Macron fustige un manuel Hachette qualifiant les victimes du 7-Octobre de « colons juifs »
Le numéro un français de l'édition a annoncé le rappel immédiat de trois ouvrages de révision parascolaire Objectif Bac Terminal, contenant le passage erroné
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Le président de la République, Emmanuel Macron, a fermement dénoncé la publication d’un passage controversé dans un manuel scolaire édité par la maison Hachette, qui qualifiait les victimes des attaques du Hamas du 7 octobre 2023 de « colons juifs ».
« Un manuel de révision du baccalauréat qui falsifie les faits : c’est intolérable. Comme tout relativisme sur les attentats terroristes et antisémites du Hamas du 7 octobre. Le révisionnisme n’a pas sa place en République », a écrit le chef de l’État sur X, annonçant avoir demandé au gouvernement de « prendre des mesures ».
La polémique avait éclaté après que la LICRA eut pointé du doigt l’ouvrage Objectif Bac, destiné aux élèves de terminale Histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques du cursus général. L’association dénonçait une formulation « gravement problématique », notant que le terme « colons » était utilisé de manière indifférenciée pour désigner toutes les victimes, alors qu’une large majorité vivait à l’intérieur des frontières reconnues d’Israël.
La LICRA parlait de dérive « confusionniste et négationniste », déplorant que cette formulation risquait de transmettre aux élèves une vision idéologique et tronquée du massacre.
« Ce narratif constitue une falsification de l’Histoire et une forme inacceptable de légitimation du terrorisme du Hamas, que cet ouvrage omet précisément de qualifier d’organisation terroriste », a dénoncé Yonathan Arfi, le président du Crif, dans un message sur X.
Le ministre de l’Education Edouard Geffray a qualifié sur X de « grave et inacceptable » le fait de « qualifier les victimes de l’attentat du 7 octobre 2023 de ‘colons juifs' ». Cela constitue « une falsification des faits et une atteinte à la dignité des victimes du terrorisme. »
Le manuel était également critiqué pour sa présentation des événements suivants, décrivant l’attaque du Hamas comme le déclencheur quasi automatique d’une « invasion » israélienne de Gaza, sans préciser ni la nature terroriste de l’attaque, ni le ciblage de civils. Selon l’association, ces omissions constituaient un problème pédagogique et mémoriel majeur pour des élèves confrontés à un sujet complexe.
Ces ouvrages parascolaires ne sont pas des manuels dont le contenu est supervisé par le ministère de l’Éducation.
La ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a confirmé avoir saisi l’éditeur dès la découverte du passage litigieux. « Celui-ci a immédiatement réagi et avec clarté. J’en prends acte », a-t-elle déclaré. « La falsification historique ne peut pas avoir sa place dans des manuels d’histoire. La lutte contre l’antisémitisme est un combat de tous les instants. »
« Plus grave encore que le militantisme révisionniste de l’auteur, cet extrait met en lumière l’endoctrinement passif des relecteurs qui auraient dû être pleinement et objectivement à leurs tâches », a dénoncé Haïm Korsia, Grand rabbin de France, sur X.
De son côté, Hachette Livre, numéro un français de l’édition, passé sous le contrôle du milliardaire Vincent Bolloré fin 2023, a annoncé le rappel immédiat des trois ouvrages de révision parascolaire Objectif Bac Terminal, contenant le passage erroné.
« Je tiens personnellement à présenter mes excuses auprès de tous ceux qui ont pu se sentir blessés à juste titre », a ajouté son PDG, Arnaud Lagardère, cité par le communiqué. Il s’en est entretenu mercredi matin avec Yonathan Arfi.
Dans un communiqué, le groupe précise que « la campagne de rappel démarre aujourd’hui auprès de tous les partenaires et libraires » et que « les ouvrages non vendus seront détruits et cette édition parascolaire ne sera remise en vente qu’une fois dûment relue et corrigée ».
Une enquête interne a été ouverte pour comprendre comment cette erreur a pu se glisser dans ces ouvrages.
Prenant note de cette enquête, la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT+ (Dilcrah) a insisté sur le fait que, « dans un contexte de recrudescence alarmante de l’antisémitisme, une vigilance collective accrue est indispensable pour garantir une transmission fidèle des faits ».
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