Liban : l’ambassadeur américain salue la proposition du président de négocier avec Israël
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, en visite en Israël après s'être rendu à Beyrouth, a pour sa part appelé Téhéran à des "concessions majeures"
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L’ambassadeur des Etats-Unis au Liban, Michel Issa, a salué vendredi la proposition du président libanais d’entamer des négociations directes avec Israël pour mettre fin à la guerre avec le Hezbollah.
« Nous avons apprécié l’importance que le président de la République accordait à cette question et la responsabilité qui lui incombait de décider de rencontrer les Israéliens, car aucun accord ne peut être trouvé sans dialogue », a-t-il déclaré à des médias libanais, à l’issue d’une rencontre avec le patriarche maronite Béchara al-Raï à Beyrouth.
« Chaque partie a sa propre vision de la manière dont les réunions devraient débuter », a dit le diplomate.
« Concernant l’arrêt des frappes israéliennes sur le Liban, je ne crois pas qu’Israël ait décidé d’y mettre fin », a-t-il ajouté, estimant que « le Liban doit décider s’il doit rencontrer les Israéliens dans ces circonstances ».
Le président libanais Joseph Aoun a proposé le 9 mars « que le Liban et Israël entament des négociations directes sous parrainage international » pour mettre fin à la guerre entre Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah.
Il a aussi appelé de ses vœux « une trêve totale » avec Israël, suivie par une aide logistique à l’armée libanaise pour qu’elle puisse se déployer dans les zones de conflit et « désarmer le Hezbollah ».
Jeudi, lors d’une rencontre avec le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, à Beyrouth, le président Aoun a réitéré son appel à un cessez-le-feu et à l’ouverture de négociations avec Israël.
Le président français Emmanuel Macron avait estimé jeudi que la tenue d’éventuelles « négociations directes » entre Israël et le Liban dépendait du feu vert israélien.
Le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar a affirmé à la presse le 15 mars qu’aucune négociation directe n’était prévue avec le Liban.
Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars, en lançant des missiles sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué au premier jour de l’offensive israélo-américaine contre l’Iran.
Israël a répliqué en bombardant de vastes parties du Liban et en menant des opérations terrestres dans le sud, faisant plus de 1 000 morts. Un bilan fourni par les autorités locales qui ne fait pas de distinguo entre les combattants du Hezbollah et les civils.
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, en visite en Israël, a appelé vendredi Téhéran à des « concessions majeures », au 21e jour de la guerre israélo-américaine contre la République islamique.
« Quel que soit le résultat des opérations militaires en cours, il devra être complété par une solution politique produisant des effets durables », a déclaré M. Barrot lors d’un point presse à l’aéroport international Ben-Gourion de Tel-Aviv, dont la tenue a été retardée à plusieurs reprises par des alertes aux missiles en provenance d’Iran.
« A cet égard, le régime iranien doit se résoudre à des concessions majeures et à un changement radical de posture permettant (…) la coexistence pacifique de l’Iran avec son environnement régional », a déclaré M. Barrot.
Il avait auparavant évoqué « la stabilité régionale et internationale, pour laquelle le programme nucléaire du régime iranien, son programme balistique et son soutien à des groupes terroristes armés dans toute la région constituent de longue date un ensemble de défis et de menaces. »
« La stabilité de la région passe aussi par la mise en oeuvre du plan de paix présenté par les Etats-Unis d’Amérique à l’automne dernier pour Gaza : accès humanitaire sans entrave, désarmement du (mouvement terroriste islamiste palestinien) Hamas, restauration d’un horizon politique fondé sur la solution à deux États » (Israël et un Etat palestinien vivant en paix dans des frontières sûres et reconnues), a-t-il ajouté.
Mi-janvier, Washington avait annoncé le passage à la deuxième phase du plan du président Donald Trump visant à mettre fin définitivement à la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l’attaque d’une ampleur sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas sur le sol israélien.
Cette phase prévoit notamment un retrait israélien progressif de Gaza, le désarmement du Hamas et le déploiement d’une force internationale de stabilisation.
Jeudi, M. Barrot s’était rendu au Liban, où il a rencontré plusieurs dirigeants dont le président Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam. Il s’est ensuite entretenu vendredi à Jérusalem avec son homologue israélien, Gideon Saar.
Sur X, le chef de la diplomatie israélienne a dit avoir « longuement discuté de la guerre contre l’Iran, du Hezbollah » avec M. Barrot.
« J’ai également proposé que la France et l’UE (Union européenne) désignent l’organisation Hezbollah dans son ensemble comme une organisation terroriste (…) comme plusieurs pays européens l’ont déjà fait », a affirmé M. Saar.
A ce jour, seule la branche armée du Hezbollah figure sur la liste des organisations terroristes établie par l’UE.
Selon M. Barrot, « pour sortir de la guerre, il faudra tôt ou tard négocier un accord ». « L’exécutif libanais a marqué son ouverture (…) à des discussions directes » avec Israël, a-t-il poursuivi.
« C’est une opportunité historique que j’ai appelé mes interlocuteurs israéliens à saisir. »
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