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Netanyahu : « Nous devons être plus forts que les barbares, sinon ils forceront nos portes et détruiront nos sociétés »

"L'histoire prouve hélas que Jésus-Christ n'est pas aussi fort que Gengis Khan", a déclaré le Premier ministre pour sa première conférence de presse en anglais sur la guerre, ajoutant que les États-Unis et Israël devaient "agir maintenant" contre le régime iranien

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu tenant une conférence de presse, à Jérusalem, le 19 mars 2026. (Crédit : Lazar Berman/Times of Israel)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu tenant une conférence de presse, à Jérusalem, le 19 mars 2026. (Crédit : Lazar Berman/Times of Israel)

Ce qui suit est la transcription de la première conférence de presse en anglais du Premier ministre Benjamin Netanyahu depuis le début de la guerre en Iran, tenue à Jérusalem le 19 mars 2026.

Netanyahu a commencé par de brèves remarques en hébreu dans lesquelles il a déclaré qu’au bout de 20 jours de campagne, « l’Iran n’a aujourd’hui plus aucune capacité pour enrichir l’uranium ou produire des missiles balistiques », ce qu’il n’a pas répété lors de sa déclaration en anglais ou lors de la séance de questions-réponses qui a suivi. (Note : Certaines questions posées à Netanyahu n’étaient pas audibles.)

Premier ministre Benjamin Netanyahu : Bienvenue à la presse étrangère. Tout d’abord, je tiens à dire que je suis vivant, et vous en êtes tous témoins. Maintenant que j’ai invalidé cette fake news, je veux vous parler des derniers développements de l’Opération Lion Rugissant.

Sous la direction visionnaire du président Trump, l’Amérique et Israël interviennent de concert en Iran avec une grande détermination et une force sans précédent. L’opération Lion [Rugissant] entend éliminer les menaces existentielles posées par le régime des ayatollahs, lequel est en guerre contre l’Amérique, Israël et le peuple iranien depuis 47 ans. Lequel scande : « À mort l’Amérique, à mort Israël. » Et lequel sème la mort au sein de son propre peuple.

Nous avons trois objectifs. Le premier, éliminer la menace nucléaire. Le deuxième, éliminer la menace des missiles balistiques et faire en sorte que ces deux menaces soient neutralisées avant qu’elles ne soient profondément enfouies sous terre, hors de portée des attaques aériennes. Et le troisième, créer les conditions pour que le peuple iranien saisisse sa liberté et reprenne en mains son destin.

Aujourd’hui, le régime des ayatollahs ne s’en prend pas seulement à l’Amérique, il ne s’en prend pas seulement à Israël, mais aussi au peuple iranien et à tout le Moyen-Orient et même au-delà. Ils s’en prennent à des civils, des Américains et des actifs américains en Irak, au Koweït, en Arabie saoudite, à Bahreïn, au Qatar, aux Émirats arabes unis, à Oman, et ils ont même attaqué, par l’intermédiaire de leurs mandataires, Chypre et l’Europe.

Cela faisait des dizaines d’années que nous disions que leur programme de missiles balistiques servirait un jour contre des cibles un peu partout dans le monde et que si on ne faisait rien, ce ne serait que le début. Le culte de la mort qui prévaut en Iran entend prendre le monde en otage en fermant les accès à une route maritime internationale essentielle, le détroit d’Ormuz. Mais cela ne se passera pas comme ça. Israël contribue à sa manière, par le renseignement et d’autres moyens, à l’effort américain pour rouvrir le détroit d’Ormuz.

Mais je vous prie d’imaginer de quelle manière le régime des ayatollahs pourrait faire chanter le monde s’il avait des missiles balistiques munis d’ogives nucléaires. Imaginez ce qu’ils en feraient. Regardez ce qu’ils font aujourd’hui et imaginez ce qu’ils feraient s’ils avaient des missiles balistiques, des missiles balistiques à portée internationale et des ogives à tête nucléaire.

Imaginez-vous la menace que ce serait, une grande menace.

Aujourd’hui, Israël et les États-Unis protègent l’Amérique, Israël et tout le Moyen-Orient, j’ose même dire le monde entier. Malgré les fake news qui, malheureusement, se répandent depuis le début de la guerre, il y a de cela 20 jours, nous sommes en train de gagner et l’Iran est décimé. L’arsenal de missiles et de drones de l’Iran est considérablement touché et tout sera détruit.

