Les US et l’Iran semblent avoir mis fin aux frappes après 13 jours d’attaques réciproques
Les violences se poursuivent dans le cadre de la recrudescence des tensions entre l'Arabie saoudite et les Houthis soutenus par l'Iran : les Saoudiens ont frappé un port et les rebelles yéménites ont visé contre des installations pétrolières saoudiennes
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L’Iran n’a signalé aucune frappe dans la nuit de vendredi à samedi – ce qui semble marquer une accalmie après près de deux semaines consécutives d’attaques nocturnes américaines. Les tensions restent toutefois vives dans le sillage d’une récente escalade autour de la prise de contrôle, par Téhéran, du détroit stratégique d’Ormuz et d’un échange de tirs qui aurait eu lieu entre l’Arabie saoudite et les rebelles houthis, un groupe terroriste soutenu par l’Iran au Yémen.
Le porte-parole du ministère iranien de la Santé, Hossein Kermanpour, a écrit un message sur le réseau social X qui indiquait que « l’Iran avait passé une nuit paisible », sans qu’aucune attaque n’ait été signalée. Le Commandement central américain n’a pas répondu à une demande de commentaire. Toutefois, contrairement aux treize nuits précédentes, il n’a pas annoncé de nouveux bombardements.
Les sirènes ont retenti à plusieurs reprises aux premières heures de la matinée de samedi dans les provinces saoudiennes de Yanbu et de Jizan, qui abritent des installations pétrolières cruciales sur la mer Rouge, selon la Défense civile saoudienne. Cette dernière a fait savoir que les sirènes avaient été déclenchées en raison d’un « danger potentiel » qui avait ensuite été levé, sans fournir plus de détails. Ces sirènes semblent avoir été provoquées par des tirs de missiles en provenance du Yémen.
Bahreïn a également déclenché des alertes aux missiles samedi, en tout début de matinée. Aucune victime n’a néanmoins été signalée.
Un cessez-le-feu fragile, qui semblait avoir mis un terme aux opérations majeures dans ce conflit qui avait été déclenché par les attaques américaines et israéliennes contre l’Iran, avait semblé s’effriter au début du mois de juillet. L’Iran avait été accusé d’avoir frappé trois navires dans le détroit. Les États-Unis avaient riposté en frappant des dizaines de cibles en Iran, et la république islamique, en représailles, s’en était pris aux États arabes de la région.
Le détroit d’Ormuz, une voie de transit déterminante s’agissant des approvisionnements énergétiques mondiaux, qui est effectivement bloqué par les attaques iraniennes, est au cœur du conflit. Vendredi, l’armée américaine a ouvert le feu en direction d’un navire marchand dans le golfe d’Oman qui tentait de briser son nouveau blocus des ports iraniens, tandis que l’Iran a pris pour cible les pays arabes du Golfe alliés aux États-Unis.
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont indiqué, dans la journée de samedi, que leurs forces avaient intercepté quatre navires qui tentaient de traverser le détroit stratégique d’Ormuz au cours des dernières vingt-quatre heures.
« Quatre navires qui avaient l’intention de transiter par la partie sud du détroit d’Ormuz via une route illégale et dangereuse ont été interceptés au cours des dernières vingt-quatre heures après que des tirs d’avertissement ont été effectués par la marine du Corps des gardiens de la révolution islamique », ont-ils annoncé dans un communiqué qui a été cité par la télévision d’État, ajoutant que les navires avaient par la suite « modifié leur cap ».
Il est difficile de dire si l’arrêt des attaques a marqué un retour à la diplomatie ou s’il s’agit simplement d’une pause avant une reprise du conflit.
Le président américain Donald Trump a annoncé, vendredi, qu’il n’avait pas encore décidé s’il allait lancer des frappes de grande envergure contre l’Iran, Téhéran se montrant désormais « sérieux » dans le cadre des négociations avec Washington.
Ses propos ont suivi des informations qui avaient laissé entendre que Trump, de plus en plus frustré, avait rencontré ses principaux conseillers pour discuter du lancement d’une opération militaire de grande envergure contre l’Iran.
« Non, je ne l’ai pas fait », a répondu Trump, dans le bureau ovale, aux journalistes qui lui demandaient s’il avait pris une décision. « Écoutez, nous sommes en pourparlers avec eux en ce moment même. Je pense qu’ils se montrent de plus en plus sérieux au fil des jours, peut-être pour une raison évidente ».
Trump a expliqué que l’Iran avait le choix entre la conclusion d’un accord ou la perspective d’attaques d’une « ampleur bien plus grande », après près de deux semaines de bombardements américains et de ripostes iraniennes dans toute la région, qui ont réduit le cessez-le-feu à néant.
