Mère d’un otage tué : le gouvernement a trahi les familles dont les proches sont toujours à Gaza
Selon Yael Adar, le Hamas n'a pas rompu l'accord, Israël n'a pas fixé de date limite pour la restitution des corps ; Israël aurait menacé le Hamas de sanctions ; pour les médiateurs, l'accord n'est pas compromis
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Yael Adar, la mère de l’otage assassiné Tamir Adar, a sévèrement critiqué la manière dont les dirigeants israéliens ont géré la question de la restitution des dépouilles des otages, déclarant à la chaîne N12 que le gouvernement avait « trahi » les familles comme la sienne, dont les proches ont été tués en captivité et n’ont pas été rendus.
Adar a indiqué avoir, avant l’accord sur les otages annoncé la semaine dernière, interrogé les responsables sur les moyens de pression dont disposait Israël pour récupérer les corps des 28 otages morts retenus par le Hamas – dont seuls quatre ont été restitués lundi. Le Hamas était censé rendre tous les 48 otages, vivants et morts, au plus tard lundi. Le groupe terroriste avait toutefois prévenu qu’il aurait des difficultés à localiser certaines des dépouilles.
« Ils m’ont dit qu’un otage vivant valait 100 prisonniers palestiniens, y compris les condamnés à perpétuité », a-t-elle dit. « Mais qu’un otage mort vaut 15 corps palestiniens. Et pourquoi pas 100 Palestiniens morts ? »
Le Hamas, a-t-elle affirmé, n’a pas violé l’accord. Compte tenu de la manière dont l’accord a été rédigé, en effet, « Israël a accepté l’absence de date limite [fixe] ».
Les termes de l’accord ne sont pas définitifs quant à ce qui pourrait se passer si le Hamas ne restituait pas tous les corps, laissant ainsi une certaine marge de manœuvre pour la poursuite des recherches – des recherches qui, selon elle, pourraient durer des mois, voire des années.
« Je me suis battue pour le retour de Tamir. Au final, je vais recevoir un cercueil, et non pas quelqu’un que je peux serrer dans mes bras ou contempler. Notre mission est désormais de le retrouver aussi rapidement que possible. Je pourrai ensuite commencer à faire face à cette perte et à entamer le processus de deuil. Des jours difficiles nous attendent », a-t-elle déclaré.
Adar a également critiqué le président de la Knesset, Amir Ohana, qui a retiré son pins – signe de solidarité avec les otages- en amont du discours de Donald Trump à la Knesset. Pour elle, en effet, ce geste est le symbole d’une attitude selon laquelle la question des otages « était terminée ».
Les propos d’Adar interviennent alors que les interrogations se multiplient quant au respect par le Hamas de « l’accord global pour la fin de la guerre à Gaza » (Comprehensive End of Gaza War) signé jeudi dernier en Égypte. Conformément à cet accord, le Hamas devait libérer dans les 72 heures suivant le cessez-le-feu, soit avant midi lundi, les 20 otages encore en vie – ce que le groupe terroriste a fait -, ainsi que les dépouilles de tous les otages décédés qu’il détient ou qu’il peut localiser.
Mais le document laisse également entendre que, si le Hamas dispose d’informations sur le sort des otages décédés dont il ne peut récupérer les corps dans le délai prévu, alors ces informations doivent être transmises aux médiateurs pour un suivi ultérieur.
Selon un reportage de CNN datant de la semaine dernière, trois responsables israéliens ont confirmé que le Hamas pourrait ne pas être en mesure de retrouver les 28 otages décédés. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu est conscient de ce point depuis des mois, ont fait savoir ces mêmes responsables. L’un d’eux a déclaré que sept à neuf corps pourraient ne pas être retrouvés, tandis qu’un autre a estimé ce chiffre comme compris entre 10 et 15. Avant la date limite de lundi, rien ne laissait présager que le Hamas pourrait ne restituer que quatre des 28 corps.
Après l’interview d’Adar, la chaîne N12 a rapporté que des responsables qataris avaient informé les représentants israéliens à Charm el-Cheikh la semaine dernière, que le Hamas détenait les corps de 15 à 16 otages prêts à être restitués et qu’il en recherchait d’autres.
Selon les informations publiées mardi matin dans les médias israéliens, l’État juif a fixé la fin de la journée de mardi comme date limite pour obtenir des avancées sur cette question.
Les médiateurs ont fait savoir que le groupe terroriste pourrait avoir du mal à localiser tous les corps. Toutefois, a rapporté la chaîne publique Kan, Israël est convaincu que le Hamas détient déjà certains des corps, mais ne les a pas restitués.
Une source proche du dossier a confié à la chaîne publique Kan que « la situation était prévisible, mais nous n’abordons sérieusement que maintenant la question des options disponibles pour y faire face ».
Selon cette source, Israël ne dispose pas de moyens de pression suffisamment efficaces sur ce point.
Selon la chaîne N12, Israël menace déjà d’imposer des sanctions au Hamas si le groupe ne restitue pas rapidement toutes les dépouilles en sa possession. Le reportage ne précise pas quel type de sanctions l’État juif pourrait mettre en œuvre.
Un diplomate arabe d’un pays médiateur a indiqué au journal Haaretz que les médiateurs travaillaient actuellement sur la question, et qu’ils ne pensaient pas que l’accord sur Gaza était compromis.
Dans la soirée de lundi, après le retour en Israël des 20 derniers otages vivants, le Hamas a remis quatre cercueils qui, selon le groupe, contenaient les dépouilles de Guy Illouz, Yossi Sharabi, Bipin Joshi et Daniel Perez.
Les cercueils ont été emmenés à l’institut médico-légal Abu Kabir à Tel Aviv, où les corps seront identifiés. Dans le passé, le Hamas a en effet déjà renvoyé des corps sans lien avec les otages.
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