Des centaines de lanceurs ont été détruits. Leur stock de missiles a été durement touché, tout comme les industries qui les produisent. C’est important. Dans le cadre de l’opération Lion Rugissant, nous avons détruit des missiles et une grande partie des infrastructures nucléaires.

Et maintenant, nous détruisons les usines qui produisent les composants qui servent à fabriquer ces missiles et les armes nucléaires qu’ils tentent de produire. Nous anéantissons leur base industrielle, ce que nous n’avions pas fait auparavant.

Les défenses aériennes iraniennes ne servent désormais plus à rien. Leur Marine repose au fond de la mer. Aujourd’hui, nous avons frappé l’autre partie de leur Marine, en mer Caspienne. Leur force aérienne est quasiment détruite. Les structures de commandement et de contrôle de l’Iran sont en déroute. Je peux vous dire qu’il reste encore du travail à faire, et que nous comptons bien le faire.

Des chasseurs F-16 de l’Armée de l’air israélienne se préparent à décoller pour des frappes en Iran, sur une photo de distribution publiée le 19 mars 2026. (Armée israélienne)

J’aimerais conclure ces quelques remarques d’ouverture par une autre fake news. Celle qui prétend qu’Israël a, d’une manière ou d’une autre, entraîné les États-Unis dans ce conflit contre l’Iran. Qui pense que quelqu’un peut dire au président Trump ce qu’il doit faire ? Allons. Le président Trump prend toujours ses décisions en fonction de ce qu’il estime être bon pour l’Amérique, et permettez-moi d’ajouter, ce qui est bon pour les générations futures.

Dans ces circonstances, les enjeux sont on ne peut plus clairs. Comme nos actions et nos succès. C’est en travaillant ensemble, en étroite coordination avec le président Trump, en étroite coordination avec l’Amérique que nos armées et nos services de renseignement atteignent leurs objectifs à une vitesse fulgurante.

J’aimerais dire un mot de plus. On dit que cela fait 40 ans que je mets en garde contre le danger de l’Iran, pour Israël comme pour le monde dans son ensemble. C’est vrai. Et savez-vous qui d’autre l’a fait ? Le président Trump. Il y a de cela 47 ans, lorsque les voyous iraniens ont pris le contrôle de l’ambassade américaine, il a déclaré que ce régime était très dangereux. Lors de son premier mandat, il n’a pas eu besoin de plus de preuves ; il a déclaré que l’accord nucléaire iranien était le pire qui soit. Et il s’en est retiré. Un peu avant son second mandat, avant sa réélection, je suis allé le voir à Mar-a-Lago. La première chose qu’il m’ait dite a été : « Bibi, il faut s’assurer que l’Iran n’ait pas l’arme nucléaire. » C’est ce qu’il m’a dit. Pas moi. Il n’avait pas besoin qu’on le convainque.

Le candidat républicain à la présidence, Donald Trump, accueille le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans son domaine de Mar-a-Lago, le 26 juillet 2024, à Palm Beach, en Floride (Photo AP/Alex Brandon)

Pourquoi a-t-il dit ça ? Parce que cela fait plus de quarante ans que ce régime, comme je l’ai dit au début de mon discours, scande : « À mort Israël, à mort l’Amérique. » Ils disent qu’Israël n’est que le petit Satan qui se dresse sur leur chemin. Le grand Satan, ce sont les États-Unis d’Amérique. Et la raison d’être de ces fanatiques, de ces idéologues, de ces fous, c’est l’anéantissement de la civilisation occidentale et de l’Amérique qui en est la figure de proue. Ils ont fait des victimes, des mutilés et des blessés, des milliers d’Américains en Irak et en Afghanistan. Ils ont tué les Marines américains à Beyrouth. Ils ont fait exploser vos ambassades. Ils ont tenté d’assassiner le président américain Donald Trump, pas une mais deux fois. Et aujourd’hui, ils font du chantage autour du pétrole.

Imaginez ce que feraient ces fous, ce dont ils seraient capables, s’ils avaient l’arme nucléaire et les moyens de l’abattre sur n’importe quelle ville américaine, européenne, partout dans le monde. C’est un danger pour le monde entier. C’est évidemment un danger pour Israël. C’est aussi un danger pour l’Amérique. Nous sommes d’accord sur ce point — le président Trump et moi, Israël et l’Amérique.

