Les US prêts à révoquer les visas des Palestiniens si leur représentant brigue un haut poste à l’ONU
Selon un câble du Département d'Etat, la candidature de Riyad Mansour, à la présidence de l'AG "exacerbe les tensions" et pourrait compromettre le plan de paix de Trump pour Gaza
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Selon un câble interne du Département d’État dont le contenu a été divulgué aux médias, les États-Unis prévoient de menacer de révoquer les visas de la délégation palestinienne à l’ONU si le représentant de celle-ci se porte candidat à la vice-présidence de l’Assemblée générale.
Dans un câble en date de mercredi et révélé pour la première fois par NPR, les diplomates américains présents à l’ambassade de Jérusalem ont reçu pour instruction de communiquer le message suivant : la candidature de l’ambassadeur palestinien auprès de l’ONU, Riyad Mansour, à la présidence de l’Assemblée générale « exacerbe les tensions » et pourrait compromettre le plan de paix de Trump pour Gaza. Elle s’exposerait donc, si elle était maintenue, à des représailles de la part de Washington.
D’après un responsable américain interrogé par le Times of Israel, ce message n’a en réalité pas encore été transmis à Ramallah. La mission palestinienne n’a en effet pas encore déposé sa candidature, et rien ne permet de savoir si elle le fera.
« Soyons clairs : nous tiendrons l’Autorité palestinienne pour responsable si la délégation palestinienne ne retire pas sa candidature au poste de vice-président de l’Assemblée générale des Nations unies », peut-on lire dans ce câble, classé sensible mais non confidentiel.
L’année dernière, l’administration du président américain Donald Trump avait refusé d’accorder des visas au président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et à sa délégation afin qu’ils puissent assister à l’Assemblée générale des Nations unies, protestant ainsi contre leur intention de participer à cet événement visant à promouvoir la solution à deux États et la reconnaissance unilatérale d’un État palestinien. Cette mesure d’une portée considérable est généralement réservée aux adversaires les plus acharnés de Washington.
« Il serait regrettable de devoir réexaminer toutes les options disponibles », est-il indiqué dans le câble de mercredi.
Interrogé à ce sujet, le Département d’État n’a pas nié l’existence de ce câble, mais a refusé de commenter son contenu.
« Nous prenons très au sérieux nos obligations au titre de l’Accord relatif au siège de l’ONU », a affirmé le Département d’État. « En vertu du secret des dossiers de visa, nous ne ferons aucun commentaire sur les mesures prises par le Département concernant des cas spécifiques. »
La mission palestinienne auprès de l’ONU a refusé de commenter.
Mansour avait déjà retiré sa candidature à la présidence de l’Assemblée générale en février sous la pression des États-Unis, dit le câble, qui ajoute que s’il était élu à la vice-présidence, un poste moins en vue, Mansour pourrait tout de même être amené à présider des sessions de l’Assemblée générale.
« Il existe donc toujours un risque que les Palestiniens puissent présider des séances de l’Assemblée générale lors de la 81e session – à moins qu’ils ne se retirent de la course », explique le câble, évoquant la 81e semaine annuelle de session de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations unies, prévue en septembre.
« Dans le pire des cas, le prochain président de l’Assemblée générale pourrait aider les Palestiniens à présider des séances de grande envergure consacrées au Moyen-Orient ou organisées pendant la semaine de haut niveau de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies », poursuit le document.
L’élection du président de l’Assemblée générale des Nations unies et des 16 délégations qui occuperont les postes de vice-présidents se tiendra le 2 juin.
L’Autorité palestinienne, qui représente le peuple palestinien aux Nations unies, où la délégation est officiellement connue sous le nom d’État de Palestine, n’est pas membre à part entière et ne dispose d’aucun droit de vote au sein de l’Assemblée générale, qui compte 193 membres.
Il s’agit d’un État observateur, bénéficiant du même statut que le Saint-Siège (Vatican).
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