Les lieux de travail rouvrent mais les écoles sont fermées, mécontentement des parents actifs
Les employeurs ne peuvent pas licencier ceux qui restent chez eux pour leurs enfants à cause de la guerre, mais ne sont pas tenus de les payer ; les employés peuvent utiliser leurs jours de congé ; des réactions politiques négatives
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Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.

Jeudi après-midi, les Israéliens ont repris le chemin de leur travail pour la première fois depuis le début de la guerre avec l’Iran, samedi dernier. Les enfants sont quant à eux restés à la maison, après que le Commandement du front intérieur de l’armée israélienne a allégé les restrictions, passant d’une interdiction totale (à l’exception des « activités essentielles ») à une autorisation « d’activités limitées ».
Conformément aux nouvelles directives, la majeure partie des entreprises et des lieux de travail ont pu rouvrir leurs portes dès jeudi à midi, à condition que les employés puissent accéder à temps à un abri en cas de tir de missiles.
Toutefois, ces nouvelles règles ne permettent pas la reprise des activités éducatives en présentiel, obligeant les écoles à rester fermées et à poursuivre les cours à distance au moins jusqu’à la fin de la semaine, vendredi. La plupart des élèves israéliens vont à l’école six jours par semaine.
Ces nouvelles consignes ont suscité des critiques, notamment de la part des parents et des membres de la Knesset. En effet, dans de nombreux cas, les parents se verront contraints de retourner au travail alors qu’ils devraient pouvoir rester à la maison pour s’occuper de leurs enfants, ou bien devront demander un congé pour pouvoir rester auprès d’eux.
« Cette décision a des répercussions directes sur les parents israéliens contraints de rester à la maison avec leurs enfants, au risque de perdre leur source de revenus », a averti la hanhagat hahorim hartzit, un groupe de défense des parents d’élèves, dans un communiqué paru dans TheMarker, la publication économique du quotidien Haaretz.
Cette décision « est déconnectée de la réalité » selon le groupe, qui estime qu’elle repose « sur l’hypothèse irréaliste que l’économie peut fonctionner alors que les parents sont contraints de rester chez eux pour soutenir physiquement et émotionnellement leurs enfants en temps de guerre ».
La décision d’autoriser le retour au travail a été motivée, au moins en partie, par la requête du ministère des Finances visant à rouvrir progressivement et partiellement les entreprises et les lieux de travail, afin de contenir les pertes, qui devaient atteindre 9,4 milliards de shekels par semaine si les restrictions nationales sur l’activité économique restaient en vigueur.
D’après un aperçu des droits légaux dont bénéficient les parents qui travaillent, diffusé par le site d’information Ynet, une personne ne peut pas être licenciée pour ne pas s’être présentée au travail en raison de la fermeture de l’établissement scolaire de son enfant. Cette règle s’applique aux parents ayant un enfant de moins de 14 ans, ou de moins de 21 ans si l’enfant a des besoins éducatifs particuliers.
L’employeur n’est toutefois pas tenu de rémunérer l’employé pour les jours où il s’est trouvé dans l’impossibilité de travailler. Il peut exiger de lui qu’il les déduise de son quota annuel de congés.
Le Commandement du front intérieur devrait procéder à une nouvelle évaluation pendant le week-end, et pourrait décider d’autoriser la réouverture des établissements scolaires à compter de la semaine prochaine.
Le chef de l’opposition Yair Lapid, qui préside le parti Yesh Atid, a reproché jeudi au gouvernement sa politique « confuse » en temps de guerre, dénonçant le manque « inacceptable » de coordination entre le ministère de l’Éducation, le ministère des Finances et les autorités locales.
« La situation est particulièrement préoccupante dans le domaine de l’éducation spécialisée, où il n’existe aucune solution pour les enfants et les jeunes en situation de handicap », a écrit Lapid sur X, exhortant le cabinet du Premier ministre à s’assurer de la coordination de « tous les organismes concernés et à rétablir l’ordre ».
Jeudi, le député Yesh Atid Yorai Lahav Hertzanu a également abordé la question lors d’une session de la commission des Affaires intérieures et de l’environnement de la Knesset, s’interrogeant : « Comment est-il possible que nous commencions à reprendre l’activité économique sans aucun établissement d’enseignement ? »
« Que doivent faire les travailleurs dont les enfants sont à la maison, privés de cadre éducatif ? Comment cela doit-il se passer ? », a-t-il demandé.
Emanuel Fabian a contribué à cet article.
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