Mais je pense que si les gens étaient honnêtes, si leurs dirigeants étaient honnêtes, ils comprendraient que nous ne faisons pas que mener notre combat, nous menons aussi le leur. Je parle avec des dizaines de chefs d’Etat. Des dizaines. Ils le savent tous. Et en privé, ils le disent tous. Ils le disent en privé, mais moi je le dis publiquement.

Le monde devrait se sentir une dette profonde, une dette vraiment profonde, envers le président Trump pour avoir ainsi protégé notre avenir. Merci.

Netanyahu prend une première question, difficilement audible, au sujet des prochains dirigeants iraniens.

On souhaite une transition qui mette en place de vrais changements. L’idée n’est pas de remplacer un ayatollah par un autre. On ne remplace pas Hitler par Himmler. A mon sens, la vraie question est : les conditions seront-elles là pour un tel changement ? Je pense qu’il est trop tôt pour le dire, et je pense qu’in fine, comme je l’ai déjà dit, ce sera au peuple iranien de le montrer — de choisir le bon moment et de se soulever. Nous pouvons créer les conditions propices mais il faudra qu’ils fassent le nécessaire, à un certain moment.

Il se dit qu’on ne peut pas gagner, qu’on ne peut pas faire de révolutions depuis le ciel. C’est vrai. On ne peut pas le faire uniquement depuis le ciel. On peut faire beaucoup de choses depuis le ciel, ce que nous faisons, mais il doit aussi y avoir une composante au sol. Il y a de nombreuses options pour cette composante terrestre, mais je préfère ne pas tout vous dire là-dessus.

Reconnaîtrez-vous Reza Pahlavi si les Iraniens continuent de le soutenir ?

Je ne peux pas dire qui sera là, précisément, mais je pense qu’il est une force positive. Il essaie de rallier le peuple pour mettre en place un gouvernement de transition, un gouvernement de transition démocratique ou du moins modéré. J’espère que ce sera le cas, je pense qu’il est trop tôt pour le dire.

Les partisans de Reza Pahlavi, fils du dernier shah d’Iran, brandissant une affiche à son effigie lors d’une manifestation organisée pendant la Conférence sur la sécurité de Munich, en Allemagne, le 14 février 2026. (Crédit : Ebrahim Noroozi/AP)

Une question sur la fin de la guerre et le fait que les États-Unis auraient été entraînés dans cette guerre.

Eh bien, je pense que nous avons des objectifs concrets, pour ce qui est de la façon de faire et d’y mettre fin. Comme je l’ai dit, nous voulons éradiquer le programme de missiles balistiques – ce que nous faisons en ce moment -, détruire le programme nucléaire, ce que nous faisons aussi. Ce sont des objectifs atteignables, mais je ne donne pas de date. Nous avons nos objectifs mais nous ne comptons pas les jours.

J’ajouterai une chose : le mensonge selon lequel nous aurions entraîné les États-Unis n’est pas qu’un mensonge, il est aussi parfaitement ridicule. Totalement ridicule. Le président Trump l’a dit mieux que moi, mais je l’ai moi aussi dit à de nombreuses reprises : il est toujours dangereux d’agir, mais en cas de menaces existentielles, le danger de ne rien faire est bien plus grand.

À votre avis, que se serait-il passé si l’Amérique n’avait rien fait ? Imaginez un peu ce qui se serait passé. Dans quelques mois, pas plus d’un an, Khamenei, toujours en vie, aurait donné l’ordre de mettre en oeuvre, en secret, leur nouveau programme nucléaire ainsi que le programme de missiles balistiques qu’ils auraient remis sur pieds. Cela leur prendrait du temps, peut-être quelques années, mais ces programmes seraient totalement hors de portée. Pour développer des missiles balistiques intercontinentaux, vous voyez ? C’est-à-dire des missiles capables de frapper Chicago, New York, la Floride, le Texas ou la Californie. Oh, mais ils ne les ont pas encore, c’est ce que disent les gens. Attendons. Laissons-les faire, attendons, attendons et laissons-les faire.

Sur cette image publiée par le ministère de la Défense iranien, des missiles de croisière Abu Mahdi sont présentés lors d’une cérémonie de remise des missiles à la marine nationale et à la marine des Gardiens de la révolution, en Iran, le 25 juillet 2023. Illustration (Crédit : ministère de la Défense iranien/AP)

Mais ce n’est pas possible. Pas au dernier moment. Cela prend du temps. Il faut des mois pour les empêcher de faire ce qu’ils souhaitent et décimer ces industries, voire mettre en place un gouvernement de transition en Iran. Mais certains préfèrent ne rien faire en se disant : ça n’arrivera pas jeudi prochain, pas la peine de faire quoi que ce soit.

