Malgré les doutes, le Premier ministre n’a eu d’autre choix que de rallier le Conseil de la paix
Un responsable israélien a confié au ToI que Jérusalem était d'accord sur le principe mais que la composition du Conseil ne lui semblait pas bonne
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La dépendance du Premier ministre Benjamin Netanyahu envers le président américain Donald Trump n’a laissé que peu de choix au Premier ministre israélien – sinon celui d’accepter de faire partie du Conseil de la paix, et ce en dépit de ses doutes au sujet de la composition du conseil exécutif du Conseil pour Gaza, a déclaré jeudi un responsable israélien au Times of Israel. Cet officiel a ajouté que malgré tout, Israël était, sur le principe, favorable au Conseil de la paix de Trump, conçu pour concurrencer les Nations Unies, une organisation que Jérusalem estime bien trop critique envers l’État juif.
Il a noté qu’en revanche, Jérusalem n’était pas unanimement favorable à la décision de Washington de nommer des hauts responsables turcs et qataris au Comité exécutif pour Gaza, l’organe du Conseil de la paix qui devrait tenir un rôle très important dans la supervision de Gaza dans l’après-guerre – le Conseil de la paix, composé de chefs d’État ou de gouvernement, ne se réunissant a priori que quelques fois par an.
Israël « n’est pas bien placé » pour contester la composition du Comité exécutif pour Gaza, a estimé le responsable israélien, car un grand nombre de politiques mises en oeuvre par Jérusalem dans la région supposent l’appui des États-Unis, à l’origine de ce comité.
S’exprimant sous couvert d’anonymat, le responsable en question a admis que la dépendance d’Israël envers les États-Unis était on ne peut plus forte, à un moment où nombre de pays cherchent au contraire à diversifier leurs alliances. Cet état de fait permet à Netanyahu d’avoir une relation unique en son genre avec Trump, puisqu’il l’a vu à six reprises en tête-à-tête et lors d’un sommet mondial depuis le retour au pouvoir du président américain. Il serait question d’un septième tête-à-tête le mois prochain.
Mais cela implique aussi pour Netanyahu une difficulté à dire non à Trump — que ce soit lorsqu’il l’avait sommé de présenter des excuses à son homologue qatari suite à la frappe ratée d’Israël contre les dirigeants du Hamas à Doha, en septembre dernier, ou sur le principe du cessez-le-feu à Gaza que Washington avait négocié, le mois suivant.
Netanyahu avait présenté cet accord comme un succès diplomatique qu’il s’était longtemps refusé. La Maison-Blanche, de son côté, avait évoqué un accord qu’il avait fallu « imposer » aux deux camps.
« La dynamique de la relation entre [Netanyahu et Trump] est très différente de celle qui prévalait du temps de la précédente administration », a poursuivi le responsable israélien.
Netanyahu avait fait tout son possible pour tirer politiquement parti de sa capacité à contrer l’ex-président américain Joe Biden, se vantant d’avoir ignoré ses demandes supposément répétées de ne pas entrer dans Rafah, dans le sud de Gaza, lors de la première année de guerre.
Mais Biden n’est plus là et l’ONU a accepté d’accorder au Conseil de la paix de Trump un mandat de deux ans pour superviser Gaza, ce qui risque de compliquer la tâche de Netanyahu s’agissant d’imposer la souveraineté israélienne lors de la prise de décisions concernant Gaza, alors même que les élections israéliennes approchent.
Le cabinet Netanyahu a remis une déclaration aux journalistes indiquant que le cabinet de sécurité discuterait, dans les tout prochains jours, de la possible réouverture du poste-frontière de Rafah. En ce qui concerne le Conseil de la paix, la décision est déjà prise et il est prévu que le poste-frontière reprenne pleinement ses activités dès la semaine prochaine, malgré l’insistance placée par Jérusalem sur la nécessité de le conditionner au retour du dernier otage israélien et au désarmement du Hamas.
Pour la première fois, en début de semaine, Netanyahu a admis l’existence d’un « désaccord » sur la composition du Comité exécutif pour Gaza, tout en prenant soin de minimiser le problème en affirmant que ce comité n’était qu’un panel de conseillers et que le différend ne nuirait pas à la relation avec « notre meilleur ami à la Maison-Blanche ».
Il est évident que Trump souhaite faire en sorte de ne pas se quereller publiquement avec Netanyahu, même lorsqu’il existe des divergences entre les deux hommes au sujet de Gaza, avaient confié au Times of Israel un responsable américain et une source proche du parti républicain proche du dossier dans le sillage de la dernière rencontre des deux hauts responsables, au mois de décembre dernier.
C’est lors de cette réunion que Trump n’avait pas tari d’éloges au sujet de Netanyahu, qu’il avait qualifié de « héros de guerre » sans lequel Israël n’aurait peut-être pas survécu à ce conflit. Il avait demandé une nouvelle fois, à cette occasion, au président Isaac Herzog de grâcier le chef de gouvernement, englué dans son procès pour corruption.
Mais Trump semble aussi parfois prendre plaisir à avoir l’avantage dans cette relation, comme en témoigne la publication, l’an dernier, sur son compte Truth Social, d’un article du Times of Israel qui était intitulé : « L’envoyé de Trump a davantage convaincu Netanyahu en une seule réunion que Biden en une année. »
Un responsable américain a estimé qu’il n’y avait pas de déséquilibre dans ces relations, déclarant au Times of Israel : « Le président Trump est proche du Premier ministre Netanyahu, comme en témoignent leurs fréquentes rencontres et appels. Ils ont fait de grandes choses ensemble pour la région, et le président se réjouit de travailler avec lui pour que règne la paix. »
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