Shai Davidai, professeur israélien au verbe incisif à Columbia, quitte l’université
Le défenseur controversé des étudiants juifs pro-Israël affirme être parti volontairement alors que Columbia a clos l’enquête le visant ; il entend poursuivre son activisme
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Luke Tress est le correspondant du Times of Israel à New York.

NEW YORK – Shai Davidai, professeur israélien connu pour ses prises de position tranchées à l’université Columbia de New York, a déclaré mercredi qu’il quittait l’établissement et que l’enquête ouverte à son encontre par Columbia avait été close.
Davidai s’est imposé comme une figure à la fois remarquée et controversée de la défense des étudiants pro-Israël et juifs peu après le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas dans le sud d’Israël en octobre 2023. Il s’est fréquemment opposé à l’administration universitaire, alors que le campus était secoué par des manifestations anti-Israël virulentes.
Davidai a affirmé au Times of Israel qu’il quittait Columbia de son plein gré.
« J’ai perdu toute confiance dans l’institution et tout respect pour mes collègues », a-t-il déclaré.
« J’ai le sentiment que c’est un lieu qui ne changera jamais de lui-même. Il n’agit que sous la contrainte, du gouvernement ou de l’argent », a-t-il ajouté. « Personne ne devrait vouloir voir son nom lié à un tel endroit. »
Davidai a partagé mercredi une lettre de l’université l’informant que l’enquête le visant avait été classée sans qu’aucun manquement n’ait été constaté ni qu’aucune mesure disciplinaire ne soit retenue.
L’université avait ouvert l’enquête l’année dernière. Elle avait été confiée au Bureau pour l’égalité des chances et l’action positive de Columbia, saisi d’allégations de harcèlement et de discrimination au sein de l’université. Ce bureau a depuis été remplacé par le Bureau de l’équité institutionnelle, qui a transmis la lettre de clôture à Davidai, selon une capture d’écran qu’il a publiée en ligne.
Davidai a indiqué ne pas pouvoir révéler tous les détails de son départ pour des raisons juridiques, mais a affirmé avoir prévenu l’université qu’il ne partirait « en aucun cas tant qu’[elle] ne m’aurait pas déclaré innocent ».
« Il y a des choses dans la vie plus importantes que tout le reste, et le nom d’une personne en fait partie », a-t-il expliqué. « Hypothétiquement, si j’avais dû négocier avec Columbia, c’eût été la condition numéro un, non négociable. »
Columbia n’a pas répondu aux demandes de commentaire.
Le départ de Davidai a d’abord été annoncé par le doyen de l’école de commerce, où il était professeur assistant, dans un courriel adressé à la communauté universitaire.
« Nous remercions le professeur Davidai pour les services qu’il a rendus à notre communauté et lui souhaitons le meilleur dans ses projets futurs », indique l’email.
Davidai est devenu une figure publique quelques semaines seulement après l’assaut meurtrier du Hamas en Israël, le 7 octobre 2023, qui a déclenché de vastes manifestations anti-Israël sur les campus universitaires, y compris à Columbia. Une vidéo d’un discours passionné qu’il avait prononcé avait alors largement circulé en ligne. Il y dénonçait l’université pour avoir autorisé des manifestations étudiantes « pro-terroristes » et disait aux parents que leurs enfants n’étaient plus en sécurité dans les universités de l’Ivy League.
« Je veux que vous sachiez une chose : nous ne pouvons pas protéger votre enfant », avait-il déclaré lors d’une veillée en plein air, moins de deux semaines après le pogrom du Hamas. « Je vous parle en tant que père, et je vous dis que nous ne pouvons pas protéger vos enfants contre les organisations étudiantes pro-terroristes, parce que la présidente de Columbia refuse de prendre position. »
Davidai est rapidement devenu l’un des principaux critiques des universités accusées de laisser prospérer un sentiment anti-Israël qui, selon lui, dérive souvent vers l’antisémitisme.
Son engagement en faveur des Juifs et d’Israël a fait de lui une cible sur le campus et au-delà. Certains étudiants l’ont accusé de les avoir pris personnellement pour cible et ont demandé à l’université de le sanctionner. Davidai a assuré qu’il ne visait jamais d’individus, mais uniquement des organisations étudiantes.
Il s’est parfois montré virulent à l’égard de l’administration de Columbia, allant jusqu’à insulter publiquement son directeur des opérations sur les réseaux sociaux. Il avait été interdit d’accès au campus l’année dernière après une altercation avec le personnel universitaire.
Ancien militant de gauche en Israël, Davidai s’est ensuite installé à New York, où il s’est heurté au groupe pro-Israël d’extrême droite Betar.
Mercredi, il a déclaré vouloir « élargir son combat » et qu’il travaillait à l’écriture d’un livre sur Columbia et plus largement sur « tout ce qui se passe dans les universités américaines ».
Il prévoit également de développer l’audience de son podcast, de donner des conférences à travers les États-Unis et de s’investir dans la vie communautaire. Il continuera à vivre à New York.
« Mon objectif est d’éduquer, de mobiliser et d’amplifier la voix des autres », a-t-il déclaré. « J’ai consacré mes efforts pédagogiques à l’université, mais j’ai décidé qu’être professeur n’était pas le seul moyen d’enseigner. »
« Il y a un combat à mener ici, aux États-Unis », a-t-il ajouté.
Columbia a été secouée dès le lendemain du pogrom d’octobre 2023 par un activisme anti-Israël virulent. Les étudiants juifs pro-Israël ont affirmé que les manifestations dérivaient fréquemment vers l’antisémitisme, une position confirmée par les rapports du groupe de travail de l’université sur l’antisémitisme.
La controverse s’est poursuivie ces dernières semaines, alors que l’administration Trump exerce une forte pression sur Columbia et d’autres universités d’élite.
La semaine dernière, la présidente par intérim de Columbia, Claire Shipman, a présenté ses excuses après la publication par le Congrès de documents montrant qu’elle avait œuvré pour écarter une membre juive du conseil d’administration après le 7 octobre. Avant ces révélations, Shipman était perçue comme une meilleure alliée des étudiants juifs que ses deux prédécesseurs, tous deux contraints à la démission en raison de la tourmente sur le campus.
Cette semaine, le Barnard College, affilié à Columbia, a conclu un accord à l’amiable dans le cadre d’un procès pour antisémitisme intenté par des étudiants juifs. Le collège s’est engagé à adopter plusieurs réformes destinées à combattre l’antisémitisme. Columbia figurait également parmi les défendeurs, mais ne fait pas partie de l’accord.
JTA a contribué à cet article.
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