Les réactions de la sphère politique après les résultats des primaires du Likud
May Golan se dit « trop à droite » pour Netanyahu ; Almog Cohen, ex-Otzma Yehudit, arrive 8e aux primaires ; Eisenkot dénonce la « liste du 7-Octobre » ; Kahana déplore la « mainmise des Haredim » sur le parti
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Les réactions ont été nombreuses dans la sphère politique après l’annonce des résultats des Primaires du Likud, dans la matinée de mardi. Au sein de la coalition, la ministre de l’Égalité sociale, May Golan, qui devrait perdre son siège à l’issue du scrutin du mois d’octobre – elle n’a été que peu soutenue par les membres du Likud, hier – a déclaré dans un communiqué qu’elle était « trop à droite » pour le Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Golan a remercié les quelque 19 000 membres du Likud qui ont voté pour elle. Elle a affirmé avoir été inscrite sur une « liste noire » diffusée par l’entourage de Netanyahu, désignant les candidats à exclure du parti.
Elle s’est également dite victime de « ceux qui ne voulaient pas d’une femme de droite avec des opinions bien tranchées au sein du parti, et de ces “sources proches du Premier ministre”… qui ont décrété que May Golan était “trop à droite” et qu’elle risquait de faire obstacle à leurs futurs projets pour le gouvernement et son dirigeant ».
May Golan, 40 ans, avait été élue pour la première fois en 2019. Ancienne étoile montante du Likud, elle a siégé sans interruption à la Knesset depuis plus de six ans. Ses propos incendiaires ont suscité la polémique à plusieurs reprises. Elle a également fait l’objet d’allégations laissant entendre qu’elle avait créé des emplois fictifs pour ses proches.
L’ancien député d’Otzma Yehudit, Almog Cohen, arrivé à la huitième place à l’issue des primaires du parti lundi, a quant à lui remercié le Premier ministre Benjamin Netanyahu et les électeurs du Likud pour leur soutien.
Avec Netanyahu en tête de liste et avec l’ajout de candidats triés sur le volet par le Premier ministre, qui occuperont plusieurs places réservées, Cohen se retrouvera en 14e position sur la liste des candidats du parti pour les élections du 27 octobre.
« Je n’arrive toujours pas à réaliser. Je suis émerveillé par tout l’amour que m’ont témoigné les membres du Likud, des gens intelligents et patriotes », a écrit Cohen dans un mlessage publié sur le réseau social X. « Même si la “campagne” n’a duré que trois jours, sans autocollants, sans pancartes et sans quartier général (!) — j’ai reçu une confiance inestimable de la part des adhérents du parti. J’ai l’intention de traiter cette confiance avec le plus grand respect et la plus grande humilité, et de continuer à servir la population au mieux de mes capacités. »
« Je remercie le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour son vote de confiance et pour sa vision tournée vers l’avenir. Vous avez cru en moi même lorsque d’autres ont fait un choix différent », a-t-il ajouté.
Cohen, qui était vice-ministre au sein du gouvernement de Netanyahu, avait annoncé sa candidature mercredi dernier, après que Netanyahu a approuvé une durée de mandat plus courte que celle habituellement requise, lui ouvrant ainsi la voie pour se présenter.
À l’époque, Netanyahu avait salué cette initiative, qualifiant l’ultranationaliste de « guerrier » dans un discours vidéo commun annonçant sa candidature.
« C’est un guerrier, un homme du Néguev, qui m’a harcelé pour qu’un aéroport soit construit dans le Néguev. Beau travail ! Et il était à nos côtés lors du vote décisif pour l’adoption du budget. Je ne l’oublie pas. Je vous en remercie », a ajouté Netanyahu dans la vidéo, faisant référence à la campagne menée par Cohen pour faire approuver un nouvel aéroport dans le sud, ainsi qu’à sa volonté de s’écarter de la ligne de son parti, Otzma Yehudit, pour contribuer à l’adoption du budget 2025.
Cet ancien policier et restaurateur avait été élu à la Knesset en 2022 sur la liste d’extrême droite Otzma Yehudit d’Itamar Ben Gvir. Il s’est ensuite rapidement forgé une réputation de provocateur, appelant à ce que les dirigeants de l’opposition soient « menottés », critiquant violemment les familles des otages détenus à Gaza et les accusant de « représenter le Hamas », et comparant les députés des partis arabes à des moutons, ce qui lui a valu une réprimande de la part de la commission d’éthique de la Knesset.
