« Notre fierté est plus grande que notre chagrin » – famille de Ran Gvili
Ses parents, Itzik et Talik, ont dit leur douleur et leur gratitude de voir revenir la dépouille de leur fils pour être inhumée et de mettre un terme à ces 843 jours d'épreuve
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Debout au-dessus du cercueil de son fils, ceint d’un drapeau israélien, Itzik Gvili restait sans voix.
Pendant les 843 jours qui se sont écoulés depuis que Ran Gvili a quitté son domicile, le 7 octobre 2023, pour combattre les terroristes du Hamas avant d’être tué et enlevé à Gaza, Itzik Gvili et son épouse, Talik, ont nourri de minces espoirs que leur fils soit encore en vie — malgré les preuves accablantes du contraire.
Aujourd’hui, c’est debout et désemparé au-dessus du cercueil que le père de Gvili a levé la main en haussant les sourcils. « Que dire ? », demande-t-il en soupirant.
Puis, c’est en présence des policiers et soldats chargés d’escorter Ran Gvili en Israël qu’Itzik s’est adressé à son fils.
« Idiot, tu aurais pu rester à la maison », a-t-il dit avec un gentil sourire. « Mais tu m’as dit ‘Papa.’ Qu’est-ce que tu m’as toujours dit ? ‘De ne pas laisser mes camarades se battre seuls.’ » Avant d’ajouter : « Si tu voyais les honneurs qui te sont rendus ici, toutes ces personnes qui t’ont escorté. Toute la police est là pour toi, toute l’armée est là pour toi, le pays tout entier est là pour toi. »
En touchant le cercueil, il a ajouté : « Je suis fier de toi, mon fils. » Avant de se pencher et d’embrasser le cercueil qui a ensuite été transféré à l’Institut national de médecine légale d’Abu Kabir à Tel-Aviv pour une identification plus rigoureuse. Gvili devrait recevoir une sépulture juive mercredi.
Les paroles d’Itzik Gvili ont été le moment fort d’une soirée pleine d’émotion pour Israël, puisque le rapatriement de la dépouille de Ran signe la fin de plus de deux ans d’épreuves pour les otages et leurs proches – et pour le pays dans son ensemble.
« Je tiens à remercier tous ceux qui nous ont soutenus ces deux dernières années », a déclaré Talik, devant la maison familiale, lundi soir. « Nous sommes d’autant plus fiers d’en être là que ce sont des soldats de Tsahal qui ont sorti Rani de cet endroit maudit. » Avant d’ajouter : « Nous sommes fiers de toi, de la police, du gouvernement, de tous ceux qui nous ont donné des forces. Notre Premier ministre, Benjamin Netanyahu, à sa femme, le président américain Donald Trump, [l’envoyé américain Steve] Witkoff, [le gendre et conseiller de Trump Jared] Kushner, la police israélienne… J’espère que nous surmonterons cette période difficile et gagnerons au final. »
« Notre fierté est bien, bien plus grande que notre douleur », a-t-elle affirmé. « Le peuple d’Israël vit et est fort. »
Le frère de Ran, Omri, a repris les paroles de sa mère en disant : « Notre fierté, aujourd’hui, est bien plus grande que notre chagrin. »
« J’ai eu l’honneur d’être le frère d’un héros israélien, qui a fait des choses incroyables », a-t-il souligné.
Itzik a ajouté : « Si on avait demandé à Rani comment il aurait voulu partir, il aurait répondu ‘comme ça’. Il était ainsi fait. » « Il nous a sauvés, il a sauvé le peuple d’Israël, sauvé le kibboutz Alumim, sauvé tout le monde », a ajouté Itzik. « Rani aimait rassembler, et [aujourd’hui] c’est le pays qu’il rassemble. Je ne sais pas comment il a fait, mais il l’a fait. »
Sa sœur, Shira, a déclaré : « Je ressens une incroyable libération. Je ressens du soulagement. Je suis triste, très triste, que ça se soit terminé ainsi. Mais il fallait que ça se termine un jour, et je suis heureuse qu’il soit revenu à la maison. Rani est en route. Rani arrive. »
L’opération au cours de laquelle la dépouille de Gvili a été retrouvée par l’armée israélienne, dans un cimetière de Gaza-City, a été baptisée « Cœur courageux ». Elle a non seulement mis un terme aux efforts pour libérer les otages mais aussi permis de retrouver la dépouille de Gvili après d’intenses recherches dans Gaza.
Tout au long de cette opération, l’émotion était palpable. Avant que le corps de Gvili ne quitte Gaza, des soldats se sont recueillis autour de lui pour chanter « Ani Ma’amin » (Je crois), un chant juif traditionnel de foi et résilience chanté en temps de guerre. Et un peu plus tard, les hauts gradés de l’armée israélienne ont salué la dépouille, ceinte d’un drapeau israélien, tandis que les soldats interprétaient l’hymne israélien, Hatikvah.
Lorsque le corps de Gvili est arrivé en territoire israélien, la police a diffusé un direct du convoi.
Dans ce direct, on peut voir et entendre Itzik Gvili parler de son fils avec le chef d’État-major de l’armée israélienne, Eyal Zamir.
« Je crois que Rani a d’une certaine manière rassemblé le pays », l’entend-on dire. « La guerre, l’histoire, tout ce qui s’est passé, c’est comme s’il avait réuni tout le monde. Il avait un grand cœur, dans sa vie personnelle, un cœur grand, ouvert à tous ses amis. »
Itzik rappelle que lorsque son fils faisait son service et devait rester à la base le vendredi, il demandait à ses parents de lui apporter de quoi manger pour 50 ou 60 soldats.
« Il faut qu’Israël se rassemble derrière ce qu’il a fait », affirme Itzik avant de donner l’accolade aux personnes venues l’accompagner et de se placer en tête du cortège funèbre, derrière une bannière sur laquelle on pouvait lire : « Israël attend Rani, héros d’Israël. »
Ensuite, on entend un rabbin réciter le Psaume 91, qui rappelle de ne pas avoir peur quand on se trouve sous la protection de Dieu, puis chanter un poème liturgique, « Ana B’Koach », pour demander à Dieu de le protéger et dire le kaddish.
Le chef de la police, Daniel Levy, a dit que Gvili avait en lui l’« ADN » de la force, regrettant qu’il ne soit pas revenu en vie.
« Nous te rendons hommage, nous te témoignons notre profond respect, et nous te présentons nos excuses… pour ne pas t’avoir sauvé et ramené en vie », l’entend-on dire.
« Que ta mémoire soit une bénédiction. »
la Communauté du Times of Israël !