« Nous sommes prêts à passer à l’action. Mais nous sommes en pourparlers avec eux, donc je pense que tant que nous discutons… nous verrons ce qu’il en ressortira. Je crois qu’ils sont très sérieux. Ils ont intérêt à l’être », a dit le président américain.
Les ambassades américaines au Moyen-Orient ont également averti vendredi les Américains présents dans la région que les possibilités de départ pourraient se réduire, alors que les Gardiens de la révolution iraniens ont conseillé aux résidents des pays voisins de se tenir à l’écart des bases qui abritent des soldats américains.
Reprise des affrontements entre l’Arabie saoudite et les Houthis
Mais alors que l’Iran a connu une nuit calme, le conflit a montré des signes d’intensification au Yémen voisin.
Les Houthis, alliés de Téhéran, ont pris pour cible deux pétroliers saoudiens en mer Rouge cette semaine, faisant craindre que le groupe ne tente à nouveau de bloquer les voies maritimes de cette dernière. En réponse, l’Arabie saoudite a frappé la ville portuaire de Hodeïda au Yémen, a déclaré samedi matin la coalition dirigée par l’Arabie saoudite au Yémen.
Par ailleurs, les systèmes de défense antiaérienne saoudiens ont intercepté, dans la journée de samedi, deux missiles balistiques qui avaient été lancés depuis le Yémen et qui visaient des raffineries de pétrole à Yanbou, sur la mer Rouge, ont expliqué des sources de sécurité grecques à Reuters.
La protection civile saoudienne avait émis plusieurs alertes pour Yanbou avant d’annoncer que le danger était passé. Elle a également émis une alerte pour la ville portuaire de Jizan, située à environ 1 000 km au sud, aux abords de la frontière yéménite.
Aucun bilan officiel n’a été communiqué. Toutefois, des images provenant de Jizan ont montré des panaches de fumée noire s’élevant dans les airs depuis la raffinerie d’Aramco à Jizan.
Le système de défense antiaérienne a été géré par des militaires grecs, ont indiqué ces sources. La Grèce a déployé en Arabie saoudite depuis 2021 une batterie de défense aérienne Patriot de fabrication américaine, dans le cadre d’un accord visant à contribuer à la protection des infrastructures énergétiques du royaume.
Plus tard dans la journée de samedi, le système Patriot grec a également abattu un drone dans la région de Yanbu qui avait été lancé depuis le Yémen, ont fait savoir des sources de sécurité grecques.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a nié, dans la journée de samedi, toute implication de l’Iran dans l’escalade du conflit au Yémen et il a appelé au dialogue.
« Nous estimons qu’il n’existe pas de solution militaire à la question du Yémen, de Bab el-Mandab et aux autres problèmes régionaux », a affirmé Araghchi dans une interview qui a été publiée samedi par le journal d’État Iran Daily, appelant au « dialogue ».
Il a ajouté que la situation au Yémen « ne peut être imputée à l’Iran » et que les incidents survenant dans la zone du détroit de Bab el-Mandab « trouvent leur origine dans d’anciens différends et problèmes entre le Yémen, l’Arabie saoudite et les pays de la région ».
Selon certaines sources, l’Iran aurait demandé aux Houthis de bloquer le détroit de Bab al-Mandab si les États-Unis devaient s’en prendre aux centres énergétiques iraniens, et la république islamique aurait envoyé des officiers des gardiens de la révolution ainsi que du matériel au Yémen.
La reprise du conflit entre les Houthis au Yémen et l’Arabie saoudite — conflit qui était resté largement gelé depuis une trêve négociée par l’ONU en 2022 — a éclaté ce mois-ci, les rebelles soutenus par Téhéran ayant déclaré un blocus des ports saoudiens et revendiqué des attaques contre des pétroliers.
Ce blocus menace la capacité de l’Arabie saoudite à acheminer ses approvisionnements vers le reste du monde, alors que l’Iran impose parallèlement un blocus du détroit d’Ormuz, la seule autre voie maritime du royaume.
Vendredi, un porte-parole houthi a expliqué que les rebelles ne bloquaient pas le trafic dans le détroit de Bab el-Mandeb et que le blocus maritime « n’affectait que le côté saoudien ».
La guerre a jusqu’à présent fait plus de 3 400 morts en Iran, selon le ministère iranien de la Santé. Dix-huit militaires américains et 24 civils en Israël ont été tués, et un nombre plus restreint de civils aurait trouvé la mort dans différents pays de la région.
Au Liban, plus de 4 000 personnes ont perdu la vie, selon des chiffres qui ne font pas la distinction entre civils et terroristes, ainsi que 38 soldats israéliens, après que le groupe armé du Hezbollah, soutenu par l’Iran, a tiré sur Israël en soutien à la république islamique.
Israël affirme, de son côté, avoir tué plus de 2 500 membres du Hezbollah.
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