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Les US et l’Iran parviennent à un protocole d’accord qui inclurait le Liban ; Trump : Ormuz va rouvrir

L'accord-cadre prévoirait le déblocage de 12 Mds de $ en faveur de l'Iran ; les négociations sur le nucléaire débuteront après la signature du mémorandum vendredi en présence de JD Vance et Mohammad Ghalibaf

Le président américain Donald Trump et la Première dame Melania Trump lors de l'UFC Freedom 250, à la Maison Blanche, à Washington, le 14 juin 2026. (Crédit :Chris Graythen/Getty Images/AFP)
Le président américain Donald Trump et la Première dame Melania Trump lors de l'UFC Freedom 250, à la Maison Blanche, à Washington, le 14 juin 2026. (Crédit :Chris Graythen/Getty Images/AFP)

Lundi matin, des responsables américains et iraniens ont déclaré être parvenus à un accord-cadre visant à mettre fin à leur conflit. Celui-ci devrait entraîner la levée du blocus américain contre l’Iran, la réouverture du détroit d’Ormuz et le lancement de 60 jours de négociations sur le programme nucléaire de Téhéran.

Toutefois, le président américain Donald Trump aurait menacé de reprendre les attaques contre l’Iran si un accord sur le nucléaire n’était pas trouvé.

Le protocole d’accord, qui doit être signé vendredi en Suisse, mettra officiellement fin à la guerre lancée fin février par les États-Unis et Israël contre le régime iranien, qui s’était ensuite élargie à tout le Moyen-Orient. Selon des sources iraniennes et pakistanaises, ce mémorandum prévoit également un cessez-le-feu dans le conflit opposant Israël au groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah.

« L’accord avec la République islamique d’Iran est désormais conclu », a écrit Trump sur Truth Social dimanche soir.

« Félicitations à tous ! J’autorise par la présente l’ouverture sans restriction du détroit d’Ormuz et, simultanément, la levée immédiate du blocus naval des États-Unis. Navires du monde entier, démarrez vos moteurs. Que le pétrole coule à flots ! »

Selon l’une des missions diplomatiques de Téhéran, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a déclaré que les parties s’étaient mises d’accord sur « la fin immédiate et définitive de la guerre et de toutes les opérations militaires sur divers fronts, y compris au Liban ».

Des policiers marchant devant une bannière représentant le drapeau du régime iranien, sur la place de la Révolution islamique, à Téhéran, en Iran, le 14 juin 2026. (Crédit : Vahid Salemi/AP)

Cette entente a été annoncée pour la première fois par le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, qui a joué le rôle de médiateur. Dans un communiqué, il a déclaré que le protocole d’accord prévoyait « la cessation immédiate et définitive des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban ».

Lundi matin, les dirigeants israéliens n’avaient pas encore réagi publiquement à cette annonce. Cependant, les grandes lignes de ce mémorandum ont suscité une profonde inquiétude chez les responsables israéliens.

Israël, bien qu’ayant déclenché la guerre aux côtés des États-Unis, n’a pas participé aux négociations sur cet accord. Les éléments rapportés ne permettent pas d’atteindre les objectifs de la guerre fixés par les États-Unis et Israël, notamment l’élimination du programme nucléaire iranien, l’épuisement de son stock de missiles balistiques, la fin de son soutien aux groupes terroristes et la création des conditions propices à la chute du régime.

Les termes précis du protocole d’accord ne sont pas encore connus, mais selon des informations transmises par l’agence de presse iranienne Mehr, ils prévoient l’ouverture du détroit d’Ormuz, une voie d’approvisionnement pétrolier mondiale clé que l’Iran a bloquée, ainsi que la levée du blocus américain sur les ports iraniens.

Le président américain a publié des messages sur les réseaux sociaux : « Avec l’ouverture du détroit dès la signature de l’accord, vendredi, pour le déminage, le pétrole circulera à nouveau dans les deux sens pour la région et le monde entier ! »

Cependant, l’Iran n’a pas confirmé que le détroit resterait ouvert indéfiniment sans péage, et revendique depuis longtemps son droit de contrôler cette voie navigable cruciale, sujet de discorde majeur dans les négociations. Il n’y a pas eu non plus de confirmation que des mines aient été posées dans le détroit.

Les prix du pétrole ont chuté à l’annonce de l’accord. Les contrats à terme sur le Brent ont reculé de 4 % en début de séance lundi, tandis que le West Texas Intermediate américain a chuté de plus de 4,6 %.

