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L’Iran qualifie de « terrorisme économique » les sanctions américaines en préparation

Le Secrétaire américain au Trésor veut "abattre" le régime iranien avec des sanctions d'une sévérité inédite. Washington s'en prend au Hezbollah en raison de ses liens avec Téhéran

Des femmes passent devant un portrait de l'ancien guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, tué lors de frappes américano-israéliennes le 28 février, et des images du drapeau iranien, sur un trottoir du centre-ville de Téhéran, en Iran, le 20 août 2026. (AP Photo/Vahid Salemi)
Des femmes passent devant un portrait de l'ancien guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, tué lors de frappes américano-israéliennes le 28 février, et des images du drapeau iranien, sur un trottoir du centre-ville de Téhéran, en Iran, le 20 août 2026. (AP Photo/Vahid Salemi)

Jeudi, le ministère iranien des Affaires étrangères a condamné les récentes menaces de sanctions économiques et commerciales brandies par Washington, affirmant qu’elles visaient la population iranienne, relevaient d’un « terrorisme économique » et qu’elles étaient constitutives de crimes contre l’humanité.

Mercredi, le président américain Donald Trump a laissé entendre qu’il imposerait des sanctions économiques majeures à tout pays apportant une quelconque « aide à l’Iran », menaçant de se livrer à une guerre économique et de prendre des mesures d’isolement d’une ampleur sans précédent.

La diplomatie iranienne a réagi en faisant savoir que ces mesures ne feraient pas vaciller la détermination de Téhéran à défendre son indépendance, sa souveraineté et ses intérêts.

« Les sanctions économiques américaines à l’encontre de l’Iran, qui s’attaquent aux droits humains fondamentaux de chacun des citoyens iraniens, constituent indiscutablement un acte de “terrorisme économique” et de “crimes contre l’humanité”. Leurs auteurs et instigateurs méritent d’être traduits en justice et punis pour de tels agissements », a déclaré le ministère dans un communiqué qui a été relayé par les médias officiels.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a par ailleurs écrit sur le réseau X que l’annonce de ces nouvelles sanctions n’était qu’une « manœuvre pour faire diversion face aux difficultés internes des États-Unis, confrontés à une dette sans précédent et à l’explosion des taux d’intérêt ».

« Le fait de s’accrocher à des mesures qui ont prouvé leur inefficacité va donner lieu à de nouveaux revers et faire croître l’inimitié du peuple iranien », a ajouté M. Araghchi, qualifiant le « terrorisme économique américain » de menace pour l’économie mondiale et la souveraineté des États.

Ces derniers temps, le président américain a redoublé de menaces d’interventions militaires apocalyptiques et de mesures de rétorsion financière contre l’Iran, avant de revenir sur certaines d’entre elles, tout en faisant état de progrès dans les négociations diplomatiques.

Le conflit avec l’Iran en est à son sixième mois, sans perspective claire de sortie de crise, qu’elle soit diplomatique ou militaire. Le détroit d’Ormuz, axe maritime vital, est pour l’essentiel bloqué, ce qui perturbe les approvisionnements du monde entier en pétrole et gaz naturel. Et à l’approche des élections américaines de mi-mandat, qui se tiendront en novembre prochain, M. Trump subit de fortes pressions internes en ce qui concerne le coût de la guerre pour les consommateurs et l’armée américaine.

M. Trump n’a pas précisé le détail des mesures destinées aux pays qui continueraient d’entretenir des relations avec Téhéran — alors même que figurent parmi eux des alliés des États-Unis impliqués dans les pourparlers —, pas plus qu’il n’a donné de noms de pays.

Le Secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a toutefois indiqué sur CNBC qu’il donnerait une conférence de presse, lundi, pour préciser la feuille de route de Washington.

« Il s’agit d’une riposte combinée. D’un côté, le blocus [maritime] contre l’Iran, et de l’autre, les sanctions les plus strictes qu’on ait vues », a-t-il affirmé en parlant du blocus naval américain imposé en avril dernier et temporairement levé durant un mois à la mi-juin.

« Cette stratégie va porter ses fruits et nous allons provoquer l’effondrement de ce régime. Il est temps pour nos alliés et le reste du monde de faire un choix », a-t-il martelé.

Le Secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, s’avance vers les micros pour s’adresser à la presse devant l’aile Ouest de la Maison-Blanche, le 20 août 2026, à Washington. (Alex Wong/Getty Images/AFP)

Jeudi, suite aux menaces de sanctions financières visant à contraindre l’Iran à mettre fin au conflit, les cours du pétrole ont enregistré une forte hausse pour atteindre leur plus haut niveau depuis trois semaines.

« Je ne m’explique pas cette hausse soudaine des cours », a réagi M. Bessent sur CNBC.

