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Lior Rudaeff inhumé à Nir Yitzhak ; sa famille salue son courage le 7-Octobre

Sa famille rend un dernier hommage au coordinateur adjoint de la sécurité du kibboutz, dont le corps a été rapatrié vendredi de Gaza : "Tu es là, tu es enfin chez toi"

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Les membres de la famille de Lior Rudaeff lors de ses funérailles, le 10 novembre 2025, au kibboutz Nir Yitzhak, après que son corps a été restitué par le Hamas. (Crédit : Uriel Even Sapir/Hostages Forum)
Les membres de la famille de Lior Rudaeff lors de ses funérailles, le 10 novembre 2025, au kibboutz Nir Yitzhak, après que son corps a été restitué par le Hamas. (Crédit : Uriel Even Sapir/Hostages Forum)

Après un cortège funèbre composé de motards du Magen David Adom et d’une ambulance offerte en son nom, Lior Rudaeff, volontaire des services de secours et coordinateur adjoint de la sécurité au kibboutz Nir Yitzhak, a été inhumé lundi au kibboutz, deux ans après avoir combattu les terroristes du Hamas sur ces lieux même.

Rudaeff a été tué au matin du 7 octobre 2023, alors qu’il combattait des terroristes du Jihad islamique palestinien dans le kibboutz. Son corps a été enlevé à Gaza. Pendant des mois, sa famille a pensé qu’il avait été kidnappé vivant. Ce n’est qu’en mai 2024 que l’armée israélienne a confirmé le décès de Rudaeff, 61 ans, au cours de l’attaque du 7-Octobre.

Sa dépouille a été restituée par le Hamas et rapatriée en Israël depuis Gaza vendredi, un mois après le début d’un cessez-le-feu contraignant le groupe terroriste à restituer tous les otages, morts et vivants. Rudaeff a été reconnu à titre posthume par l’armée israélienne comme soldat tombé au combat, avec le grade d’adjudant de réserve.

Rudaeff, 61 ans, laisse derrière lui sa femme, ses quatre enfants et son père.

Dans son éloge funèbre, sa femme, Yaffa Rudaeff, a déclaré que ce n’est pas la fin qu’elle avait espérée, mais que Lior aurait été fier de ses enfants qui se sont battus pour le ramener à la maison.

Yaffa Rudaeff pleure près du cercueil de son mari, Lior, lors de ses funérailles le 10 novembre 2025, au kibboutz Nir Yitzhak, après que son corps ait été restitué par le Hamas. (Crédit : Uriel Even Sapir/Hostages Forum)

« Tu es chez toi maintenant », a dit Yaffa Rudaeff. « Tu aurais été si fier de voir nos enfants faire preuve d’une telle force dans leur lutte pour te ramener. »

Elle s’est adressée à son mari en lui disant à quel point leurs enfants lui ressemblaient.

« Je te dis maintenant adieu pour toujours, toi qui étais la moitié de notre tout, le ciment de notre famille », a dit Yaffa Rudaeff.

Lior Rudaeff. (Autorisation)

« Merci pour ces 41 années passées ensemble, dans les bons comme dans les mauvais moments. Ton voyage dans ce monde s’est terminé bien trop tôt, et je veux te demander pardon, pardon d’avoir mis si longtemps et de ne jamais t’avoir vraiment dit adieu ce matin-là. »

Né en Argentine, Lior a suivi sa famille en Israël le jour de son 7e anniversaire. Ils se sont installés à Nir Yitzhak. Devenu un expert en mécanique, il a enseigné à tous les adolescents du kibboutz à conduire un tracteur et un chariot élévateur. Au cours des 18 dernières années de sa vie, Lior occupait un poste d’agent de sécurité routière dans une entreprise spécialisée dans la sécurité des transports.

La fille de Rudaeff, Noam Katz Rudaeff, a partiellement décrit ce qui s’est passé le 7 octobre 2023, alors que son père tentait de sauver les membres de son équipe d’intervention du kibboutz et que des dizaines de terroristes armés se rapprochaient de lui.

Le parcours au terme duquel son père est enfin rentré en Israël « a été trop long, trop douloureux, c’est un parcours sans fin heureuse – mais au moins, il a une fin ».

« Aujourd’hui, tu es chez toi, comme tu le mérites. Tu reposes dans cette terre que tu t’es engagé à défendre de tout ton cœur », a-t-elle souligné.

« La colère que cela te soit arrivé, que l’État n’ait pas été là, que l’armée — qui avait promis d’être là en quelques minutes — n’ait pas été là », dit Katz Rudaeff, ajoutant qu’il a une nouvelle petite-fille, « vive, tout comme toi ».

Son fils, Ben Rudaeff, a dit à son père qu’il avait tant de choses à lui raconter, sur ses voyages qu’il a entrepris en Thaïlande et en Inde pour affronter sa tristesse et son incapacité à affronter le monde.

« Dans quel genre de monde as-tu dû sacrifier ta vie ainsi ? », demande Ben Rudaeff. « Dans quel genre de monde t’enterrons-nous après deux ans ? Qui aurait cru que nous devrions nous battre pour te ramener ? »

Il a raconté à son père que tous les abris de la région sont devenus des lieux de mémoire, que la dépouille du lieutenant Hadar Goldin a finalement été rapatriée en Israël après une décennie, et que quatre autres corps d’otages sont toujours retenus à Gaza.

Nadav Rudaeff a confié à quel point la voix de son père, mais aussi ses réprimandes, ses étreintes vigoureuses, ses sourires et sa joie devant ses petits-enfants, ainsi que le cure-dent qu’il avait souvent dans la bouche lui manquaient.

« Nous nous sommes battus pour toi, papa. Tu ne croirais pas jusqu’où nous sommes allés et ce que nous avons fait pour toi », a dit Nadav Rudaeff, qui a pris une part active dans la lutte publique en faveur des otages. « Nous nous sommes battus pour toi, tout comme tu t’es battu pour nous en ce jour maudit. Tu étais toujours le premier à partir et le dernier à revenir. »

« Aujourd’hui, c’est enfin pour toi », a ajouté Nadav Rudaeff. « J’espère que quelque part, tu conduis un pick-up avec un chien à l’arrière, en écoutant à fond la musique que tu aimes. »

On pensait d’abord que Rudaeff avait été enlevé vivant et emmené à Gaza, mais en mai 2024, les autorités ont confirmé qu’il avait été tué le 7 octobre et que son corps avait été emporté. Sa famille avait alors organisé une cérémonie commémorative et observé le deuil, mais n’avait pas organisé de funérailles.

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