Avec le blocus américain, l’Iran improviserait des sites de stockage de pétrole et des voies d’exportation
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Stav Levaton est correspondante militaire pour le Times of Israel.
L’Iran a recours à des sites de stockage de pétrole improvisés et à des voies d’exportation alternatives alors que le blocus naval américain étouffe ses expéditions de brut, ont fait savoir plusieurs médias internationaux qui ont cité des informations transmises par Kpler, la société d’analyse des matières premières.
Face à l’accumulation de ses exportations manquées, Téhéran serait en train de réactiver des sites de stockage désaffectés, utilisant des conteneurs de fortune et étudiant la possibilité d’expédier du brut par chemin de fer vers la Chine, dans le but de retarder une crise infrastructurelle plus grave et d’éviter un arrêt plus brutal de la production.
Les données de Kpler qui ont été reprises par le New York Times révèlent que les exportations ont chuté de manière spectaculaire après la mise en place du blocus, à la mi-avril. Alors que les expéditions s’élevaient en moyenne à un peu plus de 2 millions de barils par jour début avril, l’activité a fortement ralenti les jours suivants, avec seulement cinq cargaisons suivies et des volumes qui sont tombés à environ 567 000 barils exportés par jour.
Une pression qui a déjà obligé la compagnie pétrolière nationale iranienne à réduire sa production, selon les informations transmises, qui ont souligné que la production était souvent réduite avant que les capacités de stockage ne soient complètement saturées afin d’éviter de dangereux goulots d’étranglement dans le système.
Le pays est également en train d’épuiser rapidement ses capacités de stockage – et Kpler a estimé que les capacités restantes pourraient être épuisées d’ici 12 à 22 jours. Ce qui laisse entrevoir de nouvelles réductions de production pouvant atteindre 1,5 million de barils par jour, si le blocus devait se poursuivre.
Goldman Sachs avait estimé de son côté, la semaine dernière, que l’Iran avait déjà réduit sa production de brut de 2,5 millions de barils par jour, tandis que d’autres producteurs du Golfe, notamment l’Arabie saoudite, l’Irak, le Koweït et les Émirats arabes unis, avaient également été contraints de réduire leur production depuis le début de la guerre, le 28 février.
Malgré l’effondrement des exportations, Kpler a estimé que Téhéran pourrait ne pas ressentir pleinement l’impact sur ses recettes avant trois à quatre mois, en raison des retards dans les flux de paiement et des ventes existantes.
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