Pays-Bas : Pour un responsable juif, l’embargo sur les implantations est un signe supplémentaire de l’hostilité croissante du pays
Un officiel de la communauté juive affirme que les restrictions sur les produits provenant de Cisjordanie s’inscrivent dans une tendance plus large qui a rendu la vie "difficile et désagréable" pour les Juifs néerlandais
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Aux Pays-Bas, l’interdiction d’importation qui a été mise en place sur les produits en provenance des implantations israéliennes de Cisjordanie, une interdiction qui est entrée en vigueur la semaine dernière, aura des effets limités sur les habitudes d’achat des Juifs aux Pays-Bas, commente, dans la journée de mercredi, un responsable communautaire, tout en soulignant qu’elle aggrave le malaise ressenti par les Juifs locaux dans un contexte d’antisémitisme croissant.
L’impact symbolique de ces nouvelles restrictions, qui interviennent après près de trois ans d’antagonisme continu à l’égard de la communauté juive, s’inscrit dans une tendance qui a rendu la vie dans le pays « difficile et désagréable », confie au Times of Israel Jigal Markuszower, président des Communautés juives des Pays-Bas (NIK).
« Cette loi signifie que nous ne sommes pas libres d’acheter ce que nous voulons, même lorsque nous faisons nos courses au marché de Jérusalem », explique Markuszower, qui souligne que l’interdiction s’applique non seulement aux importations commerciales, mais aussi aux produits rapportés par des voyageurs privés en guise de souvenirs ou de cadeaux. « Mais le problème plus grave, c’est que cette interdiction existe, et que d’autres événements similaires se produisent sans cesse ».
Le marché des exportations en provenance de la Cisjordanie, de Jérusalem-Est et du plateau du Golan vers les Pays-Bas est modeste. Il est estimé à environ 50 millions de dollars par an et il est composé principalement de produits agricoles. Le total des exportations israéliennes vers ce pays s’élevait à 2,65 milliards de dollars en 2025, selon la base de données COMTRADE des Nations unies sur le commerce international.
Toutefois, cette initiative transmet un message diplomatique très clair à Israël, dans un contexte de colère grandissante en Europe face à la recrudescence des activités du mouvement pro-implantation israélien en Cisjordanie et face à l’escalade des violences commises par les extrémistes juifs à l’encontre des Palestiniens.
Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, a annoncé en début de semaine qu’en guise de représailles, les diplomates néerlandais en poste à Ramallah devraient restituer leurs lettres de créance diplomatiques délivrées par Israël dès l’entrée en vigueur de l’interdiction.
Pour la communauté juive des Pays-Bas – elle compte entre 30 000 et 50 000 personnes – c’est un nouveau rappel de ce que Markuszower décrit comme une hostilité croissante à leur égard dans la rue. Il cite l’annulation — puis le déclassement — d’un concert de Hanoukka avec le chantre en chef de l’armée israélienne, Shai Abramson, l’année dernière, ainsi que les boycotts universitaires menés par des universités néerlandaises à l’encontre du monde universitaire israélien, comme exemples du harcèlement auquel sont confrontés les Juifs dans ce pays.
Les relations avec la police concernant la sécurité dans les écoles juives et les synagogues se sont compliquées au cours des six derniers mois, indique Markuszower. Un agent lui a parlé d’un ton sec alors même qu’il s’entretenait avec le Times of Israel depuis son téléphone portable.
« A l’instant, un policier m’a entendu mentionner Jérusalem pendant notre appel, et il m’a dit quelque chose de désagréable », dit-il.
La communauté juive néerlandaise est en grande partie laïque mais elle est très diversifiée, explique Markuszower, soulignant qu’environ 35 % à 40 % de la population juive d’Amsterdam est composée d’Israéliens qui s’y sont installés ces dernières années. D’autres Juifs, quant à eux, condamnent la politique d’Israël et protestent contre ses actions militaires à Gaza, note-t-il.
Au sein de la communauté sioniste, certaines personnes envisagent d’émigrer en Israël ou ont des enfants qui tentent de s’y construire une vie, poursuit-il. La menace d’une montée de l’antisémitisme est tempérée par les inquiétudes liées au coût de la vie en Israël et à la perspective du service militaire obligatoire, ajoute-t-il.
« Pour ceux qui envisagent de faire leur alya (émigrer), Israël n’est plus le seul facteur d’attraction qui entre en compte aujourd’hui », déclare-t-il, précisant que ses propres enfants étudient actuellement dans des universités israéliennes. « Il vient s’y ajouter également un facteur de répulsion venant d’Europe ».
La majorité des personnes qui s’en prennent à Israël n’ont aucune idée de ce qui se passe réellement sur le terrain dans l’État juif ou à Gaza, et elles ne font que répéter de la propagande, affirme Markuszower. Il les compare aux « insensés » décrits dans le livre biblique de l’Ecclésiaste, lu à la synagogue lors de Souccot.
« Malheureusement, je ne vois pas la situation s’améliorer de sitôt », déplore-t-il.
la Communauté du Times of Israël !







