Jénine: Les policiers qui ont tué des terroristes non-armés se sont sentis « menacés »
Selon des sources proches de l'enquête, les agents de la police des frontières impliqués auraient « craint que les terroristes soient armés » ; Ben Gvir aurait promu le chef d'unité dès le lendemain des faits
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Les agents de la police des frontières mis sous enquête suite à la fusillade qui a fait deux morts jeudi dernier, à Jénine, en Cisjordanie – les deux victimes étaient des Palestiniens soupçonnés de terrorisme non-armés qui venaient de se rendre et qui sortaient d’un bâtiment, les mains en l’air – ont expliqué aux enquêteurs avoir eu peur que les hommes qui s’approchaient ne tentent de leur faire du mal, a rapporté samedi la Treizième chaîne.
Filmé, l’incident a été confirmé par les autorités, ce qui a entraîné de vives condamnations de la part de la communauté internationale.
Vendredi, le Service des enquêtes internes de police, au ministère de la Justice, a annoncé l’ouverture d’une enquête pénale contre trois agents de la police des frontières qui étaient impliqués dans cet incident.
Les victimes, qui ont été identifiées par les médias palestiniens sous les noms de Mahmoud Qassem Abdallah, 26 ans, et de Youssef Asasa, 37 ans, étaient recherchées par Israël qui les soupçonnait d’avoir pris part à des attentats à la bombe et d’avoir ouvert le feu contre des soldats.
Vendredi, l’organisation terroriste palestinienne du Jihad islamique a confirmé que les deux victimes faisaient partie de sa branche militaire.
Selon la Treizième chaîne, après avoir un temps expliqué que les suspects n’avaient pas obtempéré, les agents auraient déclaré lors de leur interrogatoire par le Service des enquêtes internes de la police que la maison des suspects contenait des armes et des explosifs, et qu’ils leur avaient donné l’ordre de se déplacer pour se rendre dans un endroit bien précis.
Afin d’éviter de prendre le risque de tirs amis, les policiers avaient donné l’ordre aux suspects de se déplacer, selon une information non sourcée. L’un des policiers israéliens, qui craignait que l’un des Palestiniens ne tente de s’échapper en passant par la maison, lui avait alors tiré dans les jambes.
جيش الاحتلال يعدم شابين بعد اعتقالهما في محيط مخيم جنين#قناة_الغد pic.twitter.com/4EhXlZXi2b
— قناة الغد (@AlGhadTV) November 27, 2025
Les autres soldats avaient entendu les coups de feu et ils avaient cru qu’ils provenaient de terroristes, ce qui avait fait dire à l’un d’eux : « On nous tire dessus. »
C’est alors que les agents avaient tiré et tué les deux suspects – lesquels se sont révélés ne pas être armés, selon les informations connues.
« Nous craignions que les terroristes soient armés. Nous les avons vus toucher des choses à l’intérieur du bâtiment. Nous avons eu peur qu’ils tentent quelque chose contre nous », auraient dit les agents, selon cette même source.
Selon des informations qui ont été diffusées vendredi par la radio de l’armée, les policiers ont donné un récit légèrement différent, affirmant qu’ils « ignoraient s’ils possédaient des armes ou un engin explosif. Nous leur avons donné des instructions mais les terroristes n’ont pas obtempéré. »
« À un moment, l’un des terroristes a fait demi-tour pour rentrer à l’intérieur du bâtiment, contrairement à l’ordre qui lui avait été donné, et l’autre l’a suivi : c’est à ce moment que tous les deux ont été abattus », ont-ils ajouté.
Dans une déclaration conjointe, l’armée et la police ont déclaré vendredi que la tentative d’arrestation de ces suspects de terrorisme avait eu lieu lors d’une opération anti-terroriste à Jénine.
« Les agents sont entrés dans la zone, ils ont encerclé la structure à l’intérieur de laquelle se trouvaient les suspects et ils ont amorcé une procédure de reddition qui a pris des heures », ont expliqué l’armée et la police en ajoutant que ce n’est qu’après la mise en oeuvre de machines lourdes ayant permis d’abattre une partie de la structure que les deux suspects en sont sortis.
« C’est au moment de leur sortie du bâtiment que des coups de feu ont été tirés sur les suspects », peut-on lire dans le communiqué.
Jeudi, l’armée israélienne et la police avaient déclaré que « l’incident est en cours d’examen par les commandants sur le terrain : il sera par la suite confié aux autorités compétentes ».
Cet incident s’est attiré des condamnations venues du monde entier, l’ONU parlant d’un « assasinat effronté » aux allures d’exécution sommaire, ce qui n’a pas empêché le ministre de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, d’apporter officiellement sur X son soutien aux agents et soldats impliqués : « Soutien absolu à la police des frontières et aux soldats de Tsahal qui ont tiré sur des terroristes recherchés… Les troupes ont agi exactement comme il le fallait — les terroristes doivent mourir ! »
Ben Gvir a en effet autorité sur les forces de police mais la police des frontières qui intervient en Cisjordanie relève, elle, de la juridiction militaire.
Selon un article du quotidien Haaretz publié dimanche, en plus de son soutien sur les réseaux sociaux, Ben Gvir aurait décidé d’accorder une promotion au commandant des agents de la police des frontières impliqués dans l’incident, informant personnellement l’intéressé qu’il serait promu commandant.
Selon cet article, le ministre d’extrême droite se serait rendu sur la base de cette unité, vendredi, pour apporter son soutien à son commandant et ses officiers.
אנחנו כאן בימ"ס איו"ש, באתי לחזק ולחבק את הלוחמים הגיבורים כאן. צריך לעשות סוף לנוהל המעוות הזה כשלוחם שלנו יורה במחבל ישר לוקחים אותו לחקירה. צריך להפסיק את הנוהל המעוות הזה, צריך להפסיק את התפיסה הזאת, אנחנו נלחמים באויבים וברוצחים, שרוצים לאנוס נשים ולשרוף תינוקות. pic.twitter.com/LhKD8uxjvR
— איתמר בן גביר (@itamarbengvir) November 28, 2025
Les violences en Cisjordanie ont fortement augmenté depuis le pogrom perpétré par le Hamas en Israël en octobre 2023.
Selon l’Autorité palestinienne, plus d’un millier de Palestiniens ont été tués par les forces israéliennes ou des résidents d’implantations depuis lors. Selon l’armée israélienne, la plupart des victimes sont des hommes armés, des émeutiers s’étant affrontés à ses soldats ou des terroristes en train de mener des attentats.
Les attaques des résidents d’implantations extrémistes ont par ailleurs fortement augmenté. L’armée israélienne a enregistré plus de 752 cas de violences de résidents d’implantations en Cisjordanie depuis le début de l’année, soit bien au-delà des 675 cas enregistrés en 2024.
la Communauté du Times of Israël !







