Les primaires dans le Michigan, miroir des fractures du Parti démocrate américain
Dans un État du Michigan qui compte une large diaspora arabe et où l'Aipac a déjà déboursé des millions de dollars dans la campagne, cette question du soutien à Israël promet d'être décisive pour la primaire
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Les électeurs démocrates du Michigan sont appelés mardi à désigner leurs candidats pour les élections américaines de mi-mandat de novembre, l’attention se concentrant principalement sur une primaire hautement contestée pour un siège au Sénat, qui illustre les divisions actuelles de la gauche américaine.
D’un côté, Abdul El-Sayed, un docteur anti-Israël issu de l’aile progressiste du Parti démocrate, et de l’autre Haley Stevens, actuelle députée soutenue par l’establishment du parti.
Le vainqueur dans cet État de plus de 10 millions d’habitants affrontera en novembre le républicain Mike Rogers pour un siège de sénateur laissé libre par le démocrate Gary Peters.
L’élection sera particulièrement scrutée : les démocrates espèrent reprendre la majorité au Sénat, mais pour cela doivent assurément conserver leur siège au Michigan, État remporté par Donald Trump en 2024.
La primaire démocrate elle-même attire de nombreux regards. Une victoire mardi d’Abdul El-Sayed, favori des sondages, viendrait en point d’orgue du mouvement progressiste qui a déjà affiché plusieurs victoires dans des primaires récentes à New York et dans le Colorado.
Mobilisation
Soutenu par plusieurs figures progressistes comme Bernie Sanders et Alexandria Ocasio-Cortez, Abdul El-Sayed se présente comme prêt à se battre pour les classes populaires face à Donald Trump, aux grands patrons, mais aussi aux responsables actuels du Parti démocrate et au mouvement pro-Israël aux États-Unis.
Ses alliés affirment que la mobilisation de la base progressiste autour de sa candidature peut permettre de gagner sans le soutien du réseau traditionnel de grands donateurs du parti.
Une dynamique comme la sienne « n’arrive pas par accident », assure Joseph Geevarghese, directeur exécutif de l’organisation progressiste Our Revolution, qui affirme avoir déjà contacté 300 000 électeurs dans le Michigan en soutien à Abdul El-Sayed.
En face, Haley Stevens, députée depuis 2019 des alentours de Détroit, a centré sa campagne autour de la réindustrialisation et de sa capacité à rassembler divers horizons face aux républicains. Cette ancienne conseillère du président Barack Obama sur les questions automobiles est soutenue par plusieurs chefs démocrates, comme Chuck Schumer et la gouverneure du Michigan, Gretchen Whitmer.
Elle compte également sur le soutien de populations qu’elle dit sous-représentées dans les sondages, comme les électeurs afro-américains, les seniors, et ceux sans diplôme du supérieur.
Entre les deux candidats, peu de points d’accord, particulièrement sur la question d’Israël.
Haley Stevens est en faveur d’un soutien continu à cet allié des États-Unis et rejette les accusations de « génocide » à Gaza.
« Bassesses »
Abdul El-Sayed a appelé à la fin de l’aide américaine à Israël et s’est attaqué à l’influence de l’organisation Aipac, qui finance des candidats démocrates et républicains pro-Israël. Il a également dit s’opposer à l’existence d’Israël en tant qu’État juif.
Dans un État du Michigan qui compte une large diaspora arabe et où l’Aipac a déjà déboursé des millions de dollars dans la campagne, cette question du soutien à Israël promet d’être décisive pour la primaire.
La campagne a déjà vu les deux démocrates s’enflammer dans des attaques de plus en plus personnelles, Abdul El-Sayed qualifiant son opposante de « candidate la moins compétente » des États-Unis, tandis que Haley Stevens l’accuse d’utiliser les Juifs américains comme boucs émissaires de ses problèmes.
Debbie Dingell, députée démocrate du Michigan, a averti que la « brutalité » et les « bassesses » de cette campagne pourraient compliquer le rassemblement de leurs partisans pour novembre.
Chaque camp affirme être le mieux placé pour battre le républicain Mike Rogers.
Haley Stevens souligne que le Michigan a l’habitude d’élire des candidats démocrates pragmatiques, tandis qu’Abdul El-Sayed soutient qu’un candidat bénéficiant de l’enthousiasme de la base aura plus de chances de mobiliser les électorats jeunes et des classes populaires.
la Communauté du Times of Israël !