Cohen a également fait l’objet d’une enquête pénale, désormais classée sans suite, suite à des allégations laissant entendre qu’il avait fait usage de violence à l’encontre d’un civil alors qu’il servait dans la police israélienne il y a plus de dix ans.
Au-delà de ses affrontements avec ses adversaires idéologiques à la Knesset, Cohen s’est également querellé avec ses collègues, votant à plusieurs reprises avec la coalition malgré la décision d’Otzma Yehudit de s’opposer au budget de l’État pour 2025 – une attitude qui a conduit le parti à lui infliger plusieurs sanctions, notamment son exclusion des réunions de groupe parlementaire et des groupes WhatsApp internes du parti.
Cohen a également été l’unique député d’Otzma Yehudit à ne pas démissionner temporairement de la coalition suite à l’approbation par le gouvernement d’un accord de cessez-le-feu avec le Hamas dans la bande de Gaza ce mois-là. Le chef du parti, Ben Gvir, avait alors déclaré : « Sa place est au Likud et je lui souhaite beaucoup de succès. »
Cohen a ensuite été nommé par Netanyahu à un poste de vice-ministre et il a démissionné de son mandat de député en vertu de la loi dite « norvégienne », qui permet aux membres du gouvernement et aux vice-ministres de renoncer à leur siège à la Knesset tout en conservant leurs fonctions ministérielles.
Du côté de l’opposition,le président du parti Yashar, Gadi Eisenkot, a pour sa part fustigé le Likud au lendemain des primaires, déclarant dans un message publié sur le réseau social X qu’« aucun message de félicitations ni aucune fête de “victoire” ne pourra masquer le fait que la liste du Likud pour la 26e Knesset est, dans les faits, celle du 7-Octobre ».
« Il s’agit exactement des mêmes personnes qui ont divisé sans scrupules la société israélienne, qui ont aveuglément conduit Israël vers la pire catastrophe depuis la fondation de l’État » et qui, « au lieu d’assumer leurs responsabilités, se sont accrochées à leurs sièges quoi qu’il en coûte, et ont ajouté l’insulte à la blessure en permettant une exemption massive du service militaire en temps de guerre », a-t-il écrit. Les membres de l’actuelle liste du Likud, a-t-il ajouté, « sont incapables de mener Israël à la victoire », ne parviennent pas à unir le pays et « ne sont pas dignes » d’exercer le pouvoir.
« Aux partisans du Likud qui en ont assez d’une gouvernance fondée sur le mensonge et la corruption, je veux dire : vous avez une place parmi nous. Vous pouvez compter sur nous », a affirmé Eisenkot.
Nouveau venu sur la scène politique et dévoilé en septembre, le parti Yashar d’Eisenkot n’organise pas de primaires. Eisenkot compose lui-même sa liste de candidats à la Knesset.
Ces commentaires du président de Yashar ont fait suite à la publication d’un communiqué du Premier ministre Benjamin Netanyahu, dans lequel il s’est dit « très satisfait » des résultats, qui, selon lui, permettront au Likud de remporter une « grande victoire » lors du scrutin du 27 octobre.
« C’est le seul moyen d’empêcher la formation d’un gouvernement de gauche composé d’Eisenkot, de [Yair Golan, le chef du parti Les Démocrates], d'[Avigdor] Liberman [le chef d’Yisrael Beytenu] et des partis arabes », peut-on lire dans le communiqué de Netanyahu.
Réagissant à l’annonce des résultats définitifs du scrutin, l’ancien ministre Matan Kahana a dénoncé ce qu’il a estimé être « la mainmise des Haredim sur les primaires du Likud » ainsi que le manque de représentation féminine au sein du parti au pouvoir.
« Je pense que les électeurs du Likud ont également conscience que leur parti n’est plus une formation libérale », a déclaré Kahana, qui est membre du parti d’opposition Yashar, dirigé par Gadi Eisenkot.
« Quel genre de parti libéral ne compte que deux femmes sur les 20 premières places ? », a-t-il ajouté, à propos de la sous-représentation des femmes dans les résultats définitifs.
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