Mondial-2026 : Les espoirs d’Israël s’envolent après une défaite face à l’Italie
Israël s'incline 0-3 face aux Azzurri, tandis que d'importantes mesures de sécurité à Udine permettent d'éviter tout incident majeur ; quelque 10 000 personnes manifestent contre l'État juif
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La manifestation anti-Israël qui a rassemblé plusieurs milliers de manifestants mardi à Udine, dans le nord-est de l’Italie, avant le match Italie-Israël remporté 3 à 0 par la Nazionale, a été marquée en fin de cortège par des heurts avec la police.
Les forces de l’ordre ont utilisé des lanceurs d’eau pour disperser plusieurs dizaines de manifestants, dont certains étaient armés de bâtons, qui tentaient de sortir de la zone prévue pour la manifestation afin de se diriger vers le stade, où se tenait un match capital de qualification pour la Coupe du monde 2026.
Les manifestants, vêtus de noir, ont également utilisé des pétards et des fumigènes, puis ont incendié des poubelles dans les rues, avant d’être stoppés, voire interpellés, par des policiers en tenue anti-émeute, a constaté un journaliste de l’AFP.
Selon l’agence AGI, une journaliste de la Rai a été blessée, touchée au visage par une pierre, mais son pronostic vital n’est pas engagé.
Ces incidents sont survenus à la fin de la manifestation, qui avait rassemblé, dans un premier temps, plusieurs milliers de personnes venues de toute l’Italie dans le calme.
Un important dispositif de sécurité avait été déployé pour encadrer les manifestants qui brandissaient des drapeaux palestiniens, des affiches dénonçant « la mort de 200 000 enfants » ou arborant, en référence au football, des cartons rouges « contre le génocide ».
Le bus de l’équipe israélienne a été escorté jusqu’au stade par treize véhicules de police, dont certains appartenaient aux forces spéciales, ainsi que par plusieurs motos.
Le bruit des hélicoptères surveillant la ville résonnait dans les airs depuis le matin, des drones avaient été aperçus dans le ciel et des tireurs d’élite avaient également été repérés sur le toit de l’hôtel où séjournait l’équipe israélienne.
Dans le centre-ville, environ 10 000 personnes ont participé à une marche anti-Israël, qui s’est déroulée sans incident pendant près de trois heures avant d’atteindre sa destination finale. Puis, une cinquantaine de manifestants, le visage couvert, ont commencé à affronter les forces de l’ordre, qui ont utilisé des canons à eau et des gaz lacrymogènes pour les disperser.
Le groupe tentait manifestement de franchir les cordons de police pour se diriger vers le stade, situé à la périphérie de la ville. Ils ont lancé des barrières métalliques sur les forces antiémeutes, ainsi que des fusées éclairantes et d’autres objets, et ont incendié des poubelles.
De nombreux magasins et restaurants ont décidé de ne pas ouvrir mardi et ceux qui l’ont fait ont dû respecter des règles strictes, notamment retirer tout mobilier extérieur ou autre objet pouvant être utilisé comme arme.
L’Italie a également affronté Israël il y a un an à Udine, une ville du nord-est de l’Italie, près de la frontière slovène, qui a été choisie en raison de la difficulté d’accès et de la facilité d’isoler le stade, autour duquel des barrages routiers ont été mis en place.
La zone a été déclarée « zone rouge » et il a été fortement recommandé aux supporters d’arriver tôt en raison des contrôles rigoureux, chacun devant également passer par un détecteur de métaux.
Moins de 10 000 billets ont été vendus pour le match de qualification au Stadio Friuli, qui compte 25 000 places, et il semblait y avoir moins de monde dans le stade qu’à la manifestation.
Le match avait été remis en question le mois dernier, lorsque l’UEFA avait envisagé de suspendre Israël en raison de la guerre, et lorsque le maire d’Udine, Alberto Felice De Toni, avait demandé le report de la rencontre.
L’Hatikva sifflé
Même si la première phase du plan de paix à Gaza a été mise en œuvre lundi, avec la libération des vingt derniers otages vivants, les manifestants sont restés mobilisés, s’est réjouie une représentante du comité Palestine d’Udine, l’une des associations qui ont appelé à manifester avec plus de 300 organisations, syndicats et groupes.
« Nous sommes bien sûr heureux que les bombardements aient pris fin […] Notre message ne concerne pas uniquement ce qui se passe à Gaza, nous sommes aussi opposés aux politiques d’occupation et d’apartheid qui impactent tous les Palestiniens », a expliqué à l’AFP Carolina qui n’a pas souhaité donner son nom de famille.
« Il n’y a plus de bombardements, ce qui nous réjouit, mais le problème avec ce plan de paix, c’est qu’il n’est pas question d’un État palestinien », a regretté de son côté Amer Hasan, un Palestinien de 61 ans qui vit en Italie depuis quarante-deux ans.
« Ce match ne devrait pas avoir lieu, car cette équipe représente un pays qui commet un génocide », a-t-il estimé.
Dans un stade dont les abords ont été transformés en zone de haute sécurité, l’Italie a décroché une victoire capitale grâce à un doublé de Mateo Retegui (45ᵉ +2, 74ᵉ) et Gianluca Mancini (90ᵉ +3).
En début de match, Israël s’est créé les meilleures occasions, obligeant le gardien italien Gianluigi Donnarumma à réaliser un bel arrêt face à l’ailier Manor Solomon.
Les Azzurri se sont rarement montrés dangereux jusqu’à ce que Mateo Retegui leur donne l’avantage juste avant la pause, après avoir été victime d’une faute et avoir transformé le penalty qui en a résulté d’un tir du pied droit dans la lucarne.
À l’heure de jeu, Israël a failli égaliser, mais Donnarumma a repoussé un tir d’Oscar Gloukh. Puis, à la 74ᵉ minute, Retegui a doublé la mise en récupérant le ballon à l’entrée de la surface, en coupant vers l’intérieur et en plaçant une frappe enroulée dans la lucarne.
Le match s’est déroulé devant un peu moins de 10 000 spectateurs, dont une centaine de supporters israéliens. L’Hatikva, l’hymne national israélien, a été sifflé avant le coup d’envoi. Une spectatrice qui tentait de déployer un drapeau « palestinien » a été évacuée par des stewards.
Grâce à cette quatrième victoire consécutive, la quatrième en autant de matchs sous la direction de Gennaro Gattuso, l’Italie est assurée de terminer au minimum deuxième du groupe I et donc de disputer les barrages, qui lui ont été fatals lors des Coupes du monde 2018 et 2022.
« On avait beaucoup à perdre, mais l’équipe a bien négocié un rendez-vous compliqué, dans un contexte difficile », a analysé Gattuso au micro de la Rai.
La Nazionale peut encore théoriquement finir première et se qualifier directement pour la prochaine Coupe du monde, mais elle doit remporter ses deux derniers matchs et marquer beaucoup de buts pour dépasser la Norvège, leader avec 18 points et une différence de buts nettement favorable (+26 contre +10).
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