L’homme soupçonné d’avoir cherché à tuer la procureure-générale sera libéré vendredi
Le juge a ordonné le maintien en détention du suspect pour une journée supplémentaire, après que la police a demandé son placement en détention provisoire pour une semaine
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Un homme soupçonné d’avoir proféré des menaces de mort à l’encontre de la procureure-générale Gali Baharav-Miara restera en détention pendant encore vingt-quatre heures, a annoncé la police dans la journée de jeudi, après qu’un juge a rejeté la demande soumise par les forces de l’ordre qui appelaient à le garder derrière les barreaux pendant une semaine supplémentaire.
Le suspect, un habitant de Jérusalem âgé de 36 ans dont le nom n’a pas été révélé, aurait envoyé mercredi une lettre à l’ancien grand rabbin Yitzhak Yosef pour lui demander l’autorisation de tuer la procureure générale, une personnalité très impopulaire chez les Israéliens de droite et ultra-orthodoxes.
Il est soupçonné d’avoir demandé à Yosef de prononcer un din rodef contre Baharav-Miara – un décret religieux appliqué aux auteurs d’infractions graves qui sont considérés comme représentant un danger imminent et mortel pour autrui. Selon la loi juive, il est permis d’arrêter un rodef par tous les moyens, même si cela implique de lui ôter la vie.
Ce terme était devenu tristement célèbre dans l’Histoire politique israélienne après que Yigal Amir, l’assassin du Premier ministre Yitzhak Rabin, l’a invoqué pour justifier son meurtre au mois de novembre 1995. Il n’a toutefois aucune valeur juridique en Israël.
« Les erev rav profanent le nom des cieux par leurs actions contre le monde de la Torah, je suis prêt à tuer la procureure-générale si j’en reçois l’autorisation des trois anciens de la génération. Sans cette autorisation, je ne le ferai pas », avait écrit l’homme dans sa lettre, selon le site d’information Ynet, utilisant un terme désignant les non-Israélites qui avaient participé à l’Exode biblique hors d’Égypte.
La police avait arrêté le suspect à son domicile quelques heures après que la lettre a été signalée. L’homme a finalement comparu dès le lendemain devant le tribunal de première instance de Jérusalem, et les enquêteurs ont alors demandé aux juges qu’il soit maintenu en détention pour une semaine supplémentaire.
« Le suspect s’est rendu au domicile du rabbin Yosef et il a demandé à s’entretenir avec lui. Lorsqu’il a été refoulé, il a remis une lettre dans laquelle il exprimait son désir de tuer la procureure-générale », a expliqué le représentant de la police lors de l’audience, selon Ynet.
Il a ajouté que la police avait saisi des ordinateurs et des téléphones portables au domicile du suspect et qu’elle tentait de déterminer si d’autres personnes étaient impliquées.
Mais la juge Miriam Charka a ordonné que le suspect reste en détention jusqu’à vendredi matin à dix heures. Il sera ensuite libéré.
L’avocat du détenu a plaidé avec véhémence la cause de son client lors de l’audience, affirmant qu’il n’avait pas eu l’intention d’assassiner Baharav-Miara puisqu’il n’avait pas reçu l’autorisation de Yosef pour le faire.
Il a demandé à la magistrate de remettre en liberté son client et de le placer en résidence surveillée, invoquant ses antécédents psychiatriques. Il a insisté sur le fait qu’aucune menace tangible ne planait sur la vie de la procureure-générale.
« Même s’il s’agit d’un acte répréhensible sur le plan moral et éthique, nous restons dans le domaine du droit pénal », a déclaré Idan Butbul, l’avocat. « Le suspect a contacté le rabbin avec d’une enveloppe scellée, sans intention directe, et il lui a posé une question. Dans ces circonstances, cet acte ne constitue pas une menace criminelle ».
Charka a laissé entendre que le suspect avait pu avoir l’intention d’intimider Baharav-Miara avec sa lettre. « Le suspect ne s’est pas adressé à n’importe quel rabbin. Il est possible qu’il ait voulu intimider la procureure-générale », a-t-il noté.
Baharav-Miara a été régulièrement dénoncée par les membres du gouvernement actuel – gouvernement qui a voté au début du mois son licenciement, même si la Haute Cour de justice a immédiatement gelé cette décision afin d’examiner si la procédure de renvoi avait été conforme à la loi.
La procureure-générale a également provoqué la colère des responsables ultra-orthodoxes en renforçant les pressions exercées en faveur du service militaire des jeunes hommes de la communauté, exigeant de l’armée qu’elle envoie des milliers d’ordres d’incorporation aux étudiants des yeshivot et demandant l’arrestation de ceux qui cherchent à se soustraire à l’appel sous les drapeaux.
la Communauté du Times of Israël !







