Les sénateurs interrogent le candidat de Trump à l’ambassade du Koweït sur Israël
Amer Ghalib, maire du Michigan et soutien de Trump en 2024, est questionné sur la politique BDS de sa ville et un « like » d’une publication FB comparant les Juifs à des singes
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JTA – L’an dernier, Amer Ghalib s’est distingué comme le plus haut responsable musulman à soutenir Donald Trump pour la présidence, un choix motivé par des considérations pro-palestiniennes. Ce soutien lui a valu un poste stratégique : celui d’ambassadeur des États-Unis au Koweït.
Mais avant de pouvoir entrer en fonction, le maire de Hamtramck (Michigan) devait convaincre le Sénat. Lors de son audition jeudi, plusieurs sénateurs républicains ont brisé les rangs pour l’interroger sur ses positions et publications passées au sujet d’Israël et des Juifs.
« Vous semblez avoir une opinion très tranchée et passionnée sur le Moyen-Orient », a déclaré le sénateur texan Ted Cruz à Ghalib. « Or, cette position va à l’encontre de la ligne politique du président Trump et de son administration. »
Cruz a questionné le maire, d’origine yéménite, sur la décision de Hamtramck de devenir la première ville américaine à adopter une politique de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) contre Israël, sur ses « like » de publications Facebook, dont l’une qui comparait les Juifs à des singes, ainsi que sur ses positions passées hostiles aux accords d’Abraham.
Cruz n’est pas le seul à avoir mis Ghalib sur la sellette pour ses positions sur Israël et les Juifs. Les sénateurs David McCormick (Pennsylvanie) et Pete Ricketts (Nebraska) l’ont également interrogé avec insistance.
Ghalib n’a pas renié ses prises de position passées. Il a expliqué que la résolution BDS avait été rédigée par le groupe antisioniste Jewish Voice for Peace (JVP) et adoptée à l’unanimité par le conseil municipal. « Ce n’était pas mon idée », a-t-il déclaré. « Nous n’avons aucune entreprise en lien avec Israël dans notre ville. » Il a ajouté qu’il n’avait pas le pouvoir de destituer un membre du conseil municipal ayant affirmé que la Shoah était une punition divine infligée à Israël.
Ghalib a reconnu avoir « liké » la publication comparant les Juifs à des singes, affirmant qu’il avait pour habitude de cliquer sur « j’aime » pour toutes les publications de son fil avant de devenir maire. « La personne de notre communauté qui a écrit cela souffre d’un handicap mental », a-t-il expliqué, avant de concéder que c’était « clairement de l’antisémitisme, mais le fait d’avoir cliqué ne veut pas dire que j’y adhérais. »
Cruz lui a répondu que c’était « exactement ce que signifie ‘liker‘. »
Interrogé par McCormick pour savoir s’il partageait « la conviction du président Trump selon laquelle Israël est et doit être la patrie nationale du peuple juif », Ghalib a éludé : « Je pense que nous pouvons coexister dans la région, et c’est là la réponse, que tout le monde a le droit d’exister maintenant », a-t-il répondu. « Je fais confiance aux politiques du président et je les soutiendrai. »
À la fin de l’audience, Cruz a annoncé qu’il voterait contre sa confirmation, compromettant ainsi la nomination de Ghalib.
Le maire avait rallié Trump après avoir soutenu le mouvement « Uncommitted », qui critiquait le soutien de l’ancien président Joe Biden à Israël. Lors d’une rencontre préalable avec Trump, Ghalib a affirmé que les deux hommes avaient discuté d’un cessez-le-feu à Gaza. L’État du Michigan, où vit une importante population arabe, s’est ensuite majoritairement rallié à Trump.
Lors de la même audition, un autre candidat, Leo Bozell, pressenti pour le poste d’ambassadeur en Afrique du Sud, s’est engagé à pousser Pretoria à retirer sa plainte pour génocide contre Israël devant la Cour internationale de justice.
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