« Si nous imposons une pression économique maximale, cela signifie justement qu’une reprise des opérations militaires d’envergure est peu probable », a-t-il fait valoir.

Interrogé sur d’éventuelles sanctions contre la Chine en raison de ses achats de pétrole iranien, le Secrétaire au Trésor a estimé que ces sujets se traitaient dans la plus grande confidentialité.

« N’oublions pas que la Chine tire 50 % de son énergie du Golfe. Elle aurait tout intérêt à s’aligner sur notre démarche », a-t-il fait remarquer.

Selon les chiffres 2025 de la société Kpler, la Chine absorbe plus de 80 % des exportations pétrolières iraniennes. Une confrontation économique directe avec Pékin — fournisseur majeur d’exportations vers les États-Unis, notamment en terres rares stratégiques — exposerait Washington à de lourdes mesures de rétorsion.

De nouvelles sanctions contre le Hezbollah en raison de ses liens avec l’Iran

En parallèle, Washington aurait pris de nouvelles sanctions à l’encontre du groupe terroriste libanais Hezbollah, soutenu par Téhéran, en raison des actions menées pour le compte du gouvernement iranien, selon un communiqué consulté jeudi par l’agence Reuters.

Le Département du Trésor aurait pris cette décision au titre du « service rendu [NDLT : par le Hezbollah] au régime iranien sous le commandement de la Force Al-Qods du Corps des Gardiens de la révolution islamique ».

Des partisans du Hezbollah brandissent des drapeaux du Hezbollah et de l’Iran lors d’un rassemblement dans la banlieue sud de Beyrouth, au Liban, le 8 juillet 2026. (Crédit: AP/Mustafa Jamalddine)

Bien qu’il ne s’agisse pas d’une mesure prise sur un nouveau fondement juridique, le Trésor américain a choisi de confirmer le statut d’organisation « terroriste mondiale expressément désignée » du Hezbollah, afin officialiser son rôle au service de la Force Al-Qods, en charge des opérations extérieures des Gardiens de la révolution.

Selon un responsable américain, il s’agit là de formaliser le rôle de l’organisation en tant qu’exécutant de Téhéran. La toute première qualification de cet ordre, concernant le Hezbollah, remonte à 2001, raison pour laquelle l’organisation figurait déjà sur la liste américaine des organisations terroristes étrangères. Par ailleurs, dix personnes accusées de transfert de fonds clandestins pour le groupe sont également visées.

Toujours selon ce responsable, ces décisions sont bien distinctes des mesures globales en préparation contre l’Iran.

En mars dernier, le Hezbollah a entraîné le Liban dans le conflit régional par des tirs de roquettes en direction d’Israël en soutien à l’Iran.

L’organisation s’oppose continuellement aux négociations de paix entre Jérusalem et Beyrouth menées sous l’égide des États-Unis et refuse de déposer les armes.

Accord américain pour une vente d’avions au Qatar pour 4,5 milliards de dollars

Par ailleurs, le Département d’État a annoncé l’acceptation de la vente d’avions ravitailleurs au Qatar pour 4,5 milliards de dollars. Doha joue un rôle de médiateur dans le conflit entre Washington et Téhéran.

La demande qatarie porte sur l’acquisition de quatre appareils KC-46A équipés de systèmes d’alerte antimissile.

La transaction est soumise à l’aval du Congrès car elle relève de la sécurité des États-Unis, via le « renforcement de la protection d’un partenaire régional stratégique », lit-on dans le communiqué officiel.

Cette acquisition doit permettre d’« améliorer les capacités du Qatar à faire face aux menaces actuelles et futures, tout en améliorant l’interopérabilité de ses forces avec celles des États-Unis et de leurs alliés ».

Le président américain Donald Trump salue avant de monter à bord du nouvel Air Force One, un ancien gros porteur qatari réaménagé en avion présidentiel, sur la base aérienne d’Andrews, dans le Maryland, le 1er juillet 2026. (AP/Luis M. Alvarez)

Le Qatar figure parmi les médiateurs qui tentent de rapprocher Washington et Téhéran pour mettre un terme aux hostilités, mais les discussions sont pour l’heure au point mort. Le Qatar participe par ailleurs aux efforts de médiation entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza.

L’émirat accueille la base aérienne d’Al-Udeid, la plus grande installation militaire américaine au Moyen-Orient, laquelle a été la cible de plusieurs attaques iraniennes depuis le début du conflit, fin février dernier.

L’État qatari a par ailleurs fait don à Donald Trump d’un appareil de luxe désormais intégré à la flotte présidentielle Air Force One.

En début de semaine, la Douzième chaîne israélienne a indiqué qu’Israël avait suspendu la totalité de ses exportations de défense vers le Qatar, qualifiant l’émirat d’« État hostile agissant contre les intérêts israéliens ».

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