Les partis haredi menacent de quitter la coalition si Tsahal prend des mesures contre les déserteurs
La Treizième chaîne a rapporté que la police militaire s'apprête à lancer une opération d'arrestation à grande échelle contre les hommes ultra-orthodoxes qui ont ignoré les ordres d'enrôlement
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De hauts responsables politiques ultra-orthodoxes ont informé mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu que le lancement d’une opération de répression à grande échelle contre les réfractaires au service militaire issus de la communauté ultra-orthodoxe pourrait entraîner la « démission immédiate du gouvernement » des partis haredi, selon la chaîne publique Kan.
S’adressant au site d’information Ynet, un haut responsable anonyme d’un parti haredi a déclaré que « si des dizaines et des centaines d’étudiants de yeshiva sont effectivement arrêtés, comme nous le voyons actuellement, le gouvernement sera en train de vivre ses derniers jours ».
Il faudrait que les deux partis ultra-orthodoxes, à savoir Shas et Yahadout HaTorah, quittent le gouvernement pour faire tomber la coalition de Netanyahu.
Une source au sein du Likud a déclaré au quotidien Maariv que le Premier ministre Benjamin fera passer un projet de loi sur l’enrôlement quoi qu’il arrive, même s’il doit pour cela remplacer le président de la commission des affaires étrangères et de la défense de la Knesset, Yuli Edelstein.
Dans une déclaration officielle, l’armée israélienne dit avoir lancé une campagne « de routine » de la police militaire pour arrêter ceux qui ont ignoré les ordres d’enrôlement à la suite de la dernière série d’appels.
« La nuit dernière, une opération [d’arrestation] a eu lieu à proximité de la période d’appel, comme cela a été fait précédemment, de manière égale dans toutes les sectes de la société et contre toute personne qui ne s’est pas présentée comme il se doit », indique l’armée israélienne.
Ce commentaire fait suite à une information de la Treizième chaîne selon laquelle l’armée lancerait dès demain des raids d’arrestation à grande échelle visant les haredim qui ne se sont pas présentés à l’appel sous les drapeaux, ce qui a déclenché une tempête de protestations parmi les politiciens ultra-orthodoxes.
La chaîne a indiqué que des dizaines de déserteurs de l’armée israélienne devraient être arrêtés au cours de l’opération.
Dans les semaines à venir, l’armée israélienne achèvera d’envoyer les ordres d’enrôlement à 24 000 hommes haredi, mettant ainsi un terme à un effort qui a débuté l’été dernier mais qui n’a donné lieu qu’une poignée d’enrôlements.
En début de semaine, un responsable militaire a reconnu que, dans la pratique, l’armée israélienne n’avait pas appliqué les ordres d’incorporation qu’elle envoyait aux ultra-orthodoxes, qui bénéficient traditionnellement d’exemptions du service militaire.
Les politiciens haredi tentent de légiférer de nouvelles règles visant à rétablir ces exemptions après que les tribunaux les ont jugées inconstitutionnelles.
« Nous n’appliquons pas suffisamment les ordres de recrutement pour les ultra-orthodoxes », a déclaré le fonctionnaire. « Ils ne sont pratiquement pas appliqués.
Les précédentes tentatives d’application des ordres de recrutement se sont heurtées à des protestations à grande échelle de la part de la communauté, y compris des manifestations qui ont tourné à la violence. »
Des responsables militaires ont clarifié aux journalistes que la campagne d’arrestation à venir contre les suspects qui ont ignoré les ordres d’enrôlement est une opération de routine qui a lieu plusieurs fois par an, après chaque période d’enrôlement.
Les responsables affirment que la police militaire s’efforcera d’arrêter les déserteurs issus de tous les pans de la société, et pas seulement les hommes ultra-orthodoxes.
L’armée a également précisé que la campagne menée la nuit dernière visait un total de 36 personnes se soustrayant à la conscription, et pas seulement des hommes ultra-orthodoxes.
L’armée israélienne a d’abord pris contact avec les personnes qui ne se présentaient pas aux centres d’incorporation, afin de tenter de régler le problème à l’amiable, et n’a procédé qu’ensuite à des arrestations.
On ne sait pas exactement combien d’arrestations ont eu lieu.
Les détenus feront l’objet de mesures disciplinaires ou d’un procès pénal, en fonction de la durée pendant laquelle ils ont ignoré les ordres d’incorporation.
En général, les campagnes d’arrestation de la police militaire visent les personnes qui ont récemment ignoré les ordres d’incorporation et qui, par conséquent, ne feront l’objet que de mesures disciplinaires.
Il s’agit de la troisième campagne d’arrestation contre les déserteurs depuis le début de la guerre, les précédentes ayant eu lieu en novembre 2024 et en mars 2025, selon l’armée.
La police militaire ayant été occupée par des tâches liées à la guerre, seules trois opérations de ce type ont été menées.
L’armée a indiqué que la semaine dernière, le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, a demandé à la Direction du personnel de présenter un plan immédiat pour « étendre et maximiser » l’envoi d’ordres de conscription aux membres de la communauté ultra-orthodoxe
« Le plan est en cours de préparation », a assuré l’armée israélienne.
Le chef de l’opposition, Yair Lapid, et d’autres personnalités de l’opposition ont exprimé leur soutien à cette opération militaire.
« La police militaire n’arrête pas les haredim, elle arrête les jeunes Israéliens qui ont reçu un ordre d’incorporation pendant la guerre et qui ne se sont pas présentés à la base d’incorporation militaire pour s’enrôler dans la défense de l’État », a tweeté Lapid.
Le président du parti Les Démocrates, Yair Golan, a écrit : « La loi est la loi. Le recrutement est le recrutement et l’égalité est l’égalité. Ne vous arrêtez pas, recrutez tout le monde ».
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