Je vous redis qu’il y a un risque énorme à ne rien faire, bien davantage que si l’on fait quelque chose. Si vous vous dîtes que les marchés pétroliers sont en difficulté aujourd’hui, alors imaginez un peu l’Iran avec l’arme nucléaire et les moyens de l’utiliser. Et pensez au chantage qu’il nous imposerait.

Question inaudible.

Je ne vais pas préciser les plans de bataille complets que nous avons avec les États-Unis. Nous sommes bien coordonnés. Une fois que nous aurons atteint nos objectifs, je pense – et les Américains le comprennent très bien car nous sommes de vrais partenaires – qu’il nous faudra avoir plusieurs alternatives.

Au lieu de faire passer le pétrole par les goulots d’étranglement des détroits d’Ormuz et de Bab-al-Mandab, il faudra avoir des oléoducs, des gazoducs qui passent par la péninsule arabique, vers l’ouest, jusqu’en Israël, jusqu’à nos ports méditerranéens, ce qui supprimera les goulots d’étranglement à tout jamais. C’est tout à fait envisageable.

De mon point de vue, cette guerre va déboucher sur du changement et se terminer beaucoup plus vite que ce que les gens pensent. En temps de guerre, il faut serrer les dents. Churchill disait que les démocraties souffrent du sommeil de la démocratie. Une maladie, selon lui. Les démocraties ne se réveillent que lorsqu’ils entendent le gong, le gong strident du danger, c’est ce qu’il disait. Eh bien, on a entendu le gong strident du danger. Ce son strident du danger c’est le fait que l’Iran ait des missiles balistiques et tente de se doter de l’arme nucléaire. Ce n’est pas une petite secousse. C’est une apocalypse. Nous ne pouvons pas les laisser faire.

Le président iranien Masoud Pezeshkian écoute des explications lors de sa visite des installations nucléaires du pays, dans le cadre de sa visite à l’Organisation de l’énergie atomique à Téhéran, en Iran, sur une photo publiée le 2 novembre 2025. (Crédit : Organisation de l’énergie atomique iranienne via AP)

Le rôle des dirigeants est de tenir bon et de dire la vérité à la population, même lorsque les choses sont difficiles. C’est ce qu’il faut faire. On ne voit pas toujours le danger à temps mais c’est le rôle des dirigeants de voir le danger à temps et d’agir en conséquence.

J’espère qu’avec le temps, les gens comprendront la sagesse et le courage de la décision prise par le président Trump, qu’ils apprécieront l’autorité dont il a fait preuve et le fait que nous travaillions de concert. L’Amérique ne se bat pas pour Israël. L’Amérique se bat avec Israël pour un objectif commun, celui de protéger notre avenir et de protéger la civilisation contre ces barbares.

Question : Le président Trump a déclaré aujourd’hui qu’il n’avait pas apprécié la frappe israélienne sur les gisements de gaz iraniens. Ma question est : le président savait-il qu’Israël allait frapper ce gisement de gaz ? L’avait-il validé ? Et s’il vous plaît, si vous me permettez, voyez-vous des signes d’effondrement du régime iranien ? Quelles assurances donnez-vous à la population israélienne que, si elle vous soutient, il n’y aura pas de nouvelle guerre contre l’Iran dans 5 ou 10 ans ?

Je dirai deux choses. La première, c’est qu’Israël a agi seul contre le gisement gazier d’Asaluyeh. La seconde, c’est que le président Trump nous a demandé d’attendre un peu avant les prochaines attaques, ce que nous faisons.

Des images montrent les dégâts causés par une frappe de l’armée israélienne contre le gisement gazier de South Pars, sur la côte nord du golfe Persique, à Asaluyeh, en Iran, le 18 mars 2026. (Crédit : Réseaux sociaux ; utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur le droit d’auteur

Y a-t-il des signes que le régime iranien est en train de craquer ? Oui, beaucoup de signes. Vraiment beaucoup de signes. J’aimerais pouvoir tout vous dire, mais je le vois vraiment. Mais est-ce que je peux d’ores et déjà vous dire, m’engager dès maintenant à dire qu’il va s’effondrer ? Je peux vous dire que nous faisons tout pour créer les conditions nécessaires à son effondrement, mais j’ignore s’il va ou non survivre. S’il survit, il sera beaucoup plus faible. Ce sera sans commune mesure avec ce qu’il y avait. Il sera à son point le plus faible, privé des industries mortifères qu’il aura édifiées tout au long de ces décennies, privé de toutes ses autres capacités et avec l’expérience, la certitude que s’il tentait à nouveau quelque chose, il serait frappé durement encore.