Le protocole d’accord prévoirait également le déblocage de 12 milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés, puis de 12 milliards supplémentaires, ainsi que la suspension des sanctions visant les secteurs pétrolier et énergétique iraniens. La chaîne CBS a toutefois rapporté que des responsables de l’administration Trump contestaient l’affirmation selon laquelle l’Iran recevrait immédiatement ces fonds. L’administration Trump avait précédemment déclaré que tout déblocage de fonds iraniens n’aurait lieu qu’une fois que l’Iran aurait rempli certaines conditions.

Des piétons passant devant une affiche représentant le guide suprême iranien éliminé, l’ayatollah Ali Khamenei (à gauche), et le défunt chef révolutionnaire, l’ayatollah Khomeini, sur un trottoir de la place de la Révolution islamique, à Téhéran, en Iran, le 14 juin 2026. (Crédit : Vahid Salemi/AP)

Dans le cadre de cet accord, les États-Unis s’engageraient à ne pas s’ingérer dans les affaires intérieures de l’Iran, tandis que ce dernier s’engagerait à ne pas se doter d’armes nucléaires. Un responsable iranien a déclaré à Reuters que Téhéran avait accepté de maintenir le statu quo nucléaire, notamment en s’abstenant d’enrichir l’uranium ou d’étendre ses installations nucléaires, jusqu’à la conclusion d’un accord définitif.

Un responsable américain, qui s’est exprimé avant l’annonce de l’accord, a déclaré que celui-ci conduirait, à terme, au démantèlement du programme nucléaire iranien, avec la destruction et l’élimination de ses stocks d’uranium hautement enrichi. Un haut responsable iranien a déclaré que le projet d’accord permettrait à l’Iran, qui nie chercher à se doter de la bombe atomique, de diluer son uranium enrichi sur son territoire.

Cette annonce a fait suite à une flambée des tensions régionales qui a fait craindre une reprise des tirs de missiles iraniens contre Israël. Dimanche, Israël a tiré sur Beyrouth en réponse à une attaque du Hezbollah dans le nord du pays. Cela a suscité des craintes que l’Iran ne riposte, comme il l’avait fait la semaine dernière après une frappe israélienne sur Beyrouth.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré tenir les États-Unis pour responsables de cette attaque. L’Iran a mis en garde contre une « riposte forte » et son haut commandement militaire interarmées a déclaré que le « doigt [était] sur la gâchette », prêt à tirer sur le « cœur de l’ennemi ».

Selon le New York Times, l’Iran aurait toutefois annulé une riposte prévue sous la pression de Trump et afin d’éviter une escalade des tensions régionales, ce qui aurait accéléré la conclusion du protocole d’accord.

Alors que les négociations avec l’Iran en étaient à leur phase finale, Trump a condamné la frappe israélienne sur Beyrouth et s’en est pris au Premier ministre Benjamin Netanyahu devant plusieurs journalistes.

Dimanche, il a déclaré à Axios que Netanyahu « n’avait aucun jugement ». Après l’annonce de l’accord, il a de nouveau critiqué le Premier ministre dans les colonnes du New York Times, affirmant qu’Israël devrait être reconnaissant envers les États-Unis.

« C’est un type très difficile », a déclaré Trump au New York Times à propos de Netanyahu.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu sortant de son bureau de la Knesset, à Jérusalem, le 3 juin 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Et pour être honnête avec vous, il devrait nous être très reconnaissants d’avoir fait cela. Car si l’Iran disposait d’une arme nucléaire, Israël n’existerait plus au bout de deux heures. »

Dimanche soir, Trump aurait déclaré à Netanyahu, au téléphone, qu’un accord avec l’Iran pourrait être imminent, a rapporté la chaîne N12. Netanyahu aurait quitté une réunion du cabinet en cours pour tenir cette conversation téléphonique.

La guerre a débuté le 28 février par des frappes conjointes américano-israéliennes qui ont éliminé le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, blessé son fils et successeur, Mojtaba, ainsi que d’autres dirigeants iraniens. L’Iran a riposté en tirant des missiles sur Israël et sur des cibles dans le Golfe.

Au cours de la guerre, 21 civils israéliens et étrangers ont été tués en Israël par des missiles balistiques iraniens, ainsi que quatre Palestiniennes en Cisjordanie. Les combats ont en grande partie cessé avec le cessez-le-feu entré en vigueur en avril.

Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, à Islamabad, au Pakistan, le 11 avril 2026. (Crédit : Bureau du Premier ministre pakistanais via AP)

La cérémonie de signature du mémorandum devrait avoir lieu vendredi à Genève, en Suisse. Le vice-président américain, JD Vance, a déclaré dimanche qu’il comptait assister à la cérémonie, mais que Trump pourrait également y être présent.

« J’ai bien l’intention d’y être, mais il est possible que le président lui-même soit présent », a déclaré Vance à Fox News.

Il a ajouté que cet accord empêcherait l’Iran de se doter de l’arme nucléaire, ferait baisser les prix de l’énergie et « transformerait fondamentalement le Moyen-Orient pour les cinquante prochaines années ».

L’Iran devrait être représenté par son principal négociateur et président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf. Il s’agirait ainsi de la première rencontre au plus haut niveau entre responsables iraniens et américains depuis la Révolution islamique de 1979.

Dans un message publié sur Truth Social, Trump a écrit : « Cet accord historique apportera la paix et la sécurité à toute la région. »

Il a ajouté : « De nombreux présidents ont tenté de faire la paix avec l’Iran, et tous ont échoué avant moi. Les dirigeants de la région ont, pour la première fois, trouvé un président capable de les aider à instaurer une paix véritable. »

Cependant, selon le New York Times, Trump aurait déclaré que si l’Iran ne parvenait pas à conclure un accord nucléaire définitif avec les États-Unis, il relancerait les attaques militaires contre Téhéran ou ferait des États-Unis « le gardien du Moyen-Orient » en échange de 20 % des revenus de la région.

La guerre contre la République islamique d’Iran constitue un handicap politique pour Trump et ses collègues républicains au Congrès, les sondages d’opinion montrant que les Américains sont profondément frustrés par la hausse des prix de l’essence à l’approche des élections de mi-mandat de novembre. Cependant, Trump subit également des pressions de la part de membres de son propre parti qui insistent pour que le programme nucléaire iranien soit complètement démantelé.

Le sénateur américain Lindsey Graham, républicain de Caroline du Sud, s’adressant aux médias alors que le cabinet Trump informe les membres du Congrès sur l’Iran, au Capitole, à Washington, le 3 mars 2026. (Crédit : Anna Moneymaker/Getty Images/AFP)

Le sénateur républicain américain Lindsey Graham, figure de proue des faucons anti-régime iranien, a salué l’accord, mais a déclaré qu’il « suivrait de près » les négociations à venir sur le programme nucléaire iranien.

« En vertu de notre législation, tout accord nucléaire avec l’Iran devra être soumis au Congrès pour examen et vote », a-t-il souligné.

« Félicitations à tous pour nous avoir permis d’en arriver là. »

Au cours de son premier mandat, Trump s’était retiré de l’accord multilatéral de 2015 avec l’Iran, connu sous l’acronyme JCPOA, négocié par l’ancien président démocrate Barack H. Obama. Cet accord levait les sanctions contre Téhéran en échange de restrictions sur son programme nucléaire, y compris des inspections internationales.

Le vice-président américain JD Vance s’adressant aux journalistes à son arrivée à la base militaire d’Andrews, dans le Maryland, le 28 mai 2026. (Crédit : Matt Rourke/Pool/AFP)

L’Iran a réagi en intensifiant l’enrichissement de son uranium, produisant plus de 400 kilogrammes de matière d’une pureté proche de celle requise pour fabriquer une bombe. Le sort final de cet uranium sera probablement un point clé des pourparlers à venir.

Ce mémorandum a été salué par les dirigeants mondiaux. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a déclaré qu’il s’agissait d’une « étape cruciale » vers la résolution du conflit au Moyen-Orient.

Le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et l’Italie ont déclaré être prêts à lever les sanctions imposées à l’Iran et à travailler « avec les États-Unis, l’Iran et les partenaires régionaux pour saisir cette occasion, maintenir l’élan et parvenir à un règlement diplomatique à long terme ».

Cependant, lors de rassemblements pro-régime organisés samedi soir à travers l’Iran, des habitants et des agences de presse ont rapporté que les partisans de la ligne dure, opposés à l’accord-cadre, avaient exprimé bruyamment leur mécontentement.

Un habitant de la ville de Mashhad, dans le nord-est du pays, a déclaré à Reuters que certains manifestants scandaient « Mort aux compromis », en référence manifeste au ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.

Selon le New York Times, l’Iran a attendu jusqu’à lundi matin, heure locale, pour confirmer l’accord, afin de ne pas le faire le jour du 80ᵉ anniversaire de Trump.

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