Le président syrien attendu à Berlin, les expulsions au centre des discussions
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Le président syrien doit rencontrer mardi à Berlin le chancelier allemand qui souhaite intensifier les expulsions de Syriens malgré l’inquiétude suscitée par l’instabilité persistante dans leur pays d’origine.
« Ahmed al-Sharaa est attendu à Berlin du 19 au 20 janvier […] Mardi midi, il rencontrera le chancelier Friedrich Merz », a indiqué un porte-parole du gouvernement allemand lors d’un point presse régulier à Berlin.
Cette visite intervient moins d’un mois après l’expulsion le 23 décembre dernier par l’Allemagne pour la première fois depuis le début de la guerre civile en 2011 en Syrie d’un ressortissant syrien, un criminel condamné pour vol aggravé, coups et blessures et chantages, vers son pays.
En novembre dernier, Merz avait plaidé pour le rapatriement de Syriens réfugiés jusqu’ici dans son pays, allant jusqu’à évoquer l’expulsion, au motif que la « guerre civile était terminée en Syrie ».
La venue à Berlin, la semaine prochaine, de ce dirigeant au passé de djihadiste avait déjà filtré dans certains médias, suscitant des critiques de la part des « minorités ethniques et religieuses de Syrie ».
Dans un appel commun publié mercredi et signé notamment par l’union des alaouites en Europe et la communauté kurde d’Allemagne, les protestataires appelaient « à un mandat d’arrêt [contre Ahmed al-Sharaa, ndlr] plutôt qu’à une réception à la chancellerie ».
Interrogé sur les critiques et les manifestations qui pourraient accompagner cette visite en raison des violences subies par les minorités en Syrie, le porte-parole du gouvernement allemand a déclaré que « tous les sujets seraient abordés » lors des entretiens entre les deux dirigeants.
« Nous avons intérêt […] à prendre un nouveau départ avec le nouveau gouvernement syrien, et nous avons de nombreux sujets importants […] à évoquer, comme le retour des Syriens dans leur pays d’origine », a-t-il ajouté.
Dans un entretien accordé à l’AFP, Armin Laschet, ancien candidat à la chancellerie pour les conservateurs, a affirmé que Sharaa devait « clairement entendre les attentes de l’Europe » en matière de protection des minorités et des droits des femmes.
Laschet, qui préside actuellement la commission des Affaires étrangères du Parlement, a soutenu la décision d’accueillir le dirigeant syrien à la chancellerie.
« Le dialogue est nécessaire, en particulier dans le contexte des récents combats », a-t-il déclaré, ajoutant que Sharaa était « confronté à une tâche extrêmement difficile ».
Avant ses entretiens avec le chancelier, le président syrien par intérim doit rencontrer son homologue allemand, Frank-Walter Steinmeier.
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