Je ne peux pas vous parler des développements technologiques dans lesquels nous sommes engagés, pour nous prémunir contre tout cela. Mais Israël a montré qu’il pouvait accomplir des choses fabuleuses, seul ou avec ses alliés américains, des choses vraiment extraordinaires.

Comme l’a dit Pete Hegseth, le Secrétaire à la Guerre, ce sont les deux meilleures forces aériennes au monde. Ce sont les deux meilleurs services de renseignement au monde. Capables de lutter contre ces barbares et de les battre, que ce soit sur le plan de l’innovation ou, si nécessaire, de la létalité. Une létalité dirigée, une létalité ciblée. Qui s’en prend à ceux qui tuent tout en épargnant autant que possible les victimes civiles.

Le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth suivi du président des chefs d’état-major interarmées des États-Unis, le général Dan Caine, arrivant pour une conférence de presse, au Pentagone à Washington, le 19 mars 2026. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

Nous avons ces capacités, nous les utilisons pour notre avenir. C’est ce qui protège notre avenir.

Mais il y a des gens qui préfèrent être naïfs, qui ne voient pas vraiment dans quel monde on vit. Dans ce monde, il ne suffit pas d’être moral. Il ne suffit pas d’être juste. Il ne suffit pas d’avoir raison. Vous savez, j’admire beaucoup l’historien Will Durant, l’un des plus grands écrivains du XXe siècle. Il a écrit beaucoup de livres. Je les ai presque tous lus. Il a également écrit Les Leçons de l’Histoire, un très court livre de 100 pages, dans lequel il dit : l’histoire prouve hélas que Jésus-Christ n’était pas aussi fort que Gengis Khan. Parce que si l’on se montre suffisamment fort, suffisamment impitoyable, suffisamment puissant, le mal l’emporte sur le bien. L’agressivité l’emporte sur la modération.

Donc nous n’avons pas le choix. Si on regarde le monde tel qu’il est aujourd’hui, il faut être aveugle pour ne pas voir que les démocraties dirigées par les États-Unis doivent réaffirmer leur volonté de se défendre. Et s’opposer à leurs ennemis quand il en est encore temps, avant que le gong strident du danger ne les réveille mais trop tard. Nous en sommes là.

Le fait que les gens ne voient pas cela, que nombre de médias distillent des fake news ou des choses à courte vue, qu’ils ne voient pas à quel moment de l’histoire nous en sommes, la lutte historique dans laquelle nous sommes engagés aujourd’hui, n’efface pas la réalité des choses.

Nous sommes déjà forts et nous devons le rester. Nous devons être armés. Nous devons être plus puissants que les barbares, sinon ils ne resteront pas à la porte. Ils défonceront nos portes et détruiront nos sociétés. C’est le combat dans lequel Israël est impliqué avec les États-Unis. Je suis très fier que le peuple israélien reste ferme, que l’armée israélienne reste ferme.

Nous nous sommes levés le 7-Octobre. Notre peuple, nos soldats, se sont levés comme des lions. Mais en nous protégeant et en nous joignant à nos grands amis américains, nous protégeons aussi le monde entier.

Compte tenu des attaques contre les alliés américains dans le Golfe, compte tenu de la flambée des prix de l’énergie, des coûts élevés, des Américains morts au combat, nombre d’Américains se demandent si vous avez induit leur gouvernement en erreur pour déclencher cette guerre, et combien de temps les Américains vont continuer à en payer le prix ?

Eh bien, je n’ai induit personne en erreur, et je n’ai pas eu à convaincre le président Trump de la nécessité d’empêcher l’Iran de développer son programme nucléaire, l’enterrer et tirer des missiles à pointe nucléaire sur les États-Unis. Il l’avait compris. Il me l’a expliqué. Pas moi. Notre partenariat est, je crois, la seule façon d’éviter que ne se produisent ces catastrophes.

