Netanyahu à la chef du PAM: Israël « redoublera d’efforts » pour renforcer l’aide à Gaza
Cindy McCain décrit un Premier ministre "visiblement préoccupé" par le manque de nourriture ; Guterres dénonce "une liste interminable d’horreurs" et alerte sur Gaza-City
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Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a rencontré à Jérusalem la directrice exécutive du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies (ONU), Cindy McCain, pour une « réunion constructive concernant la fourniture continue et durable d’aide humanitaire aux civils de Gaza », ont-ils annoncé jeudi dans un communiqué conjoint. La responsable avait prévenu plus tôt que Gaza était « au point de rupture ».
Cette rencontre a eu lieu quelques jours après que l’Integrated Food Security Phase Classification (IPC), l’organisme international de référence en matière de sécurité alimentaire, a déclaré pour la première fois que la famine avait frappé le nord de la bande de Gaza, une zone densément peuplée.
Après s’être rendue à Gaza en début de semaine, McCain avait également rencontré mercredi le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, le directeur général du ministère des Affaires étrangères, Eden Bar Tal, et le chef du COGAT, le major-général Ghassan Alian. Jeudi, elle s’est entretenue à Ramallah avec le Premier ministre de l’Autorité palestinienne (AP), Mohammad Mustafa.
Netanyahu et McCain ont discuté de « l’importance de protéger les civils contre la faim et la malnutrition et de veiller à ce que leurs besoins essentiels soient satisfaits », soulignant l’augmentation de l’aide entrant à Gaza au cours du mois dernier.
Selon leur communiqué, ils ont convenu de « redoubler d’efforts pour accélérer et maintenir l’entrée des biens humanitaires à Gaza, compte tenu des besoins urgents sur le terrain ».
Ils ont également convenu que, dans la mesure du possible, l’aide devait parvenir « aux personnes les plus vulnérables, là où elles se trouvent ». Ces termes semblent indiquer une réforme imminente du modèle de la Gaza Humanitarian Foundation (GHF), qui oblige actuellement de nombreux Palestiniens à parcourir plusieurs kilomètres dans des conditions dangereuses pour recevoir de l’aide.
Tsahal a déclaré cette semaine avoir ouvert deux nouveaux sites GHF dans le sud de Gaza et en avoir fermé un autre. L’ambassadeur américain Mike Huckabee avait indiqué au début du mois que des plans étaient en cours pour étendre le dispositif à 16 sites, afin de réduire la surpopulation dans les centres existants.
Netanyahu et McCain ont également convenu « que l’aide humanitaire doit être fournie exclusivement aux civils ». Israël accuse le Hamas de détourner l’aide et de l’utiliser pour financer ses opérations contre les troupes israéliennes.
« Une liste interminable d’horreurs »
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a qualifié la famine à Gaza de « catastrophe actuelle » et il a affirmé que le lancement prévu de l’offensive militaire israélienne à Gaza-City marquait « une nouvelle phase dangereuse ».
Il a averti que cette opération aurait « des conséquences dévastatrices » et contraindrait des centaines de milliers de civils déjà traumatisés et épuisés à fuir à nouveau.
« Gaza est jonchée de décombres, de cadavres et d’exemples de ce qui pourrait constituer de graves violations du droit international », a-t-il déclaré, dénonçant « la liste interminable d’horreurs » commises dans la bande depuis octobre 2023.
La guerre en cours a été déclenchée par le pogrom meurtrier perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas dans le sud d’Israël le 7 octobre 2023, au cours duquel plus de 1 200 personnes ont été assassinées et 251 ont été enlevées et emmenées en otages dans l’enclave.
Le chef de l’ONU a rappelé qu’Israël, en tant que puissance occupante, avait l’obligation de protéger les civils, de faciliter un accès humanitaire beaucoup plus large et de répondre à leurs besoins essentiels.
Le démantèlement systématique des systèmes qui fournissent nourriture, eau et soins de santé, a déclaré Guterres, « est le résultat de décisions délibérées qui défient les principes fondamentaux de l’humanité ».
Les médiateurs égyptiens et qataris attendaient toujours la réponse d’Israël à une offre de trêve à Gaza, offre acceptée par le Hamas, a déclaré jeudi le ministre qatari des Affaires étrangères.
La proposition prévoit l’échange de 10 otages vivants contre des prisonniers palestiniens sécuritaires pendant une trêve de 60 jours, susceptible d’être prolongée dans le cadre d’une deuxième phase si les parties doivent s’accorder sur les termes d’un cessez-le-feu permanent.
En échange de chaque otage vivant, Israël libérerait 60 prisonniers palestiniens condamnés à des peines d’au moins 15 ans, dont 140 purgeant une peine de réclusion à perpétuité. Israël remettrait également 1 000 Gazaouis détenus sans inculpation par Tsahal depuis le 7 octobre. En outre, pour chaque dépouille d’otage assassiné, 10 corps de prisonniers palestiniens morts seraient restitués, selon une source proche du dossier.
Israël n’a pas encore officiellement discuté de cette proposition, quasiment identique à celle qu’il avait acceptée plus tôt dans l’année. Netanyahu plaide désormais pour un « cadre global » afin de mettre fin à la guerre et d’obtenir la libération de tous les otages, plutôt qu’un accord progressif discuté depuis des mois.
Israël aurait informé Trump de ses besoins pour « l’après-Hamas »
Mercredi, le président américain Donald Trump a tenu une réunion à la Maison Blanche sur l’avenir de Gaza, au cours de laquelle il a convoqué le ministre israélien des Affaires stratégiques Ron Dermer pour exposer les besoins d’Israël pour « l’après-Hamas », a rapporté jeudi la chaîne d’information N12.
Dermer, proche confident de Netanyahu, aurait affirmé à Trump qu’Israël ne souhaitait ni occuper Gaza de manière permanente ni expulser ses habitants. Ce qu’Israël souhaite, a déclaré Dermer, c’est détruire le Hamas avant de remettre Gaza à une autorité de gouvernance qui ne menacera pas l’État juif.
Citant une source anonyme, la chaîne a rapporté que Dermer avait précisé que si les conditions d’Israël étaient remplies, le pays était prêt à faire des compromis sur toutes les autres questions relatives à Gaza.
Selon cette source, l’objectif de l’effort « de l’après-guerre à Gaza » conduit par la Maison Blanche est que les États-Unis supervisent la mise en place d’un mécanisme de gouvernance à Gaza bénéficiant d’un soutien international, afin de permettre à Israël de se retirer en toute sécurité, sans que l’enclave ne tombe à nouveau sous le contrôle d’un groupe terroriste.
La réunion à la Maison Blanche n’aurait pas abouti à une décision ou une conclusion définitive, selon certaines informations, mais elle a souligné l’urgence de la question : qui pourra gouverner Gaza après le Hamas.
L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.
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