Les juges du procès de Netanyahu suggèrent au parquet d’abandonner l’accusation de corruption
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Le collège de juges en charge du procès pour corruption du Premier ministre Benjamin Netanyahu a suggéré au ministère public d’abandonner le chef d’accusation de corruption, après que l’avocat du Premier ministre a fait valoir que, si ce chef était maintenu, le procès, qui a débuté en 2020, pourrait se prolonger jusqu’en 2028.
Les juges avaient formulé cette même recommandation il y a exactement trois ans, avertissant alors que le chef de corruption serait difficile à prouver. Depuis, le tribunal a entendu les nombreux témoignages de Netanyahu sur ces allégations, mais la recommandation n’a pas changé. Le Premier ministre est aussi accusé de fraude et d’abus de confiance dans trois affaires distinctes.
Ces échanges concernant l’accusation de corruption ont eu lieu le jour même où les juges ont proposé de tenir cinq audiences par semaine dans le cadre du procès, ce à quoi tant l’accusation que la défense se sont opposées. Cette proposition a par ailleurs amené l’avocat de Netanyahu, Amit Hadad, à établir un parallèle entre ces audiences et le procès d’Adolf Eichmann. Hadad a également souligné que si l’accusation de corruption restait inscrite au dossier, le procès pourrait se prolonger davantage.
« Si l’accusation de corruption subsiste, nous aurons des centaines de témoins à entendre, et nous n’en aurons pas fini avant mars 2028 », a-t-il fait valoir, selon les médias israéliens.
Netanyahu n’est accusé de corruption que dans l’une des trois affaires dans lesquelles il est poursuivi, l’affaire 4000, pour laquelle il est également accusé de fraude et d’abus de confiance dans le cadre des relations entre l’opérateur de télécommunications Bezeq et le ministère des Communications dirigé par Netanyahu.
Dans l’affaire 4000, également connue sous le nom d’affaire Bezeq-Walla, Netanyahu est accusé d’avoir autorisé des décisions réglementaires qui ont profité financièrement à Shaul Elovitch, actionnaire du géant des télécommunications Bezeq, à hauteur de plusieurs centaines de millions de shekels, en échange de quoi il aurait bénéficié d’une couverture médiatique favorable de la part du site d’information Walla, également détenu par Elovitch.
Netanyahu doit également répondre de deux autres chefs d’accusation de fraude et d’abus de confiance : dans l’affaire 1000, qui concerne des cadeaux qu’il aurait indûment reçus de la part de bienfaiteurs milliardaires, et dans l’affaire 2000, dans laquelle il aurait négocié une couverture médiatique plus favorable dans un journal en échange d’une législation destinée à affaiblir le principal rival de ce média.
Netanyahu, qui était présent à l’audience d’aujourd’hui, ne reconnaît aucune des accusations portées contre lui.
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