La mort de militaires est douloureuse. Au début de mon service militaire, un de mes camarades est mort dans mes bras. J’ai perdu un frère qui a combattu des terroristes, qui a mené le sauvetage historique d’Entebbe. Ce qu’endurent les familles qui perdent un des leurs est très difficile : je compatis et j’adresse les condoléances du peuple israélien à ces familles et au peuple américain.

La liberté est précieuse. Cela a un prix. Si on n’est pas prêt à la défendre, si on n’est pas prêt à résister aux tyrannies qui tentent de se doter d’armes létales de grande ampleur, on n’a aucun avenir. Alors, nous faisons ce que nous pouvons. En ce qui concerne la hausse des prix du pétrole. Ce sont des pics. Vous savez ce que c’est ? Vous savez comment ça marche ? Ça monte et ça descend. Les Américains travaillent très dur et nous faisons tout notre possible pour les aider à rouvrir le détroit d’Ormuz. S’ils réussissent, ce que je pense, les prix du pétrole baisseront.

Mais si vous dites, c’est dur en ce moment — oui c’est dur, les gens souffrent — alors c’est mieux de ne rien faire, de céder au chantage, de laisser faire l’Iran, de les laisser développer des armes nucléaires et des missiles balistiques qu’ils enverront sur New York ou Los Angeles, alors vous êtes victime du chantage d’une manière inimaginable.

Selon moi, cette guerre a permis de voir ce qu’est l’Iran. Cela fait des années que l’on dit de regarder ces gens. Ils font des choses que les régimes normaux ne font pas. Les autres adversaires des États-Unis ne disent pas mort à l’Amérique, mort au Grand Satan, ils ne massacrent pas des dizaines de milliers des leurs, comme ça, en l’espace de deux jours.

Cela arrive parfois, mais cette combinaison, cette combinaison de fanatisme, de folie idéologique pure, il n’y a pas d’autre façon de la qualifier, de cruauté totale de ce régime, la rend particulièrement dangereuse, non seulement pour Israël et les États-Unis, mais pour tous ceux qui se trouvent entre eux, et même ailleurs.

Et quid du fait que cela ne soit pas reconnu. Vous me demandez ce qu’en pensent les gens ? Qu’en pensaient-ils dans les années 30 ? Que pensaient-ils dans les années 30, face à ce régime terrible, impitoyable, dirigé par un fou, qui prenait un pays après l’autre, faisait tout de façon très ordonnée ? Qu’ont-ils dit ? Ils ont dit quoi ? Ils ont dit : ‘Ne nous mêlons pas de ça. Ce n’est pas notre guerre. Ce n’est pas notre problème. Peut-être que cela ne concerne que les Juifs. »

N’avons-nous rien appris ? Absolument rien en 80 ans ? Ne voyons-nous pas le danger qui rôde ? Il ne rôde pas. Il est revenu, sorti de la fange. Il se tient là devant nous. Nous éclabousse de sang. Je refuse de m’avouer vaincu. Nous ne sommes pas vaincus. Je parle à beaucoup de mes amis américains. Ce ne sont pas des ignorants. Ils comprennent tout ça. Mais pas certaines personnes. Certains s’y opposent farouchement, mais beaucoup adoptent une attitude attentiste.

Les forces de sécurité et de secours israéliennes inspectent les dégâts sur les lieux où un missile tiré depuis l’Iran en direction d’Israël a tué deux personnes et causé des dégâts à Ramat Gan, dans le centre d’Israël, le 18 mars 2026. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Mais je peux vous dire que j’ai parlé, comme je l’ai dit il y a un instant, j’ai parlé à de nombreux, très nombreux dirigeants. Des dizaines et des dizaines d’entre eux. Ils disent tous la même chose : je comprends. Certains le disent franchement. Ils sont courageux. Et certains disent : Vous savez, je ne sais pas, j’aimerais comprendre, mais certains de mes proches ne le comprennent pas, ou les médias sont contre moi, et ainsi de suite.

Je suis heureux de voir qu’aux États-Unis un très grand nombre, un très grand pourcentage des partisans du président Trump, ses partisans de toujours, le comprennent. Et j’espère que mes amis et collègues de longue date, de l’autre bord politique, ceux qui comprennent et sont d’accord avec ce que je viens de dire, et ils sont nombreux, auront eux aussi le courage de le dire.

