Moyen-Orient : Le retour des diplomates américains, signe d’un apaisement des hostilités ?
Le redéploiement diplomatique débutera cette semaine ; les ambassades en Israël, Jordanie et Oman retrouveront leurs effectifs complets, malgré l'échec des négociations
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Les États-Unis s’apprêtent à renvoyer leur personnel diplomatique dans les ambassades du Moyen-Orient, évacuées au moment de la guerre contre l’Iran, a rapporté mardi le New York Times, citant un document interne du Département d’État ainsi que trois responsables américains, qui ont témoigné sous couvert d’anonymat.
Selon le New York Times, cette décision laisse entendre que Washington ne s’attend pas à une reprise du conflit militaire dans un proche avenir, en dépit de l’impasse des négociations entre les États-Unis et l’Iran.
Compte-tenu de l’échec des négociations, Washington s’est progressivement tourné vers les pressions économiques pour tenter d’obtenir des concessions de la part de Téhéran. Lundi, le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a dévoilé ce qu’il a qualifié de « Jour J pour l’économie », avec des sanctions secondaires destinées à « couper tous les cordons d’alimentation économique » qui maintiennent l’Iran à flot.
Le redéploiement des diplomates devrait commencer dès cette semaine.
Le New York Times évoque plusieurs pays qui devraient voir revenir les diplomates, à commencer par Israël, la Jordanie, le Liban, l’Arabie saoudite, l’Irak, le Koweït ou encore Oman.
Le Département d’État a déclaré au journal qu’il « réévaluait sans cesse la posture de sécurité en matière de missions diplomatiques partout dans le monde ».
« Sur la base de notre dernière évaluation, nous ajustons nos effectifs sur certains postes au Moyen-Orient afin de garantir que nous puissions continuer à faire progresser les objectifs de la politique étrangère américaine tout en protégeant la sûreté et la sécurité de notre personnel. »
Le quotidien cite d’anciens responsables qui voient dans cette mesure le signe que les États-Unis n’envisagent pas de sitôt de reprendre un conflit à grande échelle.
« Le retour du personnel au sein des missions partiellement évacuées suggère que l’administration estime que la guerre touche à sa fin », a déclaré au New York Times Dan Shapiro, ex-ambassadeur des États-Unis en Israël.
Toutefois, d’autres spécialistes mettent en garde : le fait que certains membres des familles ne soient pas autorisés à revenir témoigne de la persistance du risque et le retour des diplomates n’est en rien une garantie de paix durable.
« Faire revenir le personnel de l’ambassade ne lie pas les mains de l’administration s’il s’agit de mener des actions contre l’Iran », a expliqué au journal Robert Danin, ex-collaborateur du secrétaire d’État pour les affaires du Proche-Orient. « Ils l’ont fait une fois ; ils peuvent très bien le refaire. »
La veille de l’attaque menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, fin février dernier, Washington avait autorisé le personnel non essentiel de son ambassade à Jérusalem et leurs proches à quitter Israël.
Lorsque des drones et des roquettes iraniens ont frappé les installations diplomatiques américaines en Arabie saoudite, au Koweït, en Irak et ailleurs, le Département d’État a ordonné de nouvelles évacuations au sein de ses missions dans toute la région.
L’ambassade américaine au Liban devrait être la première à voir revenir ses diplomates, mais la mission continuera de fonctionner en deçà de ses capacités maximales. Les ambassades en Israël, en Jordanie et en Oman devraient, elles, retrouver des effectifs complets.
Les postes situés au Liban, en Arabie saoudite, au Qatar et dans les Émirats arabes unis fonctionneront dans un premier temps à 85 % de leurs effectifs habituels, et ceux situés en Irak, au Koweït et au Bahreïn, à 75 %.
Les restrictions interdisant aux diplomates de venir avec leurs proches resteront en vigueur au Liban ainsi que dans les six États du Golfe.
la Communauté du Times of Israël !








