L’Iran offre gîte, couvert et transport pour attirer les foules aux funérailles de Khamenei
Un responsable du CGRI estime que le "châtiment divin" contre les États-Unis et Israël n’est "plus très loin" ; Araghchi apparaît aux côtés de représentants du Hamas et du Hezbollah
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Les autorités iraniennes souhaitent mobiliser des millions de personnes, ces prochains jours, afin de former de grands cortèges funéraires en l’honneur de l’ayatollah Ali Khamenei, le guide suprême assassiné. Elles ont décidé d’offrir transport, nourriture et hébergement, pour attirer davantage de participants et encourager une plus grande partie de la population iranienne, qui compte plus de 90 millions d’habitants, à assister aux commémorations.
Les autorités ont aussi décrété fériées les journées de dimanche et lundi à travers tout l’Iran, pour faciliter la venue des fidèles.
Pour accueillir les Iraniens venus de tout le pays, plus de 400 tentes du Croissant-Rouge ont été érigées dans un grand parc de la capitale, a constaté l’AFP. Et des camions-citernes ont été déployés pour rafraîchir la foule sous des températures dépassant les 35°C.
L’Iran prépare des cortèges funéraires de grande ampleur en l’honneur de Khamenei, qui a été tué en février dans les premières frappes aériennes de la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël, une façon d’afficher publiquement la ferveur révolutionnaire des Iraniens et leur attachement à l’État théocratique de la République islamique.
Par ailleurs, le chef de la marine du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien a averti que le « châtiment divin » contre les États-Unis et Israël n’était « plus très loin ».
« Nous sommes convaincus que le châtiment divin qui frappera les États-Unis terroristes et le régime sioniste illégitime n’est plus très loin, et que l’étendard de la vérité continuera à flotter au sommet de la dignité et de la puissance », a déclaré le contre-amiral Ali Ozmaei dans un communiqué publié à l’occasion des funérailles de l’ayatollah Ali Khamenei, des propos rapportés par les médias d’État iraniens.
« Ceux qui ont commis ce crime pensaient qu’ils pourraient entraver le chemin de la vérité. Au contraire, ils se sont exposés à la condamnation de l’histoire, ainsi qu’à la colère et au châtiment sévère de cette nation », ajoute-t-il, dans une référence à l’assassinat de Khamenei.
Ozmaei apparaît comme le successeur d’Alireza Tangsiri, qui a été tué dans une frappe aérienne israélienne en mars.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a pour sa part publié plusieurs photos sur lesquelles il apparaît aux côtés de représentants du Hamas et du Hezbollah venus assister aux funérailles.
Sur ces images, publiées sur la chaîne Telegram officielle d’Araghchi, on peut voir ce dernier assis aux côtés de Muhammad Ismail Darwish, président du Conseil de la Choura du Hamas – un organe consultatif confessionnel composé d’une cinquantaine de religieux, ainsi que d’autres responsables du Hamas et du Hezbollah – deux organisations terroristes soutenues par l’Iran.
Une foule massive a afflué samedi dans un vaste complexe de Téhéran pour un dernier adieu à Khamenei, au premier jour de funérailles nationales conçues comme une démonstration d’unité et de force après la guerre déclenchée par Israël et les Etats-Unis.
Quatre mois après la mort de l’ayatollah dans des frappes israélo-américaines, son cercueil, ceint du drapeau iranien et surmonté de son emblématique turban noir, est exposé dans l’enceinte de la Grande Mosalla, un site religieux et politique de la capitale iranienne.
Aux côtés du cercueil d’Ali Khamenei sont exposés ceux de ses proches tués avec lui au premier jour de la guerre : une de ses filles, un gendre, une belle-fille et une petite-fille, âgée de 14 mois, selon les autorités.
Pour la plupart vêtus de noir, des partisans y ont afflué samedi dès l’aube, avant même que la télévision d’Etat n’annonce vers 06H00 (02H30 GMT) le début de l’hommage public.
De nombreux participants brandissaient des drapeaux chiites rouges avec l’inscription « Martyr », selon un journaliste de l’AFP. D’autres banderoles rouges appelaient à la « vengeance » et à « #TuerTrump », au moment où les Etats-Unis célèbrent leur 250e anniversaire.
Les autorités iraniennes ont affirmé attendre entre 15 et 20 millions de personnes rien qu’à Téhéran pour ces funérailles, qui doivent se dérouler sur six jours.
En pleines négociations entre les Etats-Unis et l’Iran – après leur signature le mois dernier d’un accord-cadre pour mettre fin au conflit – le ministère des Affaires étrangères a exhorté samedi la population à participer massivement aux cérémonies, pour « montrer au monde la grandeur de l’Iran et la gloire de l’unité nationale et de l’autorité ».
Dimanche, une prière sera dite dans la matinée pour le défunt, ont-elles indiqué, sans préciser si elle serait dirigée par des dignitaires religieux ou des membres de sa famille.
Son fils et également ayatollah, Mojtaba Khamenei, qui lui a succédé début mars, n’est jusque là jamais apparu en public. Blessé dans les frappes qui ont tué son père, le dirigeant ne s’exprime que par des communiqués qui lui sont attribués.
Pour cet hommage, qui intervient six mois après d’importantes manifestations contre la vie chère et le pouvoir, le centre de Téhéran a été transformé en camp retranché, avec de nombreux barrages de police, a constaté l’AFP.
Professeur à l’université, Reza confie être venu « car nous avons promis au guide suprême de rester avec lui jusqu’au bout ». « Tout ce monde est là pour lui. Nous avons longtemps crié qu’on sacrifierait nos vies pour le guide mais c’est lui qui s’est sacrifié pour nous », dit à l’AFP cet homme de 37 ans.
Tué à 86 ans, Ali Khamenei a présidé pendant plus de trois décennies aux destinées de l’Iran.
« Je n’ai jamais eu la chance de voir le guide suprême de près et je le regrette. Aujourd’hui je suis venu pour lui dire un dernier adieu », affirme pour sa part Javad Akbari, 43 ans, employé dans une usine de produits alimentaires.
« L’assassinat de notre dirigeant ne signifie pas notre défaite. Nous nous vengerons », lance Seyyed Mohammad, un religieux chiite de 27 ans.
Plusieurs centaines de personnes avaient pris place dès vendredi soir devant la Grande Mosalla, certaines en pleurs.
Avant le lancement des cérémonies, Téhéran était toutefois plus calme que d’habitude, de nombreuses rues vidées du célèbre trafic de la capitale. Certains habitants ont confié à l’AFP à Paris avoir décidé de quitter la ville pendant toute la durée des obsèques.
Le cercueil d’Ali Khamenei sera exposé jusqu’à dimanche soir dans l’enceinte de la Grande Mosalla, avant une procession lundi dans les rues de la capitale.
Puis il fera escale dans plusieurs villes d’Iran et d’Irak, avant l’inhumation jeudi dans la ville sainte de Machhad (nord-est de l’Iran), dont il était originaire.
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