Polanski, chef anti-Israël des Green, s’incline face au Labour aux élections législatives britanniques
Le politicien juif controversé n'obtient que 33 % des voix pour le siège laissé vacant par l'ex-Premier ministre Keir Starmer dans le centre de Londres, quelques jours après que son parti a décrété que « le sionisme, c'est du racisme »
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Vendredi, le Parti travailliste d’Andy Burnham a remporté l’élection pour le siège parlementaire laissé vacant par l’ancien chef du mouvement, Keir Starmer, face à la forte concurrence du chef du Green Party de gauche, Zack Polanski – une victoire qui vient ainsi renforcer la position du Premier ministre britannique.
C’est la candidate travailliste Sagal Abdi-Wali, également présidente du conseil municipal, qui a remporté cette élection partielle dans la circonscription de Holborn et St Pancras, au centre de Londres, avec 12 292 voix, soit 45 % des suffrages. Le chef du Green Party, Zack Polanski, a quant à lui recueilli 8 928 voix, soit 33 %.
Tout le monde s’attendait largement à ce que le Parti travailliste conserve ce siège, alors que Burnham cherche à redorer le blason de son mouvement auprès de ses électeurs traditionnels dans les grandes villes, après deux années difficiles au gouvernement sous la direction de Starmer.
Si le principal rival du Labour dans les sondages nationaux est actuellement le mouvement populiste Reform Party, le parti au pouvoir cherche néanmoins à consolider son soutien auprès des électeurs de gauche qui s’étaient tournés vers le Green Party, alors que des élections nationales sont prévues mi-2029.
Ce résultat marque un revers pour Polanski, ancien acteur et hypnothérapeute juif et anti-israélien de 43 ans, qui avait promis de faire de son parti un mouvement « éco-populiste » et de détourner des voix du parti travailliste. Une stratégie qui avait porté ses fruits jusqu’à l’arrivée au pouvoir de Burnham.
Dans son discours de victoire, Abdi-Wali a rendu hommage à Starmer, et a déclaré vouloir collaborer avec Burnham sur des questions telles que le logement : « Nous avons la responsabilité de défendre ce que nous avons construit, et de le transmettre », a-t-elle affirmé. « Tout au long de notre campagne, nous avons fait le choix de l’espoir ; les habitants de Holborn et de St Pancras l’ont choisi avec nous. Il est désormais temps de tenir nos promesses. »
Starmer a été remplacé au poste de Premier ministre au mois de juillet, puis a démissionné de son mandat de député en septembre après avoir perdu le soutien de son parti, le Labour, à la suite d’une série de faux pas, de revirements et de résultats désastreux aux élections locales de mai.
Le Green Party, tirant profit de l’impopularité de Starmer, avait enregistré des gains records à Londres – principalement aux dépens du Parti travailliste – lors des élections locales de mai.
Mais le Green Party a depuis reculé dans les sondages nationaux, après que Burnham a fait plusieurs propositions politiques qui ont renforcé la position des travaillistes auprès des électeurs de gauche, notamment une ligne plus dure vis-à-vis d’Israël et une approche plus ambitieuse des relations avec l’Union européenne.
Ce résultat vient couronner plusieurs jours difficiles pour Polanski, dont la capacité à diriger le mouvement a été remise en question après que les membres du parti ont adopté une motion affirmant que « le sionisme est une forme de racisme », suscitant de vives critiques de la part des groupes juifs, d’autres partis et même de la plupart des députés Green. Cette motion lui a également valu une interdiction de se rendre en Israël, prononcée par le gouvernement.
Une fois les résultats connus, Polanski a déclaré qu’il considérait le déplacement du peuple palestinien comme une forme de racisme, bien qu’il ait refusé de dire s’il soutenait la motion, ayant choisi de ne pas prendre part au vote le week-end dernier.
Vendredi matin, il a fait part de sa déception de ne pas avoir remporté le siège, mais a affirmé qu’il resterait à la tête du Green Party, ajoutant que le mouvement entendait bien poursuivre sa croissance malgré ce revers.
« Tant de gens m’ont dit, sur le pas de leur porte, qu’ils voulaient donner une chance à Andy Burnham », a déclaré Polanski aux médias. « Il a désormais cette chance. Voyons ce qu’il en fera. »
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