisation était « bien sûr, déçue par la décision de lundi, nous sommes encore plus déçus par la politique persistante du gouvernement des États-Unis – poursuivie par les présidents successifs – de traiter la capitale d’Israël avec moins de respect que celui accordé aux capitales de presque tous les autres pays ».

« Jérusalem est incontestablement la capitale d’Israël », a-t-il ajouté. « Même après cette décision de justice, il est grand temps pour l’administration américaine de reconnaître la réalité de la capitale d’Israël – Jérusalem. »

L’Union orthodoxe, comme le Centre d’action religieuse, était également signataire du mémoire amicus curiae de l’ADL qui avait exhorté les juges à faire respecter la législation du Congrès exigeant que le Département d’Etat écrive « Jérusalem, Israël » sur les passeports américains.

Parmi les autres organisations signataires, on note l’AIPAC, le B’nai B’rith International, la Conférence centrale des rabbins américains, Hadassah, le Conseil juif pour les affaires publiques, le Conseil national des femmes juives, le Conseil national de Young Israel, l’Assemblée rabbinique, l’Union for Reform Judaism, et la Ligue des femmes pour le judaïsme massorti.

L’information de la décision est survenue lors du Forum mondial annuel de l’American Jewish Committee, qui a écrit avoir été « profondément déçu » par la décision.

« La décision de la Cour suprême est une tragédie personnelle pour la famille Zivotofsky et une plus grande encore pour tous les citoyens des États-Unis qui déclarent légitimement Jérusalem, la capitale d’Israël, comme leur lieu de naissance », a déclaré Marc D. Stern de l’AJC.

L’AJC avait également déposé un mémoire d’amicus curiae en faisant valoir que « le Congrès a un rôle important à jouer dans la détermination de la décision américaine sur la reconnaissance des gouvernements étrangers et dans l’établissement de la politique des passeports ».

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