L’Hebrew Union College estime que le procès intenté par l’État de l’Ohio porte atteinte à ses droits
Cette décision marque le dernier épisode du conflit entre le séminaire rabbinique réformé et le procureur général de l'État, qui accuse le HUC d'avoir violé la loi sur les organismes à but non lucratif en supprimant des programmes diplômants sur son campus de Cincinnati
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JTA — Vendredi, le séminaire rabbinique principal du mouvement réformé a déposé une requête en irrecevabilité du procès intenté par l’État de l’Ohio contre l’établissement, affirmant que cette action était contraire à la « doctrine religieuse juive fondamentale ».
Cet épisode marque la dernière escalade en date dans la bataille acharnée que se livrent le Hebrew Union College et le bureau du procureur général de l’État. Ce dernier accuse le HUC d’avoir enfreint la législation sur les organisations à but non lucratif en supprimant des programmes diplômants sur son campus historique de Cincinnati.
Pour le HUC, cette action en justice « constitue une violation du Premier amendement, en ce qu’elle mêle les affaires publiques et la religion ».
La procédure avait initialement été engagée en avril par Dave Yost, alors procureur général de l’Ohio. Il s’agissait de sa deuxième action en justice contre l’établissement, suite au projet controversé du HUC de mettre fin à ses activités à Cincinnati au profit de ses campus de New York et de Los Angeles. Selon Yost, les actions du HUC à Cincinnati étaient susceptibles d’induire ses donateurs en erreur : l’établissement aurait quitté une ville dans laquelle il menait activement des collectes de fonds pour financer ses activités, et il aurait également enfreint ses propres statuts, qui stipulent que l’école doit « maintenir à titre permanent » une présence sur place.
L’État demande donc la saisie des actifs du HUC dans l’Ohio et leur transfert à une nouvelle organisation à but non lucratif, dont le choix reste à déterminer, mais dont la mission serait similaire. Une école rabbinique nouvellement créée, fondée par d’anciens élèves du HUC, affirme vouloir les récupérer.
Une telle démarche « constitue une attaque inconstitutionnelle et illégale du gouvernement contre la religion », peut-on lire dans la requête du HUC.
Et de poursuivre : « Le procureur général n’a pas à dicter à des institutions telles que le HUC ce qu’elles doivent décider en matière religieuse. La Cour doit rejeter cette tentative d’ingérence dans les affaires religieuses et mettre fin à la procédure, laquelle est inconstitutionnelle et illégale. »
Le HUC fait également valoir que sa décision de fermer le campus de Cincinnati a été prise dans le plein respect de la loi. Il précise qu’il entend conserver les autres actifs du campus, notamment la bibliothèque Klau, les Archives juives américaines et le musée Skirball. En outre, évoquant un passage de la Torah selon lequel « Dieu viendra vers son peuple partout où celui-ci l’accueillera », l’établissement assure que la prise en compte des « réalités démographiques juives » fait partie de sa mission religieuse.
« Ces décisions ont été prises de manière réfléchie et responsable, afin d’assurer la réussite à long terme de l’institution et de préserver notre capacité à continuer de former de solides responsables juifs », a souligné Andrew Rehfeld, président du HUC, dans un communiqué accompagnant la requête. Le procès, a-t-il dit, « tente de manière abusive de se mêler des décisions d’une organisation religieuse. Une telle situation ne peut rester sans réponse ».
Cette semaine, par ailleurs, Yost a lui-même démissionné de son poste de procureur général pour rejoindre l’Alliance Defending Freedom, un groupe juridique chrétien conservateur qui, en 2022, avait représenté une agence d’adoption du Tennessee ayant refusé de confier un enfant à un couple juif. Le procès contre le HUC suit son cours, sous l’égide du bureau du procureur général de l’État.
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