Les petits-enfants de peintres israéliens célèbres s’exposent à Eilat
Jusqu'au 7 février, « Face to Face », de la commissaire Céline Avrahami, présente des photographies de Michal Rubin et des peintures de Gidi Rubin, descendants de l'artiste Reuven Rubin
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Lorsque la conservatrice Céline Avrahami, venue de Londres, s’y est installée pendant la pandémie de COVID-19, la ville balnéaire d’Eilat était loin d’être considérée comme un haut-lieu artistique.
Mais aujourd’hui, Avrahami lance sa troisième exposition, « Face to Face », avec des œuvres de Gidi et Michal Rubin — frère et soeur et petits-enfants du célèbre peintre israélien Reuven Rubin — du 4 décembre 2025 au 7 février 2026.
À l’instar de ses précédentes expositions, « Face to Face » sera exposée à la galerie Artistique Eilat, qu’elle mobilise plusieurs mois chaque année.
« J’ai frappé à plusieurs portes pour convaincre des personnes », explique Avrahami.
« La scène artistique contemporaine est quelque chose d’assez nouveau pour Eilat, qui organise des festivals de musique, mais d’art ? Pas vraiment. »
Cette nouvelle exposition s’inscrit dans un projet de plus long terme destiné à développer les arts visuels à Eilat, avec l’aide du maire de la ville, Eli Lankri, et de la Société du tourisme d’Eilat. Avrahami s’est également attachée la collaboration de l’Association israélienne des musées et d’ICOM Israel (la branche locale du Conseil international des musées).
Les frères et sœurs Rubin, qui vivent tous les deux à Londres, travaillent dans deux domaines artistiques différents, la peinture et la photographie, mais ils ont un point commun – celui d’observer les gens et les relations qu’ils tissent avec autrui.
C’est leur première exposition commune, avec les toiles de Gidi Rubin et les photos de Michal Rubin qui sont exposées côte à côte, explique Avrahami.
Les frères et sœurs Rubin seront là le jour du vernissage de l’exposition, dit-elle.
« Je les suis depuis longtemps, et je suis fascinée par leur travail et la relation qui les unit », ajoute Avrahami, qui a travaillé avec l’artiste israélien Zadok Ben-David durant ses dix années passées à Londres.
« Il y a quelque chose de très authentique entre leur grand-père et eux, car ils sont tous reliés à la même thématique, qui est l’observation fine des humains et de leur environnement. »
Une interview tournée à Londres avec les frères et sœurs Rubin sera projetée lors de cette exposition, ce qui permettra d’avoir une idée de leurs conversations. Long de 17 minutes, ce film est l’oeuvre d’Avrahami, en collaboration avec le réalisateur britannique Mark James.
Plusieurs toiles de Reuven Rubin ont récemment été mises en sécurité et exposées au Musée d’Art de Tel Aviv – l’onde de choc des missiles balistiques, lors de la guerre Israël-Iran de juin dernier, ayant endommagé le Musée Rubin de Ramat Gan, dans ce qui était son domicile.
La première exposition d’Avrahami à Eilat, en 2023, fut « A Lithuanian Tale », avec des oeuvres de la photographe Angelika Sher, suivie de « Shifting Horizons », en 2024, avec des artistes israéliens de tout premier plan tels que Hila Ben Ari, Ben-David, Ori Gersht, Eilat Carmi, Meirav Heiman, Lea Nikel ou encore Ronen Shaarbani.
L’exposition des oeuvres de Sher a ouvert ses portes une semaine avant le pogrom commis par le Hamas, le 7 octobre 2023, qui a coûté la vie à plus de 1 200 personnes dans le sud d’Israël et fait 251 otages dans la bande de Gaza. Lorsque des kibboutzim touchés, près de la frontière de Gaza, ont été évacués vers des hôtels d’Eilat, Avrahami a fait des visites guidées aux évacués pour les aider un temps à oublier la tragédie.
« J’ai fait en sorte de donner ce que je pouvais », confie-t-elle.
Avrahami, qui est née à Ofakim et a grandi dans le kibboutz Magen, y a croisé des personnes qu’elle connaissait, à commencer par un de ses professeurs et le parent d’un camarade de classe, tous deux évacués dans cette ville du sud du pays.
Le projet d’art contemporain d’Avrahami à Eilat, sa ville d’adoption, s’est enraciné et développé. Des élèves du primaire et du lycée y viennent pour des visites guidées : pour nombre d’entre eux, c’est la première fois qu’ils se rendent dans une galerie d’art ou une exposition.
Les écoliers ont d’ailleurs créé des œuvres qui ont trouvé leur place dans cette galerie, leur propre interprétation des oeuvres qu’ils ont eues sous les yeux.
Les guides touristiques sont souvent des élèves d’un collège voisin qui étudient l’art et la curation.
Les expositions doivent être accessibles au public, avec des messages faciles à assimiler, ajoute-t-elle.
Un autre thème traverse les expositions, celui de l’optimisme et des rencontres, ajoute Avrahami, qui souhaite que tous les visiteurs puissent y faire connaissance et organise régulièrement des débats avec des artistes.
« Il y a toujours des artistes des environs dans cette petite galerie », conclut Avrahami.
« Face to Face » est visible à la Galerie Artistique Eilat, 2 Yotam Street, à Eilat.
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