Netanyahu a fait des promesses à Nir Oz et « nous a oubliés », dit une ex-otage
"Jusqu'à quand cela va-t-il durer ? Je perdais un kilo tous les deux jours en captivité" a dit Yocheved Lifshitz, veuve d'Oded, l'un des otages assassinés
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Devant la commission des affaires étrangères et de la défense de la Knesset, l’ex-otage Yocheved Lifshitz, veuve de l’otage assassiné Oded Lifshitz, a déclaré mardi que sa maison, dans le kibboutz Nir Oz, avait été « totalement ignorée par les autorités et l’armée » le jour du pogrom commis par le Hamas le 7 octobre 2023.
« Nous avons été abandonnés durant des heures aux terroristes du Hamas qui ont violenté et massacré les habitants du kibboutz et mangé le petit-déjeuner qu’ils avaient laissé sur la table », a-t-elle dit.
Yocheved Lifshitz a été libérée deux semaines après avoir été kidnappée et emmenée en otage à Gaza. Son mari a été assassiné peu après son enlèvement, selon l’armée israélienne. Sa dépouille a été restituée dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu assorti de la libération d’otages, conclu plus tôt cette année.
« Je m’adresse au gouvernement : jusqu’à quand cela va-t-il durer ? Je perdais un kilo tous les deux jours en captivité – pensez à ceux qui sont toujours là-bas. Vous parlez de tout sauf de les faire libérer. »
« Aujourd’hui, quand je me rends à Nir Oz, le plus dur pour moi est de voir que 85 % du kibboutz est incendié, qu’un quart de ses habitants a été kidnappé ou assassiné et que Bibi a attendu un an et sept mois pour faire le déplacement », a-t-elle ajouté en appelant le Premier ministre Benjamin Netanyahu par son surnom.
Netanyahu a fait de grandes promesses importantes lorsqu’il est venu, « mais dès la barrière franchie, c’était oublié », a-t-elle poursuivi.
Elle n’a pas précisé la nature de ces promesses, mais faisait peut-être allusion, au moins en partie, à celle de ramener les otages.
Ce n’est que le mois dernier que le Premier ministre s’est rendu pour la première fois à Nir Oz, une communauté où 117 des 400 habitants ont été enlevés ou tués lors du massacre. Neuf d’entre eux sont toujours retenus en otage à Gaza. Malgré ou à cause du carnage généralisé, la plupart des responsables politiques du gouvernement ont évité de se rendre à Nir Oz.
À l’époque, des analystes avaient estimé que cette visite traduisait probablement la volonté de Netanyahu de conclure un accord avec le Hamas pour mettre fin à la guerre et libérer les otages. Mais depuis, les négociations ont échoué. La semaine dernière, le cabinet a approuvé un plan du Premier ministre visant à prendre le contrôle de Gaza-City, une mesure qui, selon les familles des otages, mettrait la vie de leurs proches en danger.
Mardi, plusieurs survivants de la Shoah ont eux aussi pris la parole devant la commission pour demander au gouvernement de faire libérer les otages.
L’un d’entre eux, Michael Adam, a parlé de sa captivité aux mains des nazis, dans un camp du nord de la France pendant près d’un an au moment de la Seconde Guerre mondiale. Il a expliqué qu’il n’avait plus que la peau sur les os lorsqu’il a été libéré et que le traumatisme « dure toute la vie », passant d’une génération à une autre.
Hannah Gofrit, qui a été cachée par des Polonais pour échapper aux nazis, a déclaré à la commission que « chaque jour est critique. Je me cachais dans des placards. Je me cachais partout ».
« Libérez-moi de ce cauchemar », a-t-elle déclaré. « Je me demande si, le 7 octobre, une telle catastrophe m’était arrivée à nouveau, et que j’avais six ans et demi, quelqu’un viendrait-il me sauver ? Quelqu’un s’en soucierait-il ? »
« Secouez-vous et faites-les tous libérer », s’est écrié un autre survivant.
Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent toujours 50 otages, dont 49 des 251 personnes enlevées par le Hamas le 7 octobre 2023. Parmi eux figurent les dépouilles d’au moins 28 personnes dont la mort a été confirmé par l’armée israélienne. Vingt seraient encore en vie et deux autres dans un état critique, selon des responsables israéliens. Le Hamas détient également la dépouille d’un soldat de Tsahal tué à Gaza en 2014.
Le personnel du Times of Israel a contribué à cet article.
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