L’OMS appelle à « changer la donne » pour faire sortir les patients de Gaza
L'OMS affirme que depuis le début de la guerre, plus de 700 personnes sont décédées en attendant leur évacuation médicale
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L’ouverture durable de couloirs médicaux au départ de Gaza « changerait la donne » pour les 15 000 blessés nécessitant des soins hors de ce territoire ravagé par la guerre, a annoncé vendredi l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Depuis le début de la guerre en octobre 2023, l’OMS a soutenu l’évacuation médicale de près de 7 800 patients hors de la bande de Gaza.
Israël a été en guerre contre le Hamas à partir du 7 octobre 2023, date à laquelle quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes placés sous la direction du Hamas ont pris d’assaut des communautés du sud d’Israël, tuant plus de 1 200 personnes, principalement des civils. Les hommes armés ont aussi enlevé 251 otages de tous les âges, et ils ont commis des atrocités – utilisant notamment les violences sexuelles comme arme à grande échelle.
Israël a réagi en lançant une campagne militaire dont l’objectif vise à détruire le Hamas, à l’écarter du pouvoir à Gaza et à libérer les otages.
Depuis le cessez-le-feu négocié par les États-Unis entre Israël et le Hamas, entré en vigueur le 10 octobre, l’OMS a permis l’évacuation de 41 patients dans un état critique et de 145 accompagnants.
Rik Peeperkorn, représentant de l’OMS dans les territoires palestiniens, a appelé vendredi à l’ouverture de tous les points de passage de Gaza vers Israël et l’Égypte, non seulement pour l’acheminement de l’aide humanitaire, mais aussi pour les évacuations sanitaires.
« Nous sommes prêts à augmenter le rythme (des évacuations) jusqu’à un minimum de 50 patients par jour, plus leurs accompagnants, comme lors du précédent cessez-le-feu », a-t-il déclaré en visioconférence depuis Jérusalem, à l’occasion d’une conférence de presse organisée à Genève.
Deux évacuations sanitaires sont prévues la semaine prochaine, mais « nous voulons pouvoir en effectuer quotidiennement », a-t-il ajouté, car au rythme actuel, l’évacuation de 15 000 personnes nécessitant des soins hors de Gaza – dont 4 000 enfants – prendrait une dizaine d’années.
« Tous les couloirs médicaux doivent être ouverts », a-t-il insisté, y compris celui vers les hôpitaux de Cisjordanie et de Jérusalem-Est, comme c’était le cas avant la guerre. « C’est vital et c’est la voie la plus économique. Si cette voie était ouverte, cela changerait vraiment la donne ».
L’ouverture du point de passage de Rafah vers l’Égypte, dans le sud, pourrait également permettre aux patients d’y être soignés ou transférés vers d’autres pays, a-t-il souligné.
L’OMS affirme que depuis le début de la guerre, plus de 700 personnes sont décédées en attendant leur évacuation médicale.
L’organisation a appelé davantage de pays à prendre des mesures et à accueillir des patients gazaouis. A ce jour, plus de 20 pays ont accueilli des patients, dont quatre en plus grand nombre: l’Egypte, les Emirats arabes unis, la Turquie et la Jordanie, selon l’OMS.
M. Peeperkorn a aussi indiqué que seule une portion du système de santé de Gaza restait en service avec environ 2 100 lits pour une population de plus de deux millions d’habitants, tandis que seuls 14 des 36 hôpitaux et 64 des 181 centres de santé primaires restent partiellement fonctionnels sur le territoire.
« Plusieurs établissements de santé clés situés au-delà de la ligne de cessez-le-feu, notamment les hôpitaux Kamal Adwan, Al-Awda, Indonésien (nord) et européen (sud) de Gaza, sont inaccessibles et non fonctionnels », a-t-il ajouté.
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