New York : Une juge conclut que Columbia n’a pas discriminé un professeur pro-Hamas
Le tribunal rejette la plainte de Mohamed Abdou, qui dénonçait une discrimination dans le témoignage de la doyenne de l'université devant le Congrès et d'un enseignant pro-Israël
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Luke Tress est le correspondant du Times of Israel à New York.

NEW YORK — Une juge new-yorkaise a rejeté lundi une plainte déposée par un professeur, partisan du groupe terroriste palestinien du Hamas, contre l’université Columbia, estimant que l’université, sa présidente et un professeur pro-Israël n’avaient pas fait preuve de discrimination à l’égard de cet enseignant en condamnant ses propos.
Mohamed Abdou enseignait en tant que professeur invité à Columbia au semestre de printemps 2024. Son contrat, qui a pris fin en mai 2024, n’a pas été renouvelé.
Abdou avait déjà tenu des propos faisant l’apologie du terrorisme. Quelques jours après le pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023, il avait notamment affirmé : « Je suis avec le Hamas, le Hezbollah et le Jihad islamique [palestinien]. »
La députée américaine Elise Stefanik a interrogé l’ancienne présidente de l’université Columbia, Minouche Shafik, au sujet de ces propos lors d’une audition au Congrès.
Shafik a répondu qu’elle partageait la « répugnance » de Stefanik face à ces propos, et qu’Abdou ne retravaillerait plus jamais à l’université.
Abdou a déposé plainte contre Shafik et l’université en août 2024, affirmant que les propos de Shafik et les problèmes rencontrés sur le campus constituaient une diffamation, une discrimination fondée sur son origine nationale et un environnement de travail hostile.
Dans sa plainte, Abdou s’est présenté comme un musulman nord-africain d’origine égyptienne.
Au cours de la même année, les défendeurs ont déposé une requête en irrecevabilité de la plainte, que la juge Kathleen Waterman-Marshall a accueillie dans son jugement rendu lundi.
Abdou avait affirmé que Shafik, lors de son témoignage devant le Congrès, l’avait à tort qualifié d’ « antisémite ». La juge a toutefois estimé que Shafik n’avait en réalité pas tenu de tels propos.
Par ailleurs, les déclarations de Shafik concernant l’emploi d’Abdou ou les opinions qu’il avait exprimées étaient fondées et ne constituaient donc pas une diffamation, a précisé la juge.
Abdou a également affirmé que l’audition de Shafik était « profondément raciste » et que Shafik avait approuvé ce contenu, ce à quoi la juge a répondu qu’Abdou n’avait cité que des propos prétendument racistes tenus par d’autres personnes présentes à l’audition.
« Abdou ne fournit aucun argument valable de nature à étayer l’idée selon laquelle le fait d’exprimer son désaccord à l’égard d’une organisation terroriste étrangère lors d’une audition au Congrès équivaut à de la discrimination », a fait valoir la juge.
Abdou avait également affirmé que l’Israélien Shai Davidai, ancien professeur à Columbia et critique virulent de la manière dont l’université gérait la question de l’antisionisme militant, avait fait preuve de discrimination à son égard, et que Columbia avait toléré cette discrimination, créant ainsi un environnement de travail hostile.
La juge a statué que les déclarations de Davidai concernant Abdou étaient « uniquement fondées sur les critiques du professeur Abdou à l’égard d’Israël ». Elle a souligné que Davidai s’en prenait également à des militants juifs anti-Israël, et qu’il ne s’agissait donc pas d’une discrimination fondée sur l’identité d’Abdou.
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