Netanyahu cherche un « Elon Musk israélien » pour lutter contre la bureaucratie
Envieux de l'efficacité des monarchies du Golfe, le Premier ministre entend se débarrasser des réglementations gouvernementales de « l'État profond » qui, selon lui, étouffent les initiatives et le développement
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Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé son intention de faire table rase de la bureaucratie et confirmé être à la recherche d’une personne susceptible d’occuper un tout nouveau poste inspiré de celui occupé par le milliardaire Elon Musk, aux États-Unis, à la tête du ministère de l’efficacité gouvernementale.
C’est à l’antenne d’i24News, lors d’une interview diffusée mercredi, que Netanyahu a fait l’éloge des États non démocratiques du Golfe et de leur efficacité, qui, a-t-il précisé, s’explique par l’absence d’un « État profond » limitant.
Interrogé sur l’information diffusée la veille par la radio publique Kan, selon laquelle il serait à la recherche d’un « Elon Musk israélien », Netanyahu a confirmé l’information tout en niant s’être donné trois semaines pour le faire, ce que disait l’information.
« Nous devons lutter contre notre bureaucratie », a-t-il déclaré.
Israël, a-t-il ajouté, est la seule démocratie du Moyen-Orient. Et de surcroît, une économie libre.
Dans la région du Golfe, a-t-il poursuivi, « il n’y a pas de démocratie, mais il n’y a pas de bureaucratie. Il n’y a pas l’Etat profond totalement fou, impossible à faire avancer… Nous avons tellement de contraintes bureaucratiques pour les entreprises. »
En revanche, a-t-il poursuivi, dans le Golfe, il y a des « initiatives incroyables ».
« Il y a des investissements incroyables au niveau de la recherche et du développement… de l’intelligence artificielle », a-t-il affirmé.
Israël est aujourd’hui une « terre de succès, mais nous ne sommes plus les seuls. Et il nous faut continuer à progresser. Pour nous améliorer, il nous faut lutter contre la bureaucratie et les excès judiciaires, dans chaque bureau, chaque greffe. »
« Soit on ne peut pas bouger, soit on peut pas remplacer un secrétaire », a déploré Netanyahu en faisant allusion au projet de refonte judiciaire promu par son gouvernement.
Au pouvoir depuis 2009, à l’exception d’une période de 18 mois, Netanyahu estime qu’un « État profond » dirige le pays et s’oppose à lui.
Lundi, Kan a fait savoir que Netanyahu avait dit à ses ministres que « la réglementation devait être démantelée ».
Netanyahu aurait montré en exemple les pays arabes les plus modernes, à commencer par les Émirats arabes unis, dont les dirigeants ne sont « pas choisis et donnent des ordres qui se diffusent de haut en bas. Chez nous, les responsables sont choisis et rien ne va. »
Selon Kan, le Premier ministre aurait demandé que l’on trouve quelqu’un dans les trois semaines pour « démanteler la réglementation au niveau gouvernemental ».
Il aurait montré du doigt trois entités qui, selon lui, entravent le travail du gouvernement : les conseillers juridiques, le département budgétaire du ministère des Finances et l’Autorité foncière israélienne.
Le chef de la stratégie de la Fédération du travail – Histadrout -, Itamar Avitan, a déclaré à la chaîne que « de tous les échecs de Trump, gardons-nous d’importer en Israël le pire d’entre eux. Elon Musk a démissionné, très gêné, après que son ministère a causé des dégâts sans précédent aux États-Unis et aux pays du continent américain. »
Il a ajouté que Netanyahu s’en prenait à la bureaucratie parce qu’il voyait dans la fonction publique un « obstacle à la transformation d’Israël en dictature ».
La semaine passée, le gouvernement a limogé la procureure générale, Gali Baharav-Miara, après des mois de confrontations, mais sa décision a été suspendue par la Cour.
Selon Kan, Netanyahu aurait l’intention de nommer un de ses proches, Yossi Shelley, à la tête de l’Autorité foncière d’Israël: Ce dernier serait sur le point de perdre son poste d’envoyé aux Émirats arabes unis suite à un incident « indigne » dans un bar d’Abu Dhabi.
En mai dernier, Musk a quitté ses fonctions au sein de l’administration Trump après quatre mois difficiles durant lesquels son ministère de l’efficacité gouvernementale (DOGE) a supprimé des dizaines de milliers de postes, fermé des agences et réduit l’aide étrangère.
Pour autant, les mesures prises par le DOGE sont loin de l’objectif initial de Musk d’économiser 2 000 milliards de dollars.
La Maison Blanche affirme que le DOGE a jusqu’à présent réalisé 170 milliards de dollars d’économies. Le site indépendant « Doge Tracker » n’a comptabilisé que 12 milliards de dollars et le magazine Atlantic, 2 milliards de dollars.
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