Un soldat israélien est tombé au champ d’honneur au Liban
Le missile tombé dans le nord a tué le sergent Liran Ben Zion, 19 ans, et d'autres attaques ont grièvement blessé 4 soldats et fait 2 blessés, dont un grave, dans le nord ; la raffinerie de Haïfa en proie aux flammes après une frappe iranienne
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Dimanche, un soldat israélien a été tué par un missile antichar du Hezbollah dans le sud-Liban et quatre soldats ont été grièvement blessés lors de plusieurs incidents, a annoncé Tsahal lundi, une attaque simultanée de missile du Hezbollah et de l’Iran ayant de nouveau provoqué un incendie dans les locaux de la principale raffinerie de pétrole de Haïfa.
Le soldat tué est le Sgt. Liran Ben Zion, 19 ans, du 9e bataillon de la 401e Brigade blindée, originaire de Holon.
Selon l’enquête menée par l’armée, un missile antichar a frappé un char du 9ᵉ bataillon, tuant Ben Zion et blessant gravement l’officier. Peu après, deux autres missiles antichars ont été tirés en direction des troupes, sans faire de blessés.
Tsahal a indiqué que des soldats opérant à proximité avaient localisé la cellule responsable de cette attaque meurtrière.
Ben Zion est le sixième soldat tué suite à la reprise de l’offensive de Tsahal contre le Hezbollah. Deux civils ont également été tués par des roquettes du Hezbollah, et un civil israélien a été tué par erreur dans le nord par des tirs d’artillerie israéliens.
Le Hezbollah, qui n’avait pas attaqué Israël depuis l’accord de cessez-le-feu de novembre 2024, a déclaré avoir repris ses attaques en réponse aux frappes continues d’Israël au Liban depuis cet accord, ainsi qu’à l’élimination du guide suprême iranien, Ali Khamenei, lors de la première salve de la campagne de bombardements américano-israélienne en Iran, le 28 février dernier.
Depuis, le Hezbollah tire des centaines de roquettes par jour, estime Tsahal. La grande majorité de ces tirs quotidiens de roquettes visent les soldats israéliens déployés dans le sud-Liban, seuls quelques dizaines de projectiles ayant franchi la frontière israélienne.
Lors d’autres incidents, deux soldats ont été grièvement blessés par un missile guidé antichar, un soldat a été grièvement blessé et deux ont été modérément blessés par un drone du Hezbollah tombé près des soldats israéliens dans le sud-Liban.
Un autre soldat a été légèrement blessé lors d’un « accident opérationnel » dans le sud-Liban. Tous les blessés été transférés à l’hôpital et les familles ont été prévenues.
Le Hezbollah a continué à tirer des roquettes et des drones sur Israël pendant toute la nuit et ce, jusqu’à lundi.
Lundi matin, une attaque simultanée de l’Iran et du groupe terroriste installé au Liban a déclenché des sirènes jusqu’à Herzliya et fait deux blessés, l’une d’entre elles grièvement.
Au moins six ponts d’impact ont été signalés – trois à Kiryat Ata, deux à Haïfa et un à Shfaram.
L’attaque a déclenché un incendie dans une raffinerie de pétrole à Haïfa déjà touchée et endommagée par des fragments d’intercepteurs le 19 mars dernier.
Sur les images de la scène, on peut voir un épais panache de fumée noire s’élever dans le ciel à l’aplomb du point d’impact.
Selon le Service d’incendie et de secours, un bâtiment industriel et un camion-citerne des raffineries de pétrole israéliennes de Haïfa ont été touchés par des débris d’un missile intercepté. On ignore à ce stade s’il s’agit du missile tiré depuis l’Iran ou de celui tiré depuis le Liban par le Hezbollah, soutenu par Téhéran.
Un des pompiers a déclaré à la radio publique Kan que le camion-citerne en question se trouvait en périphérie du site et contenait du benzène, ce qui ne présente pas de danger. Il a précisé qu’il faudrait plusieurs heures pour éteindre l’incendie.
Les pompiers font en sorte que le feu ne se propage pas ailleurs tout en recherchant des personnes qui auraient pu se retrouver piégées.
Selon le ministre de l’Énergie, Eli Cohen, les installations de production n’ont pas été endommagées et l’approvisionnement en carburant ne devrait pas être affecté. Par ailleurs, le ministère de la Protection de l’Environnement a écarté tout risque de fuite de matières dangereuses.