Parce qu’au final, à quoi servent les dirigeants ? Le plus important, le plus important de tout, c’est d’assurer la sécurité de son peuple. Ce qui passe par le fait d’identifier les dangers à temps. Et d’agir contre cela. C’est le B.A.BA de la survie de tout organisme biologique. Il faut voir les dangers à temps et agir à temps. Soit on lutte, soit on s’enfuit. Ce sont les deux options. Mais où fuir ? Nulle part, car l’Iran peut atteindre tous les pays du monde. Donc, à un certain moment, il faut se battre. Nous en sommes arrivés là. Il n’est pas trop tard, nous sommes arrivés à temps.

J’invite tous ceux qui sont d’accord avec ce que dit le président Trump, et avec ce que je dis, à agir. Je n’ai pas eu à convaincre le président Trump de quoi que ce soit. Il n’avait pas besoin d’être convaincu. Il a agi comme un grand chef, pour protéger son pays et l’avenir.

Monsieur le Premier ministre, le Hezbollah a ouvert un nouveau front contre Israël en tirant des roquettes contre des civils israéliens. Maintenant, les troupes au sol sont au Liban. Hésitez-vous à lancer une opération terrestre en bonne et due forme pour éradiquer le Hezbollah ? Et si le Hezbollah était effectivement éradiqué, qu’est-ce que cela changerait dans les relations entre Israël et le Liban et le Moyen-Orient dans sa globalité ?

Écoutez, Alex, je ne peux pas révéler nos plans de bataille. Le Hezbollah n’est plus ce qu’il était. J’ai dit dans mes remarques d’ouverture en hébreu qu’ils revendiquaient la possession de 150 000 roquettes et missiles, des missiles balistiques. Ils avaient des milliers de terroristes Radwan tout près de la frontière, sous terre, prêts à nous envahir. Nous les avons repoussés. Nous avons détruit la majeure partie de leurs capacités de missiles en l’espace de six heures. Nous avons mis Nasrallah K.O.

Les soldats de recherche et sauvetage du Commandement du Front Intérieur interviennent sur les lieux de l’impact d’une roquette à Kiryat Shmona, le 19 mars 2026. (Armée israélienne)

Nous avons détruit toute les infrastructures du Hamas, ou plutôt de Radwan, tout près de notre frontière. Nous disposons maintenant d’un corridor de sécurité, d’une zone de sécurité, qui nous protège de ce type d’invasion. Et nous avons des projets pour l’avenir.

Évidemment, notre premier souci est l’Iran. Et si le régime tombe, le Hezbollah disparaîtra. Quoi qu’il en soit, nous élaborons nos plans de manière à pouvoir aussi éliminer cette menace.

Vous avez fait tuer le Guide suprême iranien et des dizaines d’autres hauts responsables iraniens. Ce qui a eu pour résultat, pour l’heure, la nomination d’un nouveau guide suprême considéré comme plus dur encore que son père. Le régime iranien ne montre aucun signe d’effondrement pour l’instant. Que dites-vous à ceux qui affirment que le fait d’avoir tué ces personnes conforte le pouvoir de la mouvance la plus dure en Iran ? Et continuez-vous de penser que votre stratégie va conduire à un changement de régime ?

Et ensuite, si je puis me permettre, vous avez également indiqué aujourd’hui que vous vous étiez engagé envers le président Trump à ne plus bombarder d’installations pétrolières et gazières. Si le président Trump venait un jour vous dire que les prix du pétrole sont trop élevés, qu’il est temps de mettre fin à cette guerre, l’écouteriez-vous ? Et avez-vous besoin des États-Unis pour poursuivre cette campagne ou pouvez-vous le faire seul ?

C’était une seule question ? Jeremy a vraiment monopolisé le micro, mais je vais répondre à toutes vos questions.

Je ne sais pas qui dirige actuellement l’Iran. Mojtaba, le remplaçant ayatollah, n’a pas montré son visage. Vous l’avez vu ? Pas nous.

Montage photos (de gauche à droite) : L’ayatollah Ali Khamenei lors d’un discours, à Téhéran, le 17 février 2026 ; Mojtaba Khamenei, fils du guide suprême iranien désormais éliminé, l’ayatollah Ali Khamenei, participant à une manifestation pour marquer la Journée de Jérusalem, à Téhéran, le 31 mai 2019. (Crédits : KHAMENEI.IR ; Morteza Nikoubazl/NurPhoto/Reuters)

Nous ne pouvons pas dire exactement ce qui s’y passe. Il y a une forte opacité. Ce n’est pas clair. Ce que nous voyons, c’est qu’il y a beaucoup de tension chez ceux qui visent le sommet. Il n’y a pas de ligne claire. On le voit dans les ordres contradictoires qui sont donnés. Ils font une chose puis arrêtent, et ainsi de suite.

