Mélenchon : « Israël est aujourd’hui le pays le plus dangereux de la région »
Le leader de La France insoumise a accusé le gouvernement de Benjamin Netanyahu de « déclencher la guerre » et de mener un « génocide », tout en appelant à un « front du refus » contre l’intervention en Iran
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Invité vendredi de la chaîne française LCI, Jean-Luc Mélenchon, chef du parti de La France insoumise, qui vient d’annoncer sa candidature à l’élection présidentielle, a affirmé qu’« aujourd’hui, Israël [était] sans aucun doute le pays le plus dangereux de la région ».
Quand la journaliste Amélie Carrouër lui demande « quel pays est le plus dangereux de la région », Mélenchon répond sans surprise : « Israël sans aucun doute », avant de poursuivre : « C’est Israël qui attaque tous ses voisins, c’est lui qui déclenche la guerre, c’est lui qui fait un génocide, » reprenant à son compte une accusation largement répandue auprès de ses partisans.
Face à la relance de la journaliste, qui lui demande si Israël est « plus dangereux que l’Iran », Jean-Luc Mélenchon a nuancé ses propos en distinguant l’État d’Israël de son exécutif actuel : « Pardon, laissez-moi préciser : le gouvernement de Monsieur Netanyahou. »
La journaliste réitère alors sa question en demandant si l’Iran reste moins dangereux, et Mélenchon estime que : « L’Iran n’a envahi personne, » occultant au passage l’emprise de Téhéran au Liban.
La journaliste lui rappelle alors que l’Iran soutient, finance et arme des « proxys », en citant notamment le Hezbollah, qui ont « frappé Israël », Mélenchon reconnaît : « C’est vrai. »
Mais ce dernier poursuit immédiatement en haussant le ton : « Que voulez-vous arriver à dire maintenant ? » avant d’appeler à éviter, selon lui, une lecture binaire du conflit : « Évitons les simplifications qui visent, au bout du compte, à faire un camp des gentils et un camp des méchants. »
Lorsque la journaliste lui signale que ces propos risquent de « faire hurler certains », en soulignant le contraste entre l’Iran « un régime théocratique qui finance le terrorisme international, qui opprime son peuple » – et Israël, qui reste « quoi qu’on en pense, une démocratie », Mélenchon assume pleinement sa position, tout en recentrant explicitement ses critiques sur le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et les membres de son gouvernement : « Aujourd’hui et à cette heure, les plus dangereux, c’est Monsieur Netanyahu et sa bande de fascistes qui sont au gouvernement », a-t-il déclaré, après avoir voulu « rectifié » ses propos afin de « ne pas impliquer le concept d’État d’Israël », insistant sur la nécessité de distinguer le pays de son gouvernement actuel.
Néanmoins, cette distinction n’a pas duré longtemps, puisqu’il a ensuite qualifié les membres du gouvernement israélien de « fous qui déshonorent l’idée que l’on se faisait tous d’Israël », avant d’ajouter, à demi-voix : « Pour ceux qui avaient du respect pour Israël… et il n’y en avait pas tant que ça ».
L’interview dans son ensemble portait en grande partie sur l’actualité internationale, et plus particulièrement sur l’Iran. Mélenchon a affirmé vendredi que, s’il avait été président, il aurait constitué avec d’autres pays « un front du refus » contre les États-Unis et Israël, qui ont attaqué l’Iran le 28 février dernier.
« Comme je suis candidat à la fonction et que la fonction prévoit d’être le chef des armées, donc responsable de cette situation, ce n’est pas la ligne que j’appliquerais », a assuré le triple candidat à l’Élysée sur LCI.
« J’essaierais de faire en sorte que ceux qui ont décidé tout seuls, et en violation du droit international, une intervention sur un pays, reculent. »
Pour constituer ce « front du refus », il a cité en premier lieu les pays européens qui refusent « la stratégie des États-Unis », comme l’Espagne dirigée par Pedro Sánchez, mais aussi plusieurs pays d’Amérique latine, comme le Brésil, la Colombie ou le Mexique.
« Et puis vous avez les pays qui viennent d’Asie, qui ne veulent pas entendre parler de cette guerre et qui se sentiraient en quelque sorte fortifiés et auraient un point d’appui », a encore argumenté le tribun insoumis lors de cet entretien-fleuve.
« Quoique l’on pense du régime iranien – et personnellement j’en pense beaucoup de mal et je me suis beaucoup mobilisé contre lui – il est certain que, pour nous Français, notre intérêt, c’est le droit international », a-t-il ajouté, rappelant son ancienne position en faveur d’une sortie de la France de l’OTAN.
« Ou c’est le droit international, ou c’est la loi du plus fort. Or, il y a un grand inconvénient à la loi du plus fort : nous ne sommes pas les plus forts », a-t-il poursuivi.
Interrogé sur une éventuelle défense européenne, il a balayé la question : « Nous sommes liés par les traités, par les accords européens (…) donc, si nous sommes attaqués, tout le monde respectera son engagement, nous nous défendrons tous ensemble. »
Toujours concernant l’Iran, il a rappelé être « contre le fait qu’ils aient une arme nucléaire », ajoutant : « Et ce serait la même chose si c’était la Colombie ou n’importe quel autre pays au monde. »
Il a recommandé de négocier avec les Iraniens afin de revenir aux accords antérieurs à l’arrivée de Donald Trump à la présidence américaine en 2016.
Quant à un éventuel changement de régime à Téhéran, Jean-Luc Mélenchon a estimé que : « La nation française ne peut pas dire devant le monde : dorénavant, tout régime qui nous déplaît fera l’objet d’une intervention militaire pour le changer. »
Mais, a-t-il nuancé : « Après, il y a la politique. Il est donc tout à fait possible politiquement d’aider les partis, les factions. »
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