Cela fait des années que les riverains de l’usine et les militants écologistes tentent d’obtenir la fermeture du complexe de Bazan et le transfert des matériaux qu’il produit, à cause de la forte pollution qu’il génère — avec à clef une forte prévalence des cas de cancer et d’asthme — et de la crainte de conséquences désastreuses en cas de guerre.
Depuis que les installations ont été touchées par un missile iranien en début de mois, Avihu Han, maire adjoint de Haïfa et président de l’Association des villes de la baie de Haïfa en faveur de la protection de l’environnement, presse le gouvernement de fermer les raffineries au plus tôt, conformément à la décision de passer à l’importation et au stockage sécurisé, ailleurs, des distillats de pétrole.
« Nous ne pouvons pas continuer à jouer à la roulette russe avec la vie et la sécurité des habitants de la métropole de Haïfa et la sécurité énergétique des citoyens de l’État d’Israël », a-t-il déclaré, ajoutant que la localisation des raffineries en plein coeur d’une métropole était une grave erreur de politique énergétique et sécuritaire.
Dotée d’une tour de refroidissement (anciennement deux), la raffinerie du Groupe Bazan Ltd. s’étend sur 212 hectares, à deux kilomètres de la baie de Haïfa. Elle est depuis longtemps une cible des ennemis d’Israël.
Lors de la guerre contre l’Iran de juin dernier, Bazan avait déjà été touchée à deux reprises, ce qui avait causé la mort de trois ouvriers morts dans le violent incendie qui s’en était suivi.
« Des terroristes déguisés en ambulanciers »
L’armée israélienne a fait savoir qu’elle poursuivait ses frappes au Liban en représailles à celles du Hezbollah.
Suite à l’accord de 2024, Israël a conservé cinq positions stratégiques à au Liban, invoquant des raisons de sécurité, et y a mené des frappes aériennes régulières, accusant le Hezbollah de violations du cessez-le-feu.
Le groupe terroriste a déclenché les hostilités en entrant dans la guerre américano-israélienne contre l’Iran le 2 mars dernier, au moyen de tirs de roquettes sur le nord d’Israël.
L’armée libanaise a déclaré qu’une frappe israélienne avait tué un soldat à un poste de contrôle au sud de Tyr, ce qu’une source militaire libanaise a qualifié de ciblage direct d’une position militaire.
« Une attaque israélienne a visé un poste de contrôle de l’armée » près de Tyr, « ce qui a causé la mort d’un soldat et fait plusieurs blessés », a déclaré l’armée libanaise.
Tsahal n’a pas fait de commentaire sur ce point.
Lundi, l’armée israélienne a également revendiqué la frappe de « terroristes du Hezbollah déguisés en ambulanciers » dans le sud-Liban, samedi. Selon Tsahal, les opérateurs du Hezbollah opéraient à côté d’une ambulance.
« Les terroristes ciblés étaient en train de faire passer des armes à l’aide d’ambulances du nord au sud-Liban, dans le cadre de leurs activités terroristes, dans le but de les retourner contre les soldats israéliens et l’État d’Israël », a affirmé l’armée.
Samedi, le ministre de la Santé du Liban a annoncé la mort de neuf secouristes dans des frappes israéliennes, quatre d’entre eux appartenant au Comité islamique de la santé du Hezbollah et cinq aux Scouts de Risala, des alliés du Hezbollah.
L’armée israélienne a, à de nombreuses reprises, mis en garde contre le risque que le Hezbollah utilise des ambulances et des installations médicales du Liban à des fins guerrières.
« Rien que le mois dernier, des dizaines de roquettes ont été tirées vers l’État d’Israël et sur des soldats de Tsahal depuis les zones où ces terroristes opéraient, en se servant d’ambulances et d’infrastructures médicales à des fins militaires », a déclaré Tsahal.
« L’utilisation d’ambulances et d’équipes médicales pour dissimuler des activités terroristes est une violation grave du droit international. Selon les directives de Tsahal et conformément au droit international, les équipes médicales bénéficient d’une protection spéciale sous réserve qu’elles ne prennent pas part à des activités hostiles sans rapport avec leurs fonctions humanitaires et sous réserve des conditions établies par la loi », a ajouté l’armée.
Les frappes israéliennes et les opérations terrestres ont tué plus de 1 200 personnes au Liban, parmi lesquels des enfants, des femmes et du personnel médical, selon le ministère de la Santé libanais qui ne fait pas le distinguo entre civils et hommes armés.
Stav Levaton a contribué à cet article.
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