Il est important qu’ils sachent que s’ils s’en prennent au monde, le président des États-Unis et d’autres s’en prendront à eux. Cela génère beaucoup d’incertitude. Nous avons constaté que cela avait un effet.

Nasrallah n’a jamais vraiment été remplacé car certaines personnes sont irremplaçables. Je pense que ce ne sera plus jamais comme du temps de l’autorité et de l’emprise de Khamenei, que ce soit Mojtaba ou un autre au pouvoir.

Cela fait partie de ce qu’il faut faire pour briser ce régime. Cela ne se fera pas en une journée. Nous en sommes à 20 jours de guerre. Et oui, on voit des fissures. On voit des fissures et nous essayons de les propager aussi vite que possible. Non seulement au niveau supérieur, mais au-delà. C’est un peu comme un morceau de bois creusé et pourri qui tient à l’extérieur, mais qui est totalement pourri à l’intérieur. Nous voyons déjà des défections. Nous voyons de la peur et de l’appréhension chez les unités du CGRI qui mettent en oeuvre les missiles balistiques. Vous savez pour quelle raison ? Parce qu’ils ont peur de mourir. Ils ne sont pas tous suicidaires. En fait, la plupart ne le sont pas.

Il y a donc des fissures, mais on va continuer à les frapper encore et encore. Notre objectif minimal, c’est, encore une fois, d’éradiquer les capacités industrielles dont ils disposaient pour produire ces armes. Il leur faudra tout reconstruire depuis le début, ce qui sera très difficile. C’est très difficile à faire sous terre. Ils ne pourront pas juste prendre les pièces et les faire passer sous terre. Ce sera beaucoup plus difficile que ça. Mais idéalement, si ça craque suffisamment et d’autres éléments que je ne vais pas révéler ici, oui, il se pourrait que le régime change. A-t-on des garanties ? Non. Sera-ce au peuple iranien, au final, de tirer parti de ce que nous faisons pour affaiblir ce régime ? On verra. Je ne peux pas vous le dire. Ils sont très courageux. Je ne les critique pas. Je les trouve très courageux. Je crois qu’ils ont énormément souffert. La question est : y aura-t-il concordance entre l’affaiblissement du régime et la prise de pouvoir par le peuple ? On verra.

Au sujet du pétrole et du gaz, je ne peux que vous dire ceci. Je ne pense pas que deux dirigeants aient un jour été aussi coordonnés que le président Trump et moi. C’est lui le chef. Je suis, vous le savez, son allié. L’Amérique est le leader. Israël est, comme le disait le mémorandum sur la sécurité nationale il y a de cela un mois ou six semaines, je ne sais plus exactement, un allié modèle. C’est comme cela qu’on nous qualifie, d’allié modèle. Ce n’est pas un super-pouvoir. L’Amérique cherche [ses alliés] un peu partout dans le monde : on entend le président Trump et d’autres membres de son administration dire : où êtes-vous ? Nous vous avons longtemps aidés, où êtes-vous au moment où nous faisons quelque chose de très important, au moins aussi important pour vous que pour nous ?

Le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir (à gauche), saluant le chef du CENTCOM américain, l’amiral Brad Cooper, aux quartiers généraux de l’armée de la Kirya, à Tel Aviv, le 24 janvier 2026. (Crédit : Armée israélienne)

Un pays est là. Et malgré la diffamation dont Israël est victime — « Israël vit aux crochets de l’Amérique et tout ça » — non, ce n’est pas vrai. Ce n’est absolument pas le cas. Israël est un pays courageux, résolu, avec une armée incroyable, des soldats incroyables, un courage incroyable, et nous combattons aux côtés des États-Unis quand les choses sont difficiles. Nous nous battons avec les États-Unis. Nous nous battons pour un objectif commun.

C’est la coordination la plus importante qu’il y ait. En pratique, le président Trump et moi parlons très régulièrement. Nous nous parlons, nos équipes se parlent, nos armées se coordonnent comme jamais. Mais au final, le président Trump prend ses propres décisions. Et est-ce que je les respecte ? Oui.

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