Merz plaide pour « un partenariat transatlantique fiable », après sa dispute avec Trump
Selon le Service de recherche du Congrès, plus de 35 000 militaires US étaient stationnés en Allemagne en 2024, mais les médias allemands estiment que leur nombre est aujourd'hui plus proche de 50 000
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Le chancelier allemand Friedrich Merz a appelé jeudi à un « partenariat transatlantique fiable », sans répondre directement aux menaces de Donald Trump de réduire les troupes américaines en Allemagne dans la foulée d’une dispute entre les deux dirigeants sur l’Iran.
« En cette période troublée nous suivons une ligne claire, cette ligne reste fondée sur l’Otan et un partenariat transatlantique fiable. Vous le savez, ce partenariat transatlantique nous tient particulièrement à coeur, à nous tous, et à moi personnellement », a-t-il dit, au cours d’un déplacement pour observer des manœuvres de l’armée de terre allemande à Munster (ouest).
Le chancelier a aussi jugé que l’armée allemande apportait sa pierre à l’édifice d’une « Otan forte et unie », notamment sur « des sites stratégiques en Allemagne aux côtés des Etats-Unis ».
Il s’est cependant gardé de répondre directement à M. Trump, qui, la veille, disait envisager une réduction des forces armées américaines stationnées en Allemagne, dans la foulée de premiers propos vindicatifs contre le chancelier allemand à propos de la guerre en Iran.
Jeudi en fin d’après-midi, sur ce même support, M. Trump a de nouveau taclé le chancelier allemand, qui, selon lui, devrait « passer moins de temps à interférer dans les efforts déployés pour éliminer la menace nucléaire iranienne, contribuant à rendre le monde, et l’Allemagne, plus sûrs ! ».
Et qui « devrait consacrer plus de temps à mettre fin à la guerre entre la Russie et l’Ukraine (où il s’est montré totalement inefficace !), et à redresser son pays en ruine, notamment en matière d’immigration et d’énergie ».
Mercredi, Donald Trump a déclaré envisager une réduction des forces armées américaines stationnées en Allemagne, après des propos à l’encontre du chancelier allemand concernant la guerre en Ukraine.
« Les États-Unis étudient actuellement la possibilité de réduire les effectifs militaires en Allemagne, et une décision sera prise très prochainement », a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social.
Selon le Service de recherche du Congrès, plus de 35 000 militaires américains étaient stationnés en Allemagne en 2024, mais les médias allemands estiment que leur nombre est aujourd’hui plus proche de 50 000.
La grande base militaire de Ramstein (ouest) est d’une grande importance pour les déploiements américains au Moyen-Orient.
Les Etats-Unis stockent aussi des armes nucléaires à Büchel (ouest). A Stuttgart, on trouve le commandement américain pour l’Europe et l’Afrique, tandis que Grafenwöhr en Bavière accueille un vaste terrain d’entraînement et Landstuhl abrite un vaste centre hospitalier de l’armée américaine.
Depuis la fin de la Guerre froide, la présence américaine en Allemagne a été considérablement réduite, mais elle reste un pilier de la politique de sécurité de l’Allemagne, en particulier dans le contexte de la menace russe croissante depuis l’invasion de l’Ukraine.
Elle représente aussi des milliers d’emplois et de contrats pour une économie allemande en panne.
Au cours de ses deux mandats, le républicain n’a cessé de critiquer vertement l’OTAN et de brandir la menace d’une réduction des troupes américaines en Allemagne et dans d’autres pays européens.
Sa décision de revoir les effectifs en Allemagne est intervenue au lendemain de vives critiques envers Merz.
Il l’a accusé de « ne pas savoir de quoi il parlait » à propos de l’Iran, après que le dirigeant allemand eut déclaré que « les Américains [n’avaient] visiblement aucune stratégie » en Iran et a jugé que Téhéran « humiliait » la première puissance mondiale.
Lors de son premier mandat, en 2020, Trump avait déjà menacé de ramener le nombre de militaires à 25 000, jugeant les dépenses militaires de l’Allemagne trop faibles. Mais après sa défaite électorale, son successeur, Joe Biden, n’avait pas donné suite à ce plan.
Après ces diatribes, et avant la décision de Donald Trump d’envisager le retrait des troupes américaines d’Allemagne, le secrétaire d’État américain s’est entretenu par téléphone avec le ministre allemand des Affaires étrangères.
Johann Wadephul et Marco Rubio ont notamment abordé la question de l’Iran et l’importance de garantir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, selon le porte-parole du département d’État, Tommy Pigott.
Mercredi, le chancelier allemand avait déjà tenté d’apaiser les tensions en disant que ses relations avec Donald Trump restaient « bonnes et inchangées ».
Mais Washington semble déterminé à prendre des mesures de rétorsion contre des alliés occidentaux qui ne s’engagent pas suffisamment dans la guerre en Iran.
La semaine dernière, un article indiquait que les États-Unis envisageaient de suspendre l’Espagne de l’OTAN et qu’ils pourraient revoir leur position concernant les îles Malouines, en réponse au manque de soutien britannique à la guerre menée contre l’Iran.
Washington a toutefois par la suite réaffirmé sa neutralité concernant la souveraineté contestée de ces îles entre l’Argentine et la Grande-Bretagne, qui s’étaient livrées en 1982 à une guerre courte mais sanglante pour le contrôle de l’archipel, remportée par la Grande-Bretagne.
la Communauté du